Le débardeur

Il faisait chaud dans l’atelier.
Alors vous vous découvriez.
A la tâche vous vous atteliez.
Enfin, le soir vous m’ouvriez

Les portes de votre atelier.
Le torse nu, vous m’appeliez.
Là dans la sueur et l’essence,
Vous faisiez chavirer mes sens.

C’était par un été torride.
A la radio passait Lou Reed
Qui chantait Walk on the wild side.
Et vous étiez mon Mister Hyde.

Au milieu de votre établi,
Des taches de graisse, de cambouis,
Il n’y eut plus de code établi.
Plus de tabous, plus d’interdits.

Malgré la chaleur du soleil,
Vous remettiez le débardeur.
Et c’étaient des nuits sans sommeil.
Et vous m’aimiez avec ardeur.

Un jour l’atelier a fermé.
On a démonté les machines
A la cloche de bois pour la Chine.
Et mon coeur aussi s’est fermé.

Pour toujours et comme un étau
Dans l’atelier il s’est serré
Sur une chanson d’Léo ferré
Qu’on entendait à la radio.

Il faisait chaud dans l’atelier.
Alors vous vous découvriez.
A la tâche vous vous atteliez.
Enfin, le soir vous m’ouvriez

Les portes de votre atelier…

Voris Bian 13 février 2012

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