Cueillez, jeune fille, cueillez

(à la jolie tourterelle qui va bien finir pas se lasser…)

I

Cueillez, jeune fille, cueillez
Toute la fleur de la beauté
Moi, on me l’a toute ôtée.
Depuis, j’ai le cœur endeuillé.

Cueillez, jeune fille, cueillez
La fraîcheur de cette fontaine.
Moi qui suis dans ma cinquantaine,
Je ne pourrais que m’y noyer.

II

Cueillez, jeune fille, cueillez
La rose de votre jeunesse.
Moi je n’ai par mon droit d’aînesse
Aucun droit de vous la souiller.

Cueillez, jeune fille, cueillez
Dans le jardin la marguerite.
Effeuillez-la selon le rite.
La mienne n’est que trop effeuillée.

III

Cueillez, jeune fille, cueillez
Votre image dans le miroir.
Vivez et laissez sommeiller
Mes souvenirs dans mes tiroirs.

Cueillez, jeune fille, cueillez
La vie qui vous attend, fuyez !
Je ne veux plus ici vous voir.
Moi je retourne à mon devoir…

Voris Bian 8 février 2012

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Je ne suis que la somme de mes chagrins d’amour.

Je ne suis que la somme de mes chagrins d’amour.
Je ne suis rien, crois-moi, qu’un amas d’ombre lourd.

J’avance dans ma vie.
Avec mes plaies ouvertes
Ma route, je la dévie
De la moindre amourette.

La vie m’a enseigné
Que l’amour fait saigner
Et pleurer sans secours
Au fond d’une arrière-cour.

Je ne suis que la somme de mes chagrins d’amour.
Mon cœur est froid, sans vie. A toutes ces choses il est sourd.

Et moi j’ai trois mille ans.
Je tire le bilan
Eloigne-toi, vas-t‘en !
Epouse un jeune amant !

La vie m’a fait comprendre
Que le peu qu’elle me tend
S’étiole en peu de temps
Et qu’elle peut tout reprendre.

Je ne suis que la somme de mes chagrins d’amour.
Et tu voudrais, jeune fille, faire battre un vieux tambour.

Laisse-le s’il-te-plaît,
Avec ses vieilles plaies,
Ce cœur trop pris pour cible
Au réveil impossible.

La vie l’a violenté.
Le voilà trépassé.
Et des amours passés
Il est encore hanté.

Voris Bian 8 février 2012

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A la source de tes sourcils

I

A la source de tes sourcils,
Avec mon bâton de sourcier,
Je cherche l’eau sans sourciller
Et sans me montrer trop docile,

Je suis le chemin vers tes cils
A longues pointes si graciles
Que je contemple sans ciller.
Je sens tout mon sang frétiller…

II

A la source de tes sourcils,
Lorsque mon bâton de sourcier,
Se courbe et puis soudain oscille,
Je me dis que la source y est.

Alors je marche vers tes cils
Et dans les senteurs de persil,
Je fais des gestes de sorcier.
Et je me mets à sautiller.

III

A la source de tes sourcils
Je vois une larme scintiller
Au loin à l’ombre de tes cils.
Au lac des paupières qui oscillent.

Je suis la route en pointillés :
Quelques traces de fin ricil,
Et du sel tombé de tes cils.
Et je commence à vaciller.

IV

A la source de tes sourcils,
Je remonte au mont nourricier.
Je me ressource enfin. Facile
De sentir mon coeur pétiller.

Je suivrai la voie de tes cils
Demain. Ce n’est pas très sorcier
Depuis la source de tes sourcils
Avec mon bâton de sourcier.

Voris Bian 6 février 2012

 

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Ma vie d’ange

I

Au bordel de Valparaiso,
Si tu attrapes la chaude-pisse
Va pas en France prendre les eaux,
Viens voir mon cousin Manneken-Pis !

Avec lui je mène une vie d’ange.
Nous pissons tout deux de concert
Et notre éternelle vidange
Soulage même les cancers.

II

Vous pourriez certes à Pise aller
Mais ce serait un pis-aller.
Mieux vaut vous rendre à Bruxelles
Voir nos arrosoirs qui ruissellent.

Quand y’avait des hippies partout
Et qui faisaient pipi partout,
Nous, nous leur chantions « love and peace »
Tout en les aspergeant de pisse.

III

N’allez pas dans les parcs à thème,
Ni voir l’urinoir de Duchamp.
Venez recevoir le baptême
Que vous donneront sur le champ

Deux petites chérubins joufflus
Qui ne connaissent pas le reflux
De la jeunesse. Grâce à l’urine
Jamais leurs visages ne burinent.

IV

On porte sur les fonts baptismaux
Les passants avec des gros mots.
Sans plus déconcerter les gens.
Qui n’appellent plus les agents.

Alors qu’la condition sine qua non
Avant, c’était d’choquer les nonnes,
Aujourd’hui nous faisons du zèle
En agitant nos petites ailes.

V

Vous verrez pas dans les vespasiennes
Nos petites gueules caucasiennes
Nous n’allons pas dans les latrines
Montrer nos petites gueules latines.

Il vous faudra donc venir voir
A Bruxelles nos p’tits arrosoirs.
Nous y vivons notre vie d’ange
En faisant l’éternelle vidange.

Voris Bian 4 février 2012

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Gisèle qui sous la pierre gisez

Elle gisait là, Gisèle
Dans son gisant électrisant,
Sous la pyramide, à Gizeh.

Cachée sous la pierre à Gizeh
Par les soins d’un prêtre avisé.
Loin des appétits aiguisés.

Ainsi Gisèle, là, gisait
Dans un bain de vie bouillonnant.
Sous la pyramide à Gizeh.

Quand la matière de Gizeh
Tout-à-coup, vous énergise, elle,
Vous insuffle la vie, Gisèle.

Par un prodigieux gisement,
Un grand geyser énergisant.
Qui vous enlève du gisant.

Ci-git maintenant Gisèle
Sur un tapis de giselle.
Gisèle, ah si j’osais Gisèle…

Voris Bian 30 janvier 2012

 

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Mon amant d’Ankara

Mon amant d’Ankara
Cache une pierre de cent carats
Qui brille de mille éclats bruts.
Dans un sac de toile de jute.

Et dans la ville d’Ankara.
Mon amant, que moi j’aime, rôde
Il cache aussi une émeraude
Qui vaut dans les deux cent carats.

Pourtant lorsque mon âme est triste,
C’est dans ses yeux améthystes
Que je me plonge, amoureuse.
Ce sont mes deux pierres précieuses.

Car voyez la seule pierre que j’aime,
Bien plus que la pierre de gemme,
C’est mon amant. Plus qu’un saphir,
Il sait tout à moi me suffire.

Mon amant d’Ankara
Cache une pierre de cent carats
Qui brille de mille éclats bruts.
Dans un sac de toile de jute.

Voris Bian 30 janvier 2012 (refait le même jour)

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Le bail, bye bye !

Dure la crise du logement. Que propose Celui dont-on-ne prononce-pas-le-nom ? Que dit Celui dont-on-ne prononce-pas-le-nom-non-plus ? Vous avez vu ? C’est vraiment ridicule, non ? Allez, chanson !

I

Le proprio vient à la charge.
Et me réclame aussi les charges :
« Chaque mois il me faut guerroyer
Et je ne vois guère le loyer. »

« N’espérez pas m’apitoyer.
Donc inutile de larmoyer.
Pas la peine de louvoyer.
Et merci de me vouvoyer. »

Refrain :

Cela fait un fameux bail
Que vous me devez le loyer.
Je vais vous expulser : bye bye !
Je vais résilier votre bail:

Veuillez cesser d’atermoyer
Payez à terme le loyer !
Respectez les clauses du bail
Je n’suis pas l’émir de Dubaï.

II

Je me lance dans un plaidoyer.
Tout, dis-je, ne fait que merdoyer.
Quand j’reçois l’avis d’échéance,
C’est d’jà la dèche, la déchéance.

Il est inutile d’aboyer.
Plutôt que de me rudoyer
Ne pourrait-il pas m’octroyer
Un nouveau report de loyer ?

(refrain)

III

N’espérez pas me faire ployer.
Ni que je vais encore vous choyer.
C’est l’huissier qu’vais vous envoyer.
Et alors je vais vous broyer.

On vous a vu chez le joailler.
Je vois bien qui vous côtoyez,
Et bien souvent vous festoyez.
J’vais même vous mettre un surloyer.

(refrain)

IV

Je ne suis qu’un modeste employé,
Qui doit nourrir son foyer.
Et sous les dettes je suis noyé.
Vous, qui que vous soyez, vous me croyez ?

Soudain je sens un malaise me foudroyer.
Je vois tout tournoyer.
Dois-je de plus près le coudoyer
Le corrompre, le soudoyer ?

(refrain)

Voris Bian 30 janvier 2012

 

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ça veut pas te laisser tranquille

J’ai écrit ces paroles sur la musique « Espérance » écoutable ici.

I

ça veut pas te laisser tranquille.
ça te suivrait même sur une île
Pas la peine de fuir, d’essayer de l’arrêter
ça vient t’embêter.

ça veut pas te laisser tout seul.
ça te poursuit jusqu’au linceul.
Et quand ça ne vous fait pas te jeter dans la Seine,
ça provoque de belles scènes.

Refrain :

ça surprend comme un coup de vent,
ça te laisse mi-mort mi vivant.
Ce n’est qu’une toute petite étincelle
Mais ça te fait tomber du haut de ta selle.

II

ça veut pas te laisser tranquille.
ça trame quelque idylle.
Et pourtant quand t’es seul sur terre,
ça t’laisse dans ta misère.

 

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La fille au parc à thème

Inspiré par cet article paru aujourd’hui sur Agoravox.

La petite Anna t’aime.
Ne lui jette pas l’anathème.
La fille au parka t’aime.
Emmène-la au parc à thème.

De belles jeunes filles chantent un hymne d’amour
Dans un tintamarre de printemps qui bat de tous ses tambours.
Les bateaux partent pour demain, cousus de belle ouvrage.
On embarque l’air ravi, grisés de délicieux breuvages.

La petite Anna t’aime.
Ne lui jette pas l’anathème.
La fille au parka t’aime.
Emmène-la au parc à thème.

Des milliers de mains frappent des tambourins.
On joue les mousquetaires, « un pour tous, tous pour un ! »
Les bateaux s’en reviennent, mille fois répétés par le vent de l’automne.
Et j’aime encore Anna, c’est bien ça qui m’étonne.

La petite Anna t’aime.
Ne lui jette pas l’anathème.
La fille au parka t’aime.
Emmène-la au parc à thème.

Voris Bian 28 janvier 2012

 

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Demain à l’aube

Sur la musique « Si peu » de Sirus Franky toujours.

I

Demain quand viendra l’aube,
A l’heure où blanchit la campagne,
Ne mets pas ta plus sombre robe.
Ne t’en vas pas par la montagne.

Ne marche pas le dos courbé,
T’en vas pas les yeux fixés sur tes pensées.
Ne cueilles pas de la bruyère en fleur
Pour ma dernière demeure.

Refrain :

Ce n’est pas nécessaire.
De jeter ta pelletée de terre.
Ce n’est pas nécessaire
De m’adresser ta dernière prière.

II

Quand les voiles au loin
Descendront vers Harfleur,
Tu jetteras loin, bien loin
Couronnes et bouquets de fleurs.

Tu marcheras dans le soir qui tombe.
Sans rien déposer sur ma tombe.
Tu auras mis ta robe de printemps.
Sur tes lèvres ce sourire que j’aime tant.

Voris Bian 27 janvier 2012

 

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