La balade de Jim et Jules

Vivent les soirées Truffaut sur Arte !

I

Y’a ceux qui aiment l’amour à deux,
Et ceux qui cherchent des plans scabreux.
Ceux qui font ça en toute hâte,
Ceux qui font ça à trois ou quatre.

Moi, si c’était l’amour à trois
Ce serait comme au cinéma,
Ce serait comme dans Jules et Jim.
C’est comme ça que je l’imagine.

Dans le tourbillon des régimes
Et de la vie de Jules et Jim,
Il y a l’amour à inventer.
C’est un secret bien éventé.

Dans la vie de Jules et de Jim,
Y’a Jeanne Moreau androgyne
Portant la moustache et casquette
Qui poursuit une étrange quête.

Refrain :

Il y a du Jim en Jules, du Jules en Jim.
L’amour défie tous les régimes.
Il est comme un grand tourbillon.
Ou se prennent les papillons.

Il y a du Jules en Jim, du Jim en Jules.
L’amour les confond à l’envi
Il tient le rôle majuscule.
Dans le tourbillon de la vie.

II

Y’a ceux qui s’aiment sous tous les angles,
Ceux qui défendent leur pré carré.
Ceux qui font l’amour en triangle,
Ceux qui font des parties de carré.

Moi, si c’était l’amour à trois
Ce serait comme au cinéma,
Ce serait comme dans Jules et Jim.
C’est comme ça que je l’imagine.

Dans le tourbillon des amours
Il peut pleuvoir, il peut venter,
De la fantaisie, de l’humour
Et l’amour à réinventer.

Voris Bian 23 février 2012

 

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Coeur fermé

I

Comme un oeuf jamais fécondé
Qui ne pourra jamais éclore,

Mon coeur encagé dans ce corps
Ne pourra pas être sondé.

Enchenillé dans ce cocon,
Il ne sera jamais fécond.

Comme un jour tout lui fut volé,
Il ne pourra pas s’envoler.

Eros qui a beau faire du zèle,
Jamais ne lui rendra ses ailes.

II

Comme un enfant dans la neige
Qui regarde le beau manège,

Ayant éteint tout sentiment
Dans le coeur même de sa maman,

Je ne serai jamais vivant
Autant que les autres vivants.

Tournent, tournent les beaux chevaux,
Je pleure et leur tourne le dos.

Je n’ai reçu de Cupidon
Qu’un coup de poing en guise de don.

III

Beau visage, tu dis que tu m’aimes.
Je suis ramassé sur moi-même.

Jamais je ne pourrai comprendre,
Jamais je ne pourrai m’éprendre.

Et toi, ne vas pas te méprendre.
C’est l’Amour qui ne veut pas me prendre.

Comme un oeuf jamais fécondé
Qui ne pourra jamais éclore,

Mon coeur encagé dans ce corps
Ne pourra pas être sondé.

Voris Bian 19 février 2012

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Mogadiscio

I

Quand sur la Corne de l’Afrique
Un jour l’Europe mit sa Botte.
Elle dit « pour cette partie d’Afrique
J’ai trouvé le nom qui me botte :

Mogadiscio ! »

Passant la Méditerranée,
Les Italiens, ces gens bizarres,
Ont nommé cette terre gagnée
Sur le voisin, le Zanzibar :

Mogadiscio !

Refrain :

Mogadiscio ! Mogadiscio !
La faute à qui ? Des Nations Unies ?
La faute à qui ? Des Etats-Unis ?
Mogadiscio ! Il fait très chaud…

II

Dans ce territoire oublié des dieux
Où est morte Marie Dedieu,
Les enfants meurent par milliers
Leurs mères ne peuvent que prier.

Nous n’avons que faire de ces Noirs
Qui crèvent sous d’autres climats.
On n’aime les voir qu’au cinéma
Dans « La Chute du Faucon Noir ».

(refrain)

III

Ne rien dire serait déplacé
On parle, mais l’monde entier fait mine
De ne pas voir cette famine.
Ces populations déplacées,

On les a mises sous l’éteignoir.
Et mis comme président un cheikh
Avec en prime un joli chèque
En blanc pour gouverner les Noirs.

(refrain)

IV

Ferme-la ! Tu m’assommes, Ali,
Ne parle plus de Mogadiscio.
On s’en fout de la Somalie.
Laisse-moi regarder le show…

Voris Bian 17 février 2012

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A Anvers, à l’endroit

I

J’ai de l’amour à votre endroit.
Alors je vous écris en vers.

Vous êtes étudiante en droit,
Et moi de passage à Anvers.

Experte en jurisprudence
Ai-je fait preuve d’imprudence ?

II

Je vous compose quelques strophes,
Je vous invite en catastrophe

A aller au Palais des Doges,
Pour oublier un peu ces toges.

Ces lois, ces codes, ces jugements.
Remettez-vous à mon jugement !

III

Je vous inviterai au théâtre
Loin de ce vieil amphithéâtre.

Mignonne, allons voir si la prose
Que ce soir l’on nous y propose

Taquine encore l’alexandrin.
Dans la bouche de Monsieur Jourdain.

IV

Mon seul travers est d’aller droit.
Ayant de l’amour à votre endroit,

J’ai composé – je suis adroit –
Un contrat de mariage en vers.

Vous étiez étudiante en droit,
Et moi de passage à Anvers…

Refrain :

Il y a l’avers et le revers
De la médaille et de toutes choses.
De la poésie, de la prose.
Parfois on essuie des revers
Et tout semble aller de travers.
Moi je dis que la ville d’Anvers
Est de loin le plus bel endroit.
C’est une étudiante d’Anvers
Qui m’a remis le cœur à l’endroit.

Voris Bian 16 février 2012

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Salle des pas perdus

I

Quand je m’promène sans ma muse.
Les gens me voient et s’en amusent.

Ils me voient aller et venir,
Passer encore et revenir.

Dans la salle des pas perdus,
Moi son amoureux éperdu,

J’erre comme une âme en pénitence
Je baille par intermittence.

II

Passent des femmes en cohortes.
Certaines sont vraiment accortes.

Moi, galant, je leur tiens la porte.
Et pour le reste peu m’importe

D’être au milieu de gens de robes.
Car je ne jette, moi, l’opprobre

Qu’à la seule qui, d’leur obédience,
Tarde à m’accorder son audience.

III

Faudra-t-il que j’aille au prétoire
Ou crier d’un ton péremptoire

« Messieurs dames la cour se retire.
Il est l’heure, la juge se tire ! » ?

Ou bien exiger le huis clos
Pour elle et moi. Les yeux mi clos,

Au mépris de tout protocole,
Lui faire de gros baisers qui collent ?

IV

Des heures que je vais et je viens.
Des heures que je fais les cent pas.

En plus, comme je m’en souviens :
C’est moi qui fis le premier pas…

Ah ! La voilà enfin, ma muse.
Les gens sont jaloux, ça m’amuse.

Je vais regagner mes pénates
Au seul bras de ma magistrate.

Voris Bian 15 février 2012

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Sans ma muse

Je ne m’amuse
Pas sans ma muse.
Sans elle,
Je n’ai plus mes ailes.

Pour le meilleur et pour le pire
C’est elle seule qui m’inspire.
Sans elle je me sens vidé,
Sans elle je n’ai plus d’idées.

Je ne m’amuse
Pas sans ma muse.
Sans elle,
Je n’ai plus mes ailes.

Sans elle je me sens tout vide.
Et pour tout dire aussi aride
Que le désert de l’Algérie.
J’ai besoin de mon égérie.

Je ne m’amuse
Pas sans ma muse.
Sans elle,
Je n’ai plus mes ailes.

Elle guide ma main sur la page.
Elle est ma reine, je suis son page.
Comme un pauvre errant je me traîne
Si je ne peux porter sa traîne.

Je ne m’amuse
Pas sans ma muse.
Sans elle,
Je n’ai plus mes ailes.

C’est elle qui conduit ma plume.
Quand sa menotte toute blanche
Volète autour de moi comme une plume,
Jamais ma page ne reste blanche.

Voris Bian 15 février 2012

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Le plus vieux métier du monde

I

Bel ouvrier ou monte-en-l’air,
Compagnon ou cambrioleur,
– Mais pas vous messieurs les violeurs -,
Venez vous envoyer en l’air !

Bel ouvrier ou maître-queue,
Ou jeune rôdeur en rodage,
De toutes conditions, de tous âges
Veuillez s’il-vous-plaît faire la queue !

Refrain :

Jadis, il y avait des gens de métiers
Qui pour la paix de leurs ménages
Savaient vingt fois sur le métier.
Remettre de la belle ouvrage.

Beaux ouvriers, vous devriez
Revenir et faire briller
La lueur dans les pupilles rondes
Des filles du vieux métier du monde.

II

Bel ouvrier, gentil voleur,
Aviateur, aiguilleur du ciel
– Mais pas vous les serial killers –
Venez goûter au septième ciel !

Bel ouvrier et dilettante,
Vieux routiers ou bien débutants,
Je saurai vous donner du temps.
Veuillez prendre la file d’attente !

Refrain :

Jadis, il y avait des gens de métiers
Qui pour la paix de leurs ménages
Savaient vingt fois sur le métier.
Remettre de la belle ouvrage.

Beaux ouvriers, vous devriez
Revenir et faire briller
La lueur dans les pupilles rondes
Des filles du vieux métier du monde.

III

Beaux ouvriers des aciéries,
Petits blaireaux, pour ramoner,
– Pas vous les violeurs en série –
Passez donc par ma cheminée !

Jeune homme au joli métissage,
Laisse ton maître en apprentissage
– pour toi je tiendrai permanence –
Viens donc me voir en alternance.

Voris Bian 13 février 2012

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Le temps des ouvriers

I

C’était le temps des ouvriers.
On voyait briller dans la nuit
Les forges et les ateliers.
Le dimanche, c’était l’ennui.

C’était le temps des usines
Des corons et des Penn sardins.
Les longues cheminées fumaient
Et le dimanche on s’ennuyait.

Alors ils allaient à la messe,
A l’estaminet, à confesse.
ça leur faisait passer le temps.
Y’avait pas de télé en ces temps.

II

C’était le temps des ateliers
Où chacun briquait sa machine
Et ses habits et ses outils.
Y’avait encore des bateliers.

On les appelait les marins d’eau douce
Chez les vrais marins de la côte
Qui riaient secouant les côtes
Pour qui y’avait pas d’marée douce.

Mais pour ces travailleurs de la mer,
Comme pour les mineurs de Lorraine,
Il n’y avait qu’une seule sirène
Qui les rappelait à la guerre.

III

C’était le temps des ouvrières.
Elles voyaient briller dans la nuit
Des pluies de bombes meurtrières.
Elles priaient la Vierge Marie.

Les femmes n’étaient plus aux fourneaux.
Elle remplaçaient aux hauts fourneaux
Leurs maris qui étaient partis.
Les veuves pleuraient leurs maris.

La guerre, qui en avait tué tant,
N’ayant pas su tuer le temps.
Les femmes retournaient à la messe,
Pour voir le curé en confesse…

Voris Bian 13 février 2012

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Le débardeur

Il faisait chaud dans l’atelier.
Alors vous vous découvriez.
A la tâche vous vous atteliez.
Enfin, le soir vous m’ouvriez

Les portes de votre atelier.
Le torse nu, vous m’appeliez.
Là dans la sueur et l’essence,
Vous faisiez chavirer mes sens.

C’était par un été torride.
A la radio passait Lou Reed
Qui chantait Walk on the wild side.
Et vous étiez mon Mister Hyde.

Au milieu de votre établi,
Des taches de graisse, de cambouis,
Il n’y eut plus de code établi.
Plus de tabous, plus d’interdits.

Malgré la chaleur du soleil,
Vous remettiez le débardeur.
Et c’étaient des nuits sans sommeil.
Et vous m’aimiez avec ardeur.

Un jour l’atelier a fermé.
On a démonté les machines
A la cloche de bois pour la Chine.
Et mon coeur aussi s’est fermé.

Pour toujours et comme un étau
Dans l’atelier il s’est serré
Sur une chanson d’Léo ferré
Qu’on entendait à la radio.

Il faisait chaud dans l’atelier.
Alors vous vous découvriez.
A la tâche vous vous atteliez.
Enfin, le soir vous m’ouvriez

Les portes de votre atelier…

Voris Bian 13 février 2012

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Je suis un épicurien

I

Je me pique d’aimer Epicure
J’aime l’amour et pas ses piqûres.

J’aime la rose et pas l’épine.
Les orties sont pas mes copines.

J’ai peur des piqûres, c’est bien triste,
De l’infirmière et du dentiste.

II

Oui je m’adonne à l’hédonisme.
Que je préfère au platonisme.

Car je pense que la morsure
De l’Amour mène à la mort sure.

Je me flatte d’être épicurien
Je me contente du « mieux que rien ».

III

De l’amour je crains l’aiguillon.
Quand je le vois, je crie « fuyons ! »

Je crains de la guêpe le dard.
Quand je la vois je fuis dare-dare.

Bref ! Je suis un épicurien.
Et sérieux comme un saint-cyrien.

IV

Je tiens d’Epicure le don
D’esquiver le dieu Cupidon.

J’ai une peau de rhinocéros
Qui résiste aux flèches d’Eros.

Je vous l’ai dit : j’aime Epicure.
J’aime l’amour et pas ses piqûres.

Refrain possible pour ceux qui aiment quand il y a un refrain:

Tous ces jouisseurs insupportables
Ne sont pas mes compagnons de table.
Ils sont pas de mon écurie,
Moi je suis de l’épicurie.

C’est pas toujours une sinécure
D’être un adepte d’Epicure.
Mais quand je croise un stoïcien,
Je préfère mes maîtres aux siens.

Voris Bian 12 février 2012

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