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Qui va payer la dépendance ?

 

Le journal La Tribune publie un dossier sur la dépendance, le 5ème risque. Alors que l’agenda poltique prévoit des états généraux sur la question au printemps pour un projet de loi à la fin de l’année, Arnaud Montebourg, président du Conseil général de Saône-et-Loire décide de ne pas attendre et crée un impôt local spécifique. La réforme toujours reportée du 5ème risque et la montée en puissance des dépenses liées à la dépendance précipitent ainsi des collectivités locales dans des solutions impopulaires et l’Etat vers l’idée de privatiser le risque.

Le coût de la dépendance ne cesse de croître. l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) est versée à 1,1 million de personnes pour un montant de 4 milliards d’euros. Mais si l’on ajoute les dépenses de la Sécurité sociale et les dépenses des ménages pour ce secteur, cela atteint 7 milliards soit 2 % du PIB.
 
Mais on n’en est qu’au début. En 2040, la facture aura augmenté de 50 % ! L’ennui, c’est que les aides publiques sont déjà insuffisantes aujourd’hui pour faire face à ce problème. Quelles solutions trouver ?
 
Le Conseil général de Saône-et-Loire, lui, a opté pour un impôt supplémentaire. Il a voté le 4 février l’instauration d’un “impôt local 5ème risque”, destiné à financer notamment la solidarité en faveur des personnes âgées et des personnes handicapées. Mais il s’agit surtout d’un ”plan de sauvetage” face à la crise financière que connaît ce département, comme d’autres…
 
Par cet impôt nouveau, Arnaud Montebourg, souhaite aussi attirer l’attention sur l’Etat qui selon lui ne paie pas ses dettes. Il est conforté dans cette idée par une décision de justice récente qui lui a donné raison. En effet, le Conseil d’État a, par arrêt du 30 décembre, enjoint le gouvernement de publier, dans un délai 4 mois, le décret créant le Fonds national de financement de la protection de l’enfance prévu par la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance. Les conseils généraux de Seine-Saint-Denis et de Saône-et-Loire ont ainsi obtenu gain de cause. Le Premier ministre est mis en demeure de prendre ce décret dans un délai de 4 mois, sous astreinte de 500 € par jour de retard. L’État est condamné à verser au département de Saône-et-Loire 100 000 € en réparation du préjudice subi.
 
Cette négligence de l’Etat ainsi que le poids du RSA et de la dépendance mettent les départements en péril et dans ces conditions le recours à l’impôt local risque de se propager dans l’Hexagone. Cela est particulièrement vrai dans les départements à population vieillissante et où le chômage est fort.
 
Cet “impôt local 5e risque”, justifie Montebourg, doit permettre notamment de faire face en 2010 à l’obligation de payer l’APA à quelque 19 000 bénéficiaires et la prestation de compensation du handicap (PCH) à 1 200 personnes. Il doit aussi servir à financer au besoin la modernisation et la création de nouvelles places en établissements pour personnes âgées dépendantes et en foyers pour personnes handicapées.
 
On peut voir dans cette décision la marque d’une fronde politique des départements. Symptomatique des difficultés rencontrées aujourd’hui par de nombreux conseils généraux, elle n’est en tout cas pas satisfaisante pour l’avenir, les dépenses augmentant de façon importante et constante.
 
Le coût moyen actuel varie selon la dépendance de 300 euros et 5300 euros par mois à domicile, de 1500 à 1800 euros par mois en établissement en province. En région parisienne et à Paris, ces coût sont encore plus importants. L’APA laisse un reste à charge de la personne et le recours à l’assurance ne décolle pas vraiment bien que 5% de la population soit actuellement couverte (20% chez les plus de 60 ans).
 
Le financement de la dépendance est un véritable casse-tête. Ce qui explique le report maintes fois de la réforme. Annoncée par Sarkozy en 2007, la réforme est évoquée par le président de la République en janvier pour une échéance prochaine.
 
Le gouvernement penche pour une solution mixte qui associerait la solidarité nationale à l’assurance et au financement partiel par le patrimoine des personnes aidées (recours sur la succession).

Moins de logements sociaux en 2010

Oui, les aides à la pierre sont en baisse dans le budget 2010“, admet le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, lequel va aussi remettre en question le quota des 20 % de logements sociaux qui s’imposent à toutes les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France). Intervenant juste après la publication du rapport de la Fondation Abbé Pierre, la communication du ministre pouvait pourtant laisser croire à un réel effort du gouvernement pour le logement social. Il n’en est rien, et c’est toute l’habilité de la communication.

Oui, les aides à la pierre sont en baisse dans le budget 2010“, déclare le secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu. Oui, mais complète-t-il, “On ne peut pas parler de désengagement de l’Etat”. La preuve ? Sur les “15 milliards d’euros de loyers que touchent chaque année les organismes HLM, 5 milliards proviennent des aides au logement donc de l’Etat“. Le ministre confondrait-il l’aide à la pierre avec l’aide aux personnes ? Non, il s’agit bien entendu d’embrouiller l’opinion. Les spécialistes du secteur seront choqués d’un tel procédé mais le citoyen Lambda n’y verra que du feu, se disant peut-être “oui, cela fait beaucoup d’argent !” 
 
Il y a logement social et logement social :
 
Le 3 février, le secrétaire d’Etat au logement annonçait que l’Etat va débloquer cette année 4,7 milliards d’euros d’aides pour la construction de 140 000 logements sociaux en 2010. C’est bien une légère augmentation par rapport à 2009 qui a vu la création de 125 000 créés. Les montants ainsi jeté dans les médias impressionnent. Mais lorsqu’on y regarde de plus près, beaucoup moins…
 
D’abord, cela reste un chiffre global qui ne donne pas la décomposition en PLUS, PLA-I et PLS. Autrement dit les PLS (logements pour les personnes les plus favorisées) pourraient représenter une part importante au détriment des logements très sociaux. Or, la fondation Abbé Pierre demande “150.000 logements vraiment sociaux par an dont 30.000 PLAI familiaux.”
 
La précision a été apportée depuis : les PLS passent de 32.000 à 37.500, soit une progression de 17%. Au contraire, les logements vraiment sociaux (PLUS et PLAI) restent stables. Et voilà, le tour est joué ! (une fois encore car tous les ans, c’est la même combine).
 
Par ailleurs, le montant des subventions d’Etat aux logements les plus sociaux (PLAI) va baisser d’un tiers dans les zones rurales.
 
Contrairement, aux PLUS et aux PLA-I, les PLS ne sont pas aidés par les subventions de l’Etat mais bénéficient d’avantages fiscaux. Une somme de 624 millions d’euros sur un total de 4,7 milliards d’euros pour 2010 devrait être versée aux organismes HLM au titre d’aides à la pierre, le reste le serait sous forme d’aides fiscales. On voit bien ici que l’aide à la pierre est proportionnellement bien moins aidée que les PLS sorte de logement “hauts de gamme” qui rapportent davantage aux bailleurs que les logements très sociaux et qui ne coûtent rien à l’Etat en aides directes.
 
Donc, moins de logements sociaux en création alors que le besoin croît de façon exponentielle mais ce n’est pas tout…
 
Remise en question de l’obligation communale de justifier de 20 % de logements sociaux
 
Si le secrétaire d’Etat admet que l’article 55 de la loi SRU est une “bonne loi”, c’est pour annoncer sa remise en cause : Il envisage de réformer l’obligation à la baisse par une série d’amendements car, dit-il, “Pourquoi existe-t-il ce taux unique de 20% sur tout le territoire alors que les situations locales sont si différentes  ?” En revanche, il est prêt à faire un effort pour que les PLS et les PLAI ne soient plus comptés de la même façon (certaines villes créent beaucoup en PLS pour atteindre le quota.). Mais le libéralisme reprend le dessus, on pourra intégrer dans ce quota des logements privés : les logements en intermédiation locative !
 
Ces modifications interviendront probablement après la mise en oeuvre de la réforme des collectivités locales.
 
Si vous avez encore des doutes, je précise que ces informations reprises dans cet article sont délivrées par la Caisse des Dépôts et Consignations (sur son site internet Localtis), le très sérieux organisme officiel précisément chargé d’attribuer les aides à la pierre.
 
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ANNEXE  : Petit lexique :
 
Dans le cadre de la politique de l’aide à la pierre, pour financer des opérations de construction, d’acquisition ou d’amélioration de logements locatifs sociaux, les maîtres d’ouvrage peuvent bénéficier de prêts de la Caisse des dépôts et consignations, qui sont :
 
Les PLUS (prêts locatifs à usage social) remplacent, depuis le 1er janvier 2000, les PLA (prêt locatif aidé) et les PLA-LM (prêt locatif aidé à loyer minoré). Objectif du PLUS : aider les organismes HLM et les SEM à financer la production de logements locatifs sociaux dans le cadre de la mixité sociale.
 
Les PLA-I (prêts locatifs aidés d’intégration). Objectif des PLA-I : aider les ménages cumulant difficultés économiques et difficultés sociales et qui, de ce fait, se trouvent souvent exclus des filières classiques d’attribution de logement. Il s’agit de leur offrir une solution de logement pérenne, adaptée à leurs difficultés, avec si nécessaire un accompagnement social, de manière à favoriser leur intégration. Les revenus des ménages locataires ne doivent pas dépasser 60 % des plafonds de ressources pris en compte pour l’accès au logement social classique (PLUS), sauf dérogation du préfet de département.
 
Les PLS (prêts locatifs sociaux) sont une possibilité supplémentaire pour les bailleurs sociaux et les investisseurs privés d’intervenir dans le secteur social. Objectif des PLS : Les opérations financées par des PLS sont destinées à accueillir des ménages dont les ressources excèdent celles requises pour accéder aux logements financés par les prêts PLUS et qui rencontrent des difficultés pour trouver un logement, notamment dans des zones de marché tendu.
 
La durée maximale des prêts locatifs sociaux (PLS) passe de 30 à 40 ans. Pour leurs opérations immobilières, les organismes contractent au moins deux prêts : l’un pour l’acquisition du foncier, l’autre qui finance le bâti. Sur la partie bâtie, jusqu’à présent la durée maximale des prêts était de 30 ans. Elle est portée à 40 ans (alignement sur la durée prévue pour les PLAI et les PLUS).

Quelles réponses à la crise du logement ?

Alors que la Fondation Abbé-Pierre sort son 15ème rapport annuel sur le mal-logement en France et déclare que la crise économique a aggravé celle du logement, des voix s’élèvent pour alerter sur les solutions à trouver d’urgence. Pendant ce temps, que fait le gouvernement ? Le point…

Tandis que la Fondation Abbé-Pierre tire une énième fois la sonnette d’alarme et que la crise du logement s’amplifie, on a l’impression que le gouvernement ne prend pas toute la mesure du problème. Certes, des textes sont intervenus pour améliorer la gestion et la cohérence de la politique du logement. Mais si le souci d’une bonne gestion de l’existant est louable, l’investissement dans la création de logements paraît bien faible au regard des défis qui nous attendent.
 
1 - Les efforts du gouvernement
 
Ces efforts vont dans le sens de la rationalisation, de la cohérence, de la simplification et de la relance du logement par l’économie.
 
Parmi les dernières mesures prises, on peut relever notamment : 
  • Pour les organismes HLM : Chaque organisme d’HLM doit prouver ses résultats en matières d’occupation sociale. A cette fin, il doit conclure une convention d’utilité sociale avec l’État d’ici le 31 décembre 2010, une convention qui devra comporter des objectifs précis à atteindre notamment en matière de développement de l’offre d’accueil, d’hébergement et d’insertion, de droit au logement, etc. 
  • Hors secteur HLM : Un décret du 31 décembre 2009 vient réformer - pour le clarifier -le système d’agrément des organismes exerçant des activités en faveur du logement et de l’hébergement des personnes défavorisées hors secteur HLM traditionnel. Il faut savoir qu’il existe actuellement une trentaine d’agréments prévus dans le Code de la construction et de l’habitation et que certains d’entre eux n’avaient plus de raison d’être (caducs dans la réalité). Désormais, ne subsisteront que 3 types d’agréments en fonction de la nature des activités exercées par l’organisme : l’agrément “maîtrise d’ouvrage”, l’agrément ”ingénierie sociale, financière et technique” et l’agrément “intermédiation et gestion locative”. 
  • L’ANAH (agence nationale de l’habitat) est réformée conformément à la loi Molle du 25 mars 2009 (loi Boutin) qui en a modifié les missions et la gouvernance. Pour les missions, l’ANAH est désormais substituée à l’État « dans les droits et obligations résultants des contrats passés par lui et des engagements financiers nécessaires à la poursuite des actions  » menées pour l’amélioration des structures d’hébergement. Un transfert d’opérations en cours se chiffre à 46 millions d’euros, dont l’Anah assurera le paiement. 
Des mesures qui devraient avoir un impact sur la construction de logements :  
  •  Le doublement du PTZ (prêt à taux zéro) : La loi de finances pour 2009 prévoit que « le montant de l’avance remboursable sans intérêt » (le prêt à taux zéro, PTZ) est majoré. Cette majoration s’ajoute au doublement du PTZ dans le cadre du plan de relance et elle est cumulable - dans la limite du coût total de l’opération - avec les autres majorations prévues par ailleurs. L’entrée en vigueur de cette majoration supplémentaire pour les logements neufs constitue un indéniable avantage nouveau pour les accédants à la propriété dans le neuf et pour le secteur de la construction, l’une des cibles privilégiées du plan de relance. 
Critique : Il s’agit de donner un coup de fouet à la création de logements neufs mais ce doublement de prêt ne s’applique pas au logement ancien et il expirera en 2011. 
  • La durée maximale des prêts locatifs sociaux (PLS) passe de 30 à 40 ans. Pour leurs opérations immobilières, les organismes contractent au moins deux prêts : l’un pour l’acquisition du foncier, l’autre qui finance le bâti. Sur la partie bâtie, jusqu’à présent la durée maximale des prêts était de 30 ans. Elle est portée à 40 ans (alignement sur la durée prévue pour les PLAI et les PLUS).
[ NDLR : En France, il existe une hiérarchie des logements qui dépend du niveau du loyer : 3 catégories de prêts PLAI, PLUS, PLS. Le premier correspond au loyer le plus faible (destiné aux plus pauvres)
 
On rappellera aussi les objectifs de mobilité dans le logement social et le renforcement du surloyer, de prévention des expulsion de la loi Molle, l’expérimentation d’un dispositif d’occupation de logements vacants par des résidents temporaires, etc. Autant de mesures destinées à libérer des logements au profit de ceux qui en ont le plus besoin. Malgré cela, le besoin en logements est très loin d’être satisfait et le gouvernement semble faire la politique de l’autruche face aux enjeux énormes qui se présentent. C’est aussi ce que dit le rapport de la Fondation Abbé Pierre.
 
2 - Les besoins criants mis en avant une fois encore par le rapport de la Fondation Abbé Pierre
 
La crise du logement est un mal profond, grave et durable, que persiste à ignorer le gouvernement.
 
Selon le rapport paru le 1er février, 10 millions de personnes sont aujourd’hui frappées par la crise du logement. Le nombre de personnes très mal logées augmente continuellement et révèle aux yeux du monde une France cruelle et très injuste : 3,5 millions de personnes survivent dans des cabanes, ou sans aucun abri. 600 000 enfants sont des “victimes collatérales du mal-logement“. Avec les conséquences que l’on sait de l’insalubrité (saturnisme, affections respiratoires…).
 
On connaît les réponses toutes faites du gouvernement : la croissance repart, le chômage baisse et pour le logement, il faut libérer les logements indument occupés et permettre à tous d’accéder à la propriété ! Un discours décidément surréaliste et qui se fiche des réalités une nouvelle fois dénoncées par la Fondation Abbé Pierre qui ne lâche pas son bâton de pèlerin.
 
Le rapport dénonce d’entrée les responsables politiques qui par leurs discours s’efforcent de minorer les effets d’une crise de logement qui se fait le creuset des inégalités. “La crise du logement est bien antérieure à la crise financière puis économique qui ont submergé le monde à partir de l’été 2008 ; alors que ni ses manifestations ni ses causes n’ont été traitées.”
 
Bientôt des chèques énergie ?
 
L’organisation évoque aussi la “précarité énergétique”, qui concerne 3,4 millions de ménages. Ces foyers ne peuvent chauffer leur logement à un prix raisonnable. Sur ce point , un rapport d’un groupe de travail, remis au gouvernement le 6 janvier, propose la création d’un chèque énergie, dont le montant varierait selon le revenu des familles et leurs besoins en chauffage. Il propose aussi une généralisation des dispositifs locaux de lutte contre la précarité énergétique qui existent déjà dans une quinzaine de départements.
 
Rappelons au passage que l’effort de rénovation thermique des logements privés des plus modestes est ponctionné sur le logement social. C’est ainsi qu’en fin d’année 2009, Nicolas Sarkozy annonça que le secteur du logement social figure au rang des sept grandes priorités stratégiques du Grand emprunt. Malheureusement, il omit de préciser que sur les 2 milliards d’euros proposés par la commission Juppé - Rocard, il ne laissa que 500 millions d’euros finalement consacrés à la rénovation thermique et non au logement social décidément maudit comme à Neuilly !
 
Le rapport de la Fondation Abbé Pierre évoque également une “zone grise” du mal-logement, constituée de personnes installées chez des tiers, dans des campings, des squats, des caves, des garages…
 
Parmi les solutions proposées par la fondation, l’idée d’”imposer sur tout le territoire et dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30% de logements à loyer accessible“, d’”encadrer” les loyers des logements qui changent de locataires et de façon à limiter leur augmentation.
 

Le RSA : quoi de neuf ?

Le RSA est entré en vigueur le 1er juin 2009. Mais que s’est-il passé depuis ? A-t-il été amélioré, étendu, corrigé après son entrée en application ? C’est l’objet de cet article de faire le point sur ces questions à l’examen de l’année passée et de ce début d’année 2010. Le volet formation professionnelle n’est pas évoqué par cet article qui ne traite que de la prestation financière et des droits connexes.

Le RSA a subi quelques modifications depuis sa généralisation par la loi du 1er décembre 2008 (qui a pris effet le 1er juin 2009).

Extension du RSA à certaines catégories

L’accès au RSA a été étendu aux jeunes de 18 à 25 ans au plus, à condition qu’ils aient déjà exercé une activité professionnelle. Ceci résulte d’un amendement au projet de loi de finances pour 2010, amendement présenté par Martin Hirsch.
Les étudiants ne sont pas concernés. Qu’ils travaillent ou pas, ils ne peuvent prétendre au RSA.

Le quantum d’activité requis sera précisé par décret mais il devrait s’établir à 2 ans d’activité à temps plein sur une période de référence de 3 ans précédant la date de la demande.

A propos des droits connexes liés au RMI et perdus avec le RSA

— Les bénéficiaires de certains contrats aidés (contrat d’avenir et CI-RMA) pourront bénéficier à nouveau des droits connexes au RMI qu’ils avaient perdus en passant au RSA.

Avant la loi généralisant le RSA, les titulaires de ces contrats aidés obtenaient de droit une allocation logement à taux plein et la CMU complémentaire. Le seul statut de RMIste y donnait droit même dans les cas où aucune allocation de RMI n’était versée. Avec le RSA, le législateur a supprimé ce lien automatique entre le statut et le droit connexe (tout est devenu question de niveau des ressources). Du coup, certains bénéficiaires de ces contrats aidés avaient vu leur allocation logement diminuer, sans que cette diminution ne soit compensée par le gain monétaire apporté par le RSA.

La loi de finances rectificative pour 2009 (article 103) a donc corrigé cette anomalie. Cette mesure qui vient réparer une inégalité n’est que temporaire et expirera en 2011, date à laquelle ces contrats auront laissé la place aux contrats uniques d’insertion (CUI).

— Restauration d’autres droits connexes :

Les bénéficiaires du RSA avaient perdu les avantages du RMI : possibilité de donner à son propriétaire un préavis limité à 1 mois au lieu de 3 mois, dispense de justification des ressources pour la demande d’aide juridictionnelle, régime des étrangers extracommunautaires moins dur que pour l’accès au RSA. Sur ces trois points, la proposition de loi de simplification du droit est venue aligner les formalités sur celles, plus avantageuses, du défunt RMI. Notons toutefois que pour l’aide juridictionnelle, seuls les bénéficiaires du RSA “socle” sont concernés et pas les bénéficiaires du RSA “activité” (ou RSA “chapeau”).

Le RSA et la mise en jeu des solidarités familiales

Il faut se souvenir de ce scandale : alors que les bénéficiaires du bouclier fiscal ont été exemptés de tout financement du RSA, l’administration voulait taxer les parents des bénéficiaires. Sous le prétexte d’harmonisation” (au passage, attention à ce mot, il est très employé partout pour des raisons pas toujours très nettes), le gouvernement avait glissé une formule insidieuse dans le texte du formulaire obligeant tout demandeur à demander l’aide financière préalable de ses parents (voire grands-parents), ceci en parfaite contradiction avec la loi votée !

La Direction générale de l’action sociale (DGAS) a fini par dissiper ce “malentendu”, en rappelant que “la législation du RSA est identique sur ce point à celle du RMI”. Ce qui signifie concrètement que l’administration ne peut pas exiger des parents une pension alimentaire. Seules sont comptabilisées les pensions déjà dues à la date de l’instruction de la demande. L’obligation de faire valoir ses droits aux prestations sociales et aux créances alimentaires auxquelles le demandeur a droit concerne seulement le RSA “socle”, c’est-à-dire l’équivalent de l’ancien RMI, mais pas le RSA “chapeau” (fraction du RSA servie en complément des revenus d’activité).

La neutralisation de certains revenus professionnels dans le calcul du RSA

Un arrêté du 17 décembre 2009 précise les ressources “non habituelles” exclues du calcul du RSA. Il définit le “caractère exceptionnel” des ressources professionnelles (ou en tenant lieu) qui sont exclues du calcul du RSA. Deux conditions cumulatives doivent être remplies :

1 Les revenus “ne sont pas perçues de façon régulière et habituelle” (l’article 2 de l’arrêté mentionne trois types de ressources),
2 La somme de leurs montants ne doit pas excéder un double plafond, fixé par l’article
3 de l’arrêté.

Les dispositions de l’arrêté s’appliquent au calcul du RSA versé à compter du 1er octobre 2009.

Le Sénat renonce à amputer de 500 millions d’euros les crédits du Fonds national des solidarités actives

Dans un premier temps, le Sénat, en petite commission, avait adopté un amendement réduisant de 500 millions d’euros les crédits de la mission “Solidarité, insertion et égalité des chances” du projet de loi de finances pour 2010. Motif : trop de crédits disponibles pour le démarrage du RSA (montée en charge plus lente que prévue).
Cela s’est su et, finalement, c’est en séance plénière que le Sénat a rectifié le tir en renonçant à amputer ces crédits.

En conclusion, si l’on peut dire que l’extension du RSA aux jeunes non étudiants est une bonne chose, de même que l’alignement sur le RMI pour certains droits connexes vitaux (surtout en cette période très difficile), il reste des questions non réglées comme la situation des chômeurs en fin de droits de plus en plus nombreux et qui n’ouvrent pas droit au RSA.

N.B : contrairement au site officiel du gouvernement, cet article est à jour de l’actualité juridique. Une seconde partie sera consacrée au volet formation professionnelle (au CUI - contrat unique d’insertion - notamment).

Bilan 2009 de la politique en faveur des handicapés

 

L’année 2009 n’a pas été fertile en mesures relatives aux personnes handicapées. Il faut dire que la loi Handicap de 2005 avait fait le plus gros travail et qu’il ne s’agit maintenant que d’en achever la mise en oeuvre. Le Parlement français vient d’autoriser le gouvernement à signer la convention internationale mais on verra que cela ne changera rien. Que s’est-il passé en 2009 pour les handicapés ? Flash back…

Signature symbolique de la convention internationale en vue :
 
Une loi du 31 décembre 2009 autorise la ratification par le gouvernement de la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Adoptée par les Nations Unies le 13 décembre 2006, cette convention ne crée pas de droits spécifiques nouveaux en faveur des personnes handicapées.
 
Le projet de texte du projet de loi en ligne autorisant ratification de la convention rappelle cette réalité : “En France, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a été saisie de 1 177 réclamations pour discrimination en raison du handicap et de l’état de santé au troisième trimestre 2007. Le handicap est ainsi le deuxième motif de discrimination après l’origine.”
 
Cette convention aura peu d’incidence sur le Droit français puisque la loi Handicap du 11 février 2005 fait que la France est déjà bien avancée en matière de droits des handicapés.
 
Il y a un cependant un point sur lequel notre pays risque d’être pris en défaut, c’est l’accessibilité. Certes, la loi de 2005 la garantit pour l’accès aux services en ligne et aux administrations. Mais la Convention est plus exigeante : elle l’étend aux personnes privées. La France devra donc s’y conformer si elle accepte de prendre cette voie, ce qui n’est pas sûr car le gouvernement a tenté de déroger à cette contrainte par un décret du 17 mai 2006 (qui ouvrait des possibilités de dérogation aux règles d’accessibilité pour les constructions neuves). Ce décret a été partiellement annulé par le Conseil d’État mais il ne montrait pas une intention de se conformer à la convention internationale.
 
Favoriser les handicapés “qui se lèvent tôt” ?
 
Il serait excessif de l’exprimer ainsi même si c’est le président Sarkozy qui a impulsé l’idée qu’il fallait mettre les handicapés au travail. C’est d’ailleurs ce que souhaitent aussi beaucoup de personnes handicapées en état de travailler. En 2009 sont intervenues les mesures suivantes dans ce sens :
 
- Reconnaissance automatique de la qualité de travailleur handicapé, lors de l’attribution de l’AAH, et orientation professionnelle immédiate :
 
Désormais, la procédure de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est engagée systématiquement à l’occasion de l’instruction de toute demande d’attribution ou de renouvellement de l’AAH (allocation adulte handicapé). Il n’y a aura plus nécessité d’une demande séparée spécifique. En outre, toute reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est automatiquement accompagnée d’une décision d’orientation professionnelle.
 
- Favoriser l’accès à l’apprentissage : La loi de finances supprime la limite d’âge de 30 ans pour l’accès aux contrats d’apprentissage des travailleurs handicapés.
 
- Ne plus pénaliser ceux qui travaillent : la loi de finances supprime la condition, introduite par la loi du 11 février 2005, exigeant que le demandeur d’une AAH n’ait pas occupé d’emploi pendant l’année précédant la demande.
 
Toutefois, la loi sur le RSA a assoupli l’obligation de recruter des handicapés :
 
Un décret du 9 juin 2009 est venu, en application de cette loi, préciser la nature des stages qui peuvent être pris en compte dans le calcul du quota obligatoire de travailleurs handicapés. Ces stages doivent être d’une durée minimale de 40 heures.
 
Notons que l’article 15 du Code des marchés publics tempère aussi cette obligation en permettant aux acheteurs publics de minorer leur contribution au fond Agefiph en passant des marchés avec des entreprises employant au moins 80% de handicapés (ateliers adaptés, ESAT). Mais 1 euro pris en compte dans ce cadre n’équivaut pas à un euro investi dans le recrutement direct d’une personne handicapée par l’administration. Par ailleurs, évidemment, la collectivité ne peut pas s’exonérer de son obligation de recruter des handicapés en passant un grand nombre de marchés avec des entreprises adaptées.
 
Point noir : des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) financièrement étranglées par l’Etat :
 
Une enquête sur les financements de l’Etat menée par l’Association des directeurs de MDPH et rendue le 16 octobre 2009 est venue confirmer ce qu’avait déjà révélé un rapport parlementaire publié le 24 juin 2009, à savoir que les MDPH sont asphyxiées par le refus de l’Etat de compenser les postes. Ainsi, l’Etat doit 34,3 millions d’euros aux Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH). De plus, l’Etat compense avec beaucoup de disparités : sa part varie de 12 % à 67 %, selon les rapporteurs du rapport parlementaire, amenant les conseils généraux à compenser le manque financier. L’histoire ne dit pas si l’Etat se montre plus généreux pour les conseils généraux dirigés par l’UMP et ses alliés. Cette différence de traitement selon les territoires provoque des ruptures d’égalité entre citoyens et contribuables.
 
En conclusion, l’année 2009 a aussi été marquée par une volonté de centraliser la politique du handicap : Le Comité interministériel du handicap a remplacé la délégation interministérielle aux personnes handicapées. Placée sous l’autorité directe du Premier ministre, alors que la délégation interministérielle dépendait du ministre chargé des affaires sociales, ce comité doit donner une nouvelle impulsion à la politique conduite par l’État en centralisant l’action menée. 

Que fait le gouvernement pour le logement ?

Alors que sous la présidence Chirac a été votée une grande loi, la loi DALO qui rend opposable le droit au logement, on ne retiendra de la présidence Sarkozy que la loi Molle dont le seul nom est évocateur de la faible volonté de mener une véritable politique du logement. Pire, des remises en cause dangereuses ont été initiées par ce gouvernement dont l’audace (tant vantée par notre président) s’est souvent heurtée à la censure des hautes autorités, nous permettant d’échapper au pire du pire.

Le bilan de l’action en faveur du logement pour l’année 2009 est très décevant. Faisons le point sur l’année écoulée !
 
Cela commençait en fanfare avec la ministre du logement Christine Boutin qui voulait exonérer davantage les communes de plus de 3.500 habitants de leur obligation de respecter le quota de 20% de logements sociaux. Elle voulait comptabiliser l’accession sociale à la propriété dans ces 20% ! Tous les moyens sont bons décidément pour échapper au quota et surtout à la pénalité financière de son non respect, alors au diable les complexes et fi du logement social ! Mais le Sénat veillait et l’a stoppée.
 
Désavouée la ministre ! Allait-elle se décourager pour autant ? Mais non ! De l’audace, on vous dit ! Sans complexe, elle propose donc sa loi. Mais l’Opposition veille et saisit le Conseil constitutionnel qui va censurer 6 articles et pas pour de faibles raisons. Jugez-en plutôt : Le Conseil a invalidé une disposition par laquelle le gouvernement décidait de jouer le rôle réservé au Parlement, à savoir fixer les impôts. En effet, un article décidait tout bonnement de créer un prélèvement sur les organismes gestionnaires du logement social à trésorerie excédentaire (article 4). Le Conseil constitutionnel ne pouvait dès lors que lui rappeler ce qu’elle savait pourtant fort bien (ou alors, elle ne méritait pas d’être ministre), qu’un tel prélèvement nouveau s’assimile à l’impôt et doit à ce titre être défini - en taux et en assiette - par la loi et donc par le Parlement.
 
Naturellement, on trouva encore dans cette loi des “cavaliers législatifs”, ces dispositions qui font cavalier seul et qui n’ont rien à faire dans le texte examiné. Une douce habitude du pouvoir sarkoziste qui s’emploie à faire passer les choses en douce où en des endroits inattendus…
 
Pour terminer l’année, Nicolas Sarkozy annonça le Grand emprunt et, bonne surprise, le secteur du logement social figure au rang des sept grandes priorités stratégiques ! Mais la satisfaction fut de courte durée. En effet, le président escamota l’argent prévu pour le logement social : sur les 2 milliards d’euros proposés par la commission, et surtout par Juppé et Rocard (deux “abrutis” sans doute), le chef de l’Etat ne laissa finalement que 500 millions d’euros. Encore convient-il de préciser que ces crédits n’iront pas au logement social mais…à ”la rénovation thermique des logements privés énergivores abritant les ménages aux revenus les plus modestes“. Vertitude oblige !
 
Alors, on cherchera peut-être une bonne note du côté du PTZ (prêt à taux zéro). Dans le cadre de la relance est décidé le doublement du PTZ. Il s’agit de donner un coup de fouet à la création de logements neufs. Très bien. D’accord. Mais point de doublement pour l’acquisition de logement ancien, d’où une inégalité entre accédants à la propriété selon qu’ils achètent de l’ancien ou du neuf. Et puis, le secrétaire d’état Benoist Apparu d’ajouter que ”le doublement du PTZ est une disposition transitoire, qui est appelée à disparaître en 2011″. Aïe !
 
Une majoration du PTZ, ajoutée par la loi de finances pour 2009, vient se cumuler avec ce doublement mais ne concerne aussi que le neuf. Aïe encore ! .
 
Alors, on me dira que tout n’est pas négatif dans la loi Boutin. Cette loi oblige chaque organisme d’HLM à conclure une convention d’utilité sociale avec l’État d’ici le 31 décembre 2010, ceci afin qu’ils s’engagent sur des objectifs quantifiés d’occupation sociale. Bien. Dans les zones géographiques en crise (”zones de déséquilibre entre l’offre et la demande de logement“), la convention prévoit le dispositif de modulation du supplément de loyer de solidarité et aussi une modulation possible du loyer, à titre expérimental, en fonction des revenus des locataires, nonobstant les plafonds de ressources.
 
Au passage, le gouvernement s’attribuera l’invention du surloyer. Là aussi un classique du sarkozisme (avant lui, il n’y avait rien ! Après lui, il ne peut y avoir que le déluge !) Rappelons que c’est la loi ENL du 13 juillet 2006 qui a institué le surloyer pour les locataires du parc social aux ressources dépassant de 20% les plafonds en vigueur. La loi Boutin s’est contentée d’abaisser le plafond à 10 %.
 
Bon, on rationalise, on contrôle, on priorise, très bien. Mais n’est-on pas en train de gérer la pénurie ?
 
Pour améliorer la mobilité dans le parc locatif social, la loi Boutin du 25 mars 2009 a aussi mis en place, pour les logements sous-occupés et pour les logements adaptés au handicap dont la personne handicapée a quitté les lieux, une procédure de relogement. En cas d’échec du relogement, l’occupant est déchu du droit au maintien dans les lieux. La logique étant de faire de la place pour les vrais nécessiteux en retirant au locataire le droit à tout titre d’occupation notamment lorsque ses revenus sont supérieurs au double des plafonds de ressources. Soit ! Et, bonus, les frais de mobilité sont à la charge du bailleur lorsque le locataire accepte l’offre d’un nouveau logement.
 
Mais, là encore on se contente de gérer le parc existant sans songer à renforcer l’effort de financement de nouveaux logements sociaux. C’était nécessaire mais ce n’est pas suffisant.
 
Et pour les sans-abris (que le candidat Sarkozy avait promis de faire complètement disparaître à l’horizon 2010) ? Et bien, le principe de l’hébergement d’urgence est désormais inscrit dans la loi (article L. 345-2-2 du Code de l’Action sociale et de la Famille). Et la loi « Boutin » charge le dispositif de veille sociale mis en place par le préfet de département d’accueillir désormais les personnes sans abri ou en détresse. Elle fait aussi peser sur les établissements et services d’hébergement une obligation d’informer en temps réel le préfet de département de leurs places vacantes. Elle se montre plus ferme sur les obligations des communes en matière de mise à disposition de capacités d’hébergement.
 
Jean-Louis Borloo, le successeur de Christine Boutin (qui voulait, rappelez-vous, ramasser manu militari les sdf contre leur volonté), a demandé aux préfets de région et de département de reloger avant fin décembre 2009, 30 % des ménages hébergés en centre de stabilisation ou d’insertion. Il s’agissait de libérer les places nécessaires à l’accueil des sans-abri cet hiver.
 
Non seulement, il y a fort à parier que cet objectif présomptueux n’a pas été atteint, mais aussi, malheureusement, on voit bien là encore que libérer les places et optimiser les moyens existants ne suffit pas et qu’il faut renforcer les moyens en logements nouveaux et en places d’hébergements. De nombreux sans-abris et mal-logés l’apprennent à leurs dépens cet hiver encore.
 
Conclusion : une loi MOLLE et une politique très molle du logement en des temps très durs !

Le gouvernement brade le social

On a beaucoup parlé de la décision du Conseil constitutionnel censurant la taxe carbone mais la presse n’a pas dit grand chose sur les autres censures décidées par le conseil des sages et concernant des passages en douce de mesures destinées à faire des économies sur l’aide à l’enfance ou sur les aides aux personnes handicapées. Le but de cet article est de remédier à ces oublis complaisants des médias.

Le gouvernement fait feu de tous procédés sournois pour faire passer des dispositions restrictives d’aides aux publics en difficultés. Il va même jusqu’à décider de violer ouvertement la loi. Il faut croire que la fin justifie les moyens.
 
Ainsi, par décision du 22 décembre (source), le Conseil constitutionnel a censuré 10 articles de la loi de financement de la Sécurité Sociale
 
Le Conseil a considéré que les dispositions incriminées étaient des “cavaliers sociaux”. Entendez par là des dispositions casées dans une loi fourre-tout, celle du financement de la Sécu, où la vigilance des députés n’est pas appelée autour d’un vote spécifique touchant aux questions traitées. Le Conseil a estimé que les mesures passées en douce dans ce projet “n’ont pas d’effet ou ont un effet trop indirect sur les dépenses des régimes obligatoires de base ou des organismes concourant à leur financement.”
 
Cette censure ne concerne pas le fond, autrement dit le Conseil ne juge pas les dispositions inconstitutionnelles mais il adresse un avertissement au gouvernement qui pensait ainsi faire passer très facilement des articles et les soustraire au vote normal. Les mesures censurées concerne l’accueil des enfants en structures et chez les assistants maternels.
 
Plus grave, par une autre décision, du 29 décembre (source 1, source 2), le Conseil constitutionnel a arrêté à temps une disposition, l’article 53, de la loi de finances rectificatives pour 2009.
 
Cette disposition, qui devait passer comme une lettre à la poste prévoyait des cas de dérogations à l’obligation de rendre tout immeuble neuf accessible aux handicapés en vertu de la loi handicap de 2005. La vigilance des collectifs pour handicapés a permis d’éviter ce tour de passe-passe qui n’avait rien de démocratique.
 
Enfin, le Conseil d’Etat cette fois a, par décision du 30 décembre, annulé deux décisions du gouvernement visant à se soustraire à ses obligations légales de financement de la protection de l’enfance.
 
Deux départements, la Saône-Et-Loire (recours déposé par Arnaud Montebourg qui en est le président du Conseil général) et la Seine-Saint-Denis avaient saisi la haute instance en raison du refus des ministres de payer ce que l’Etat doit verser aux départements au titre du fonds de financement de la protection de l’enfance défini par la loi du 5 mars 2007. Le ministre Xavier Darcos avait décidé de ne soumettre aucun décret d’application à la signature du premier ministre, reportant ainsi sans limite l’application de cette disposition de la loi. Quant à François Fillon, il s’était montré encore plus explicite - en sarkoziste décomplexé - affirmant qu’il s’asseyait définitivement sur la loi et ne l’appliquerait pas.
 
Le Conseil d’Etat a annulé les deux décisions, celle implicite du ministre Xavier Darcos et celle du Premier ministre. Ce dernier a toutefois fait un commentaire laissant entendre à demi-mot qu’il n’appliquerait pas non plus la décision du Conseil d’Etat.
 
Cette jurisprudence devrait encourager les autres départements à réclamer à l’Etat leur dû. D’autant plus que la haute juridiction a condamné l’Etat a verser des sommes importantes aux départements requérants et à des pénalités de retard assez conséquentes. A travers cet exemple, on voit comment le gouvernement fait peu de cas des contribuables et des finances publiques puisque en refusant de payer, il met en danger l’équilibre des collectivités locales et les contribuables locaux (sur lesquels celles-ci doivent se reporter) et se voit infliger des condamnations pécuniaires comme si sa dette n’était pas assez lourde déjà.
 
En conclusion, rappelons que ces manoeuvres ne sont pas les premières du genre et que, par exemple, pour les banlieues, le grand plan de financement (plan pompeusement appelé “plan marshall”) n’a jamais été lancé. Quant aux sans-abri qui, selon la promesse du candidat Sarkozy, ne devaient plus être forcés de mourir dans la rue, ils sont de plus en plus nombreux faute de logements et de place en structures d’hébergements d’urgence. Sarkozy a décidé de les ignorer complètement en passant une semaine de vacances luxueuses dans le palais du roi du Maroc d’où il nargue les SDF et les Français modestes qui craignent les lendemains difficiles (et ils le seront assurément !). Le président pourra bientôt dans son Versailles volant voyager autant qu’il veut à très grands frais tout en polluant davantage la planète. Alors, vous pensez, les pauvres, les enfants, les vieux, et les handicapés, c’est vraiment très loin de ses soucis !

L’élève Nicolas devra redoubler

Nous avons pu nous procurer le bulletin scolaire de Nicolas à mi-parcours de son cursus. Le bilan est médiocre. Nicolas a pourtant été averti à plusieurs reprises de l’insuffisance de ses résultats mais il n’en fait qu’à sa tête. Il devra en tirer toutes les conséquences en se préparant dès à présent au redoublement.

L’élève n’a pas tenu ses promesses. Il se montrait pourtant au départ très motivé et rempli d’ambition, disant “d’abord, je veux faire président” pour pouvoir ensuite se lancer dans des activités lucratives qui exigent peu d’efforts. Mais il devra revoir ses ambitions à la baisse et le conseil de classe se montre très réservé quant à une orientation possible en fin de cursus. 
 
Son niveau s’est, en effet, révélé mauvais dans toutes les disciplines.
 
En français, ses interventions orales sont fort mal exprimées et trop souvent même incorrectes. Les devoirs rendus faits à la maison sont bons mais sont-ils vraiment de sa main ?
 
En histoire, c’est simplement catastrophique. Nicolas mélange les références, prenant de grandes figures socialistes, comme Jean Jaurès ou Léon Blum, pour des défenseurs du capitalisme. Récemment, Nicolas s’est montré affabulateur en classe en prétendant avoir participé à la chute du mur de Berlin.
 
En géographie, ce n’est guère mieux. Il confond la France avec les Etats-Unis ! Il a ainsi déclenché les moqueries de ses camarades en prenant le chanteur Elvis Presley pour un grand chef d’Etat américain. Il prétend avoir rencontré ce personnage. D’ailleurs nous avons pu nous procurer la photo truquée (voir ci-joint) qu’il montre à quiconque contredit ses allégations mensongères. Vous noterez que Nicolas s’est grandi sur la photo. La psychologue scolaire recommande de prendre rendez-vous avec elle pour évoquer un possible complexe chez votre enfant, complexe qui serait compensé par des talonnettes démesurément ridicules et une certaine mythomanie voire de la mégalomanie. 
 
Le professeur de sciences s’est plaint à plusieurs reprises auprès du proviseur de thèses qu’il défend auprès de ses camarades à propos de prétendue suprématie de l’inné sur l’acquis et de la supériorité génétique des riches sur les pauvres, des croyants sur les athées, des Blancs sur les Africains.
 
En Sciences de la vie et de la terre, Nicolas se montre vantard sur les initiatives qu’il prétend mener. Rappelons que son devoir sur Copenhague a été noté zéro pointé ! 
 
L’individualisme de Nicolas se manifeste spécialement en éducation physique et sportive où il ignore totalement l’esprit d’équipe. Il veut toujours être celui qui mène le jeu, quitte à refaire la partie à côté du terrain avec des camarades qu’il débauche dans les autres classes. Il appelle cela la technique d’ouverture. Mauvais perdant, il ne termine jamais que les parties qu’il peut gagner et abandonne celles qu’ils voient perdues d’avance. Ces défauts se retrouvent aux conseils de classe où il siège comme délégué élu. Les séances sont troublées par ses initiatives malheureuses qui sont loin de favoriser la sérénité des débats. Alors qu’il lui est rappelé sans cesse de rester neutre, il ne peut s’empêcher de lancer des querelles et de prendre à partie tel ou tel camarade. Il n’hésite pas à désigner des boucs-émissaires lorsqu’il est personnellement mis en cause sur ses piètres prestations de délégué.
 
En musique, Nicolas tente de sauver les apparences en s’asseyant toujours aux côtés de ses camarades Enrico, Mireille, Gilbert, Jean-Philippe et surtout Carla dont il semble épris (et qu’il perdra de vue en cas de redoublement).
 
Ses notions en économie sont très douteuses. Ainsi pense-t-il qu’en période de récession, on ne peut relancer la croissance qu’en donnant beaucoup d’argent aux riches et en sacrifiant les pauvres ainsi qu’en creusant la dette encore davantage et cela sans aucune limite.
 
Mais le pire reste encore à mentionner. Nicolas a de mauvaise fréquentations dans la cour. Il recherche des alliances auprès de garçons de mauvais famille comme Bernard dit “Nanard”, un voyou de triste réputation, ou Mouammar. De plus, il a été établi qu’il propage à l’intérieur de l’enceinte de l’école une idéologie raciste. Ce comportement ne saurait durer et un nouvel avertissement pourrait lui être signifié prochainement.
 
En conclusion, sauf efforts spectaculaires de sa part et un changement radical de comportement, Nicolas devra redoubler pour un second cursus de 5 ans. 

Enfance fichée, avenir fichu

Enfance fichée, avenir fichu

Le fichier “Base Elèves” va attribuer à chaque enfant un Identifiant National Elève, véritable matricule qui le suivra pendant 35 ans. Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU s’en inquiète ouvertement sans pouvoir intervenir dans la politique française emportée dans un élan fiévreux nationaliste et sécuritaire . Encore a-t-on échappé au pire en obtenant, par pressions fortes, le retrait des indicateurs sur la nationalité, l’année d’arrivée en France, l’enseignement de la langue et la culture d’origine, etc. 

Dans un contexte de stigmatisation extrême que les propos de la ministre Nadine Morano viennent renforcer, les manoeuvres de fichage systématique auraient bien du mal à plaider l’innocence. Cette obsession du fichage est par ailleurs partagée par le chef de l’Etat qui croit en l’héritage génétique des vices (pédophilie par exemple) et des vertus (son fil prodige qui mérite les plus hauts postes). Mais les soupçons de dangereuse dérive sont confirmés par l’ONU dont le Comité des droits de l’enfant, interrogé sur “Base Elèves” (le fichier des enfants scolarisés) se dit “préoccupé par le fait que cette base de données puisse être utilisée à d’autres fins, telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière”.
 
De quoi se mêle ce comité diront les exaltés du tout sécuritaire et de l’Identité nationale ? Et bien il est officiellement chargé d’une mission de contrôle du respect de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant signée en 1989 par près de 200 pays. Comment le virer, le limoger ou le museler, renchériront les sarkozistes fanatiques ? Il n’existe aucun moyen. Mais le silence médiatique sur le sujet est bien commode. Donc, qu’ils se rassurent, la “France d’Après” va bon train.
 
Le but officiel poursuivi par l’application informatique “Base élèves 1er degré” est la gestion administrative et pédagogique des élèves de la maternelle au CM2 dans les écoles publiques ou privées“. Mais d’emblée, c’est la chasse aux immigrés qui apparut comme principale visée puisque les éléments exigés étaient la nationalité, l’année d’arrivée en France, l’enseignement de la langue et la culture d’origine, etc. Pour ce qui auraient des doutes, rappelons qu’en 2004, l’Inspection d’académie des Pyrénées-Orientales a reconnu que “Base Elèves” était “la plus grande source d’information sur l’immigration“. Mais le ministre Xavier Darcos dut reculer sous la pression d’un Collectif national de résistance à Base élèves et retirer ces indicateurs stigmatisants et dangereux. 
 
L’école se voit chargée d’un rôle qui n’a rien d’éducatif : constituer un fichier national de la jeunesse ! Un sale boulot en somme. D’où un résistance de nombreux parents d’élèves et de directeurs d’écoles.
 
Cette initiative contestable survient au même moment où le poste de Défenseur des enfants est supprimé. Or, cette fonction s’était révélée très efficace et utile.
 
Elle vient se combiner aussi avec le double fichage systématique des mineurs délinquants :
 
 _ Le Fichier relatif à la prévention des atteintes à la sécurité publique : pour les mineurs âgés de 13 ans et plus et dont l’activité individuelle ou collective indique qu’ils peuvent porter atteinte à la sécurité publique. Sont visées les actions de violences collectives, en particulier en milieu urbain ou à l’occasion de manifestations sportives.
 
_ Le Fichier relatif aux enquêtes administratives : pour les mineurs de 16 ans et plus ayant fait l’objet d’une enquête administrative liée à la sécurité publique.
 
Ces deux fichiers remplacent les fichiers “EDVIGE” et “EDVIRSP” que le gouvernement a dû abandonner.
 
 La Base Elèves, elle, concerne tous les enfants, qu’ils soient sages ou pas. Et le danger est général et d’autant plus grand qu’aucun contrôle ne garantit le bon usage des données récoltées ni leur destruction ultérieure. La CNIL ne joue plus aucune rôle de surveillance et la sécurisation des données ignore complètement le respect des dispositions légales.
Les données collectées dans Base Elèves alimentent le traitement Base Nationale des Identifiants Elèves (BNIE) avec conservation de l’état civil de l’élève et son parcours scolaire pendant 35 ans contrairement à ce qui a été déclaré à la CNIL lors de la création de Base élèves.
 
Enfance fichée, avenir fichu !

Sortir la France de son coma artificiel

Pour Johnny, c’est fait. Mais pour la France, pas encore. Loin s’en faut ! Comme Johnny, notre pays a été plongé délibérément dans un coma artificiel dont il n’est pas encore sorti. Cette thérapie, plus connue sous le nom de “France d’Après”, lui fut prodiguée pour son bien dit-on, pour lui épargner des souffrances insoutenables. D’où cet endormissement profond sous la propagande et le strass. Pour l’en sortir, il n’est qu’un seul remède (mais à ce point on peut parler d’antidote) : l’inversion du processus !

Plongée dans un coma profond, la France ne réagit plus. Quel mauvais chirurgien l’a massacrée avec son bistouri pour la plonger ensuite dans ce coma prétendument thérapeutique ? Pour le comprendre, il faut remonter un peu dans le temps. Cela commença au début des années 2000 avec le thème de la sécurité érigé au rang de doctrine et cela continua avec la pipolisation à l’extrême du moindre mot, du moindre geste de deux candidats à l’Elysée. Oh ! Il y a bien un qui s’est essayé à faire appel à l’intelligence du Peuple avant qu’elle ne s’éteigne tout-à-fait. Mais il était trop tard. Il s’en tira néanmoins avec un score honorable qui laisse augurer quelque espoir dans l’avenir…

Oui, espoir. J’ose ce mot. Car il me semble que mon pays n’a pas été lobotomisé mais simplement plongé dans un coma temporaire. Plongé dans la sidération par la dictature de l’image, de l’immédiateté, de l’argent-roi, des paillettes et des stars de la politique. Régulièrement des piqûres de rappel viennent renvoyer ce grand corps, toujours réticent aux fers et aux tyrans, au pays de Morphée : un peu d’idéologie nationaliste, un zeste de chasse au mauvais Français, deux doigts d’emphase et de mensonge et un doigt de Besson !

On prie aujourd’hui les musulmans (catégorie dans laquelle on englobe tout ce qui est basané) de laisser leurs minarets à l’entrée et de s’essuyer les pieds dans le paillasson judéo-chrétien, tellement usé qu’on ne parvient plus à lire le mot écrit dessus : “bienvenue”. On somme les jeunes de ne pas parler verlan et de respecter les codes vestimentaires digne d’une France des années 40 qu’on voudrait bien restaurer. Le couvre-feu n’est pas oublié et l’uniforme, c’est pour bientôt ? Halte ! N’entre pas qui veut dans le sanctuaire judéo-chrétien de la nation fille aînée de l’Eglise qui, honorant Sa Sainteté Benoît XVI, a inventé le concept de laïcité positive et le principe de supériorité du croyant sur l’athée.

Une puissante médecine maintient le pays en coma artificiel. Cette thérapie de choc comprend : une efficace propagande financée par les impôts de tous, une manipulation des sondages, des procédés de diversion du regard et du cerveau par le divertissement (TF1, presse people, et les jolies dames à bijoux et à toilettes qui se pavanent, la première d’entre elle alliant le ramage au plumage). Sans oublier les coups d’éclat de notre monarque et ses saillies amusantes. Le “DRH du parti socialiste”, recalé au prix Nobel de la paix, et ridiculisé par le ratage du sacre de son fils cadet, parvient toujours cependant à maintenir endormie la France où les grèves ne se voient plus, paraît-il. Sauf évidemment celle - prévisible - de Rachida Dati, députée européenne, du moins c’est ce qui est écrit sur sa fiche de paie, et dont le “drame” nous fait écraser une larme de compassion tant les autres misères ne sont à côté que vaines et indécentes jérémiades.

Voilà l’état du malade ! Il a régressé à l’état antérieur, il a été remis à l’époque de la monarchie et de la richissime aristocratie aux privilèges exorbitants, toujours plus grands ! Une noblesse qui s’amuse de tout et qui se fiche du tiers-état comme du quart. Et il serait parfaitement illusoire d’espérer que le médecin qui a prescrit le coma artificiel décide un jour de lui-même de l’en sortir. Il commence même à effacer la mémoire et à remodeler son Histoire à sa façon, à lui greffer de faux souvenirs.

Le patient ne pourra s’en sortir que par lui-même en inversant le processus : retour à la sobriété et à l’authenticité, à l’échange, au débat autour de vraies lois, véritablement applicables et surtout justes, restauration des lieux de démocratie : l’Assemblée (où les députés ne font plus que passer), les médias libres, le Peuple lui-même qui est muselé devant sa télé qui lui déverse des flots d’idéologie parfois subliminale mais qui tend de plus en plus à se montrer au grand jour et à montrer crûment son affreux fondement.

Pour sortir la France de son coma artificiel, il faut commencer à agir dès à présent et ne pas attendre le moment où l’électrochoc sera rendu nécessaire.

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Qui va payer la dépendance ?
tavernedespoetes - 09 février 2010
tavernedespoetes
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