Siéyès, we can !

« Qu’est-ce que le tiers état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? À y devenir quelque chose. » Ces paroles fameuses reprennent tout leur sens aujourd’hui où l’on voit que le Citoyen est relégué au simple rang d’électeur d’une politique spectacle où il n’a jamais son mot à dire. Si l’abbé Siéyès a pu faire sa révolution et insuffler l’âme de la Révolution française et si, de l’autre côté de l’Atlantique, le « Yes we can ! » d’Obama a pu résonner, c’est que nous pourrions nous écrier aussi en votant le dimanche 7 juin : « Siéyès, we can ! »


Qu’est-ce qui nous interdit de déclarer en votant le dimanche 7 juin : « Siéyès, we can ! » ? Et bien peut-être notre mauvaise conscience de citoyens ! Car qu’avons-nous fait de cet acquis de la Révolution obtenu au prix du sang d’hommes et de femmes – et même d’enfants  ! – qui nous ont légué le concept de Citoyen. Nous avons une dette envers eux et en particulier envers l’abbé Siéyès, l’auteur du pamphlet « Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? »

Dimanche 7 juin se présente une occasion de nous acquitter en partie de notre dette en nous rendant aux urnes pour rappeler à ceux qui nous gouvernent sans notre avis – et même souvent contre notre avis – que le pouvoir réside dans la Nation qui appartient aux citoyens.

Sieyès fut le premier à théoriser la souveraineté nationale : la souveraineté appartient à la Nation, constituée par le tiers état, représenté par des parlementaires réunis en assemblée nationale. Voici l’extrait célèbre de son pamphlet « Qu’est-ce que le tiers état ? ».

« Le plan de cet écrit est assez simple. Nous avons trois questions à nous faire :1 Qu’est-ce que le tiers état ? Tout.
2 Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien.
3 Que demande-t-il ? À y devenir quelque chose.

On verra si les réponses sont justes. Nous examinerons ensuite les moyens que l’on a essayés, et ceux que l’on doit prendre, afin que le tiers état devienne, en effet, quelque chose. Ainsi nous dirons :

4° Ce que les ministres ont tenté, et ce que les privilégiés eux-mêmes proposent en sa faveur.
5° Ce qu’on aurait dû faire.
6° Enfin, ce qui reste à faire au tiers pour prendre la place qui lui est due
. »

On voit que ces mots qui furent écrits avant la Révolution gardent toute leur actualité et que les questions posées restent les mêmes. Je dirai qu’elles se posent avec plus d’acuité encore aujourd’hui puisque le chemin parcouru n’est pas à la hauteur des exigences de Siéyès et des révolutionnaires.

Bayrou s’est directement inspiré de Siéyès pour écrire son livre « Au nom du tiers état« . Dans cet ouvrage d’avant la Présidentielle de 2007, il consacre une longue préface à la nécessité de changement de régime, parce qu’il constate un fossé de plus en plus profond chaque jour entre le pays réel et le pouvoir légal. Si changement de régime il y a eu avec Sarkozy, c’est en termes de vitesse qu’il faut l’entendre et non sur un plan institutionnel, la réforme passée venant conforter le régime en place.

On trouve dans ce livre ces mots que je trouve très justes et qui sont fondés sur des siècles de pensée et de pratique démocratiques : « Partout où le citoyen est respecté, où la transparence est imposée, où les règles sont strictes, le droit appliqué, où les gouvernants ne peuvent pas faire n’importe quoi, la société progresse plus vite, elle est plus prospère, plus juste, plus inventive. La démocratie n’est pas le fruit du développement, elle en est la condition, le moteur. »

Il nous revient aujourd’hui de redonner sa force originelle à l’idée de citoyen. J’affirme que ce n’est pas d’un ministère de l’identité nationale dont nous avons besoin mais d’un ministère du Citoyen !

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Nous avons une Bastille à prendre !

L’Europe ne doit pas se faire sans nous ! Plus encore, sachez qu’il y a une Bastille à prendre ! Cette nouvelle Bastille a pour nom José Manuel Durão Barroso, ce président de la Commission européenne élu par défaut, maintenu par faiblesse, et qui allègrement est passé de l’extrême gauche radicale de sa jeunesse au sarkozisme le plus fervent, au néolibéralisme échevelé. Si le 7 juin pouvait être un jour citoyens, si ce jour-là, un vote massif d’électeurs révoltés pouvait renverser Barroso et le renvoyer dans ses pénates, alors ce serait une grande victoire et un avertissement pour les libéraux qui tiennent l’Europe en esclavage !

Rien de plus facile en réalité. Etant donné le fort absentéisme pressenti aux urnes le 7 juin, une mobilisation déterminée de citoyens pourrait peser lourd en termes de pourcentages des suffrages exprimés. En France, l’ »UMPS » tient le haut du pavé des prévisions et compte bien s’en tenir au statu quo, à savoir le maintien de Barroso dans ses fonctions. Or, il faut savoir qui est Barroso.

Barroso, la carpette du libéralisme débridé

Cet homme qui militait à l’extrême-gauche dans sa jeunesse est devenu le béni oui-oui des gouvernements les plus libéraux, le valet de Sarkozy et de l’Angleterre.

Selon Wikipedia, il est l’initiateur d’un comité secret ayant pour mission de répandre les OGM en Europe en se passant de l’avis de citoyens et en se gardant de les informer. « José Manuel Durão Barroso a mis sur pied une commission de travail, dite Groupe des Sherpas, dont ni les missions ni le nom des participants n’ont été rendus publics, mais dont l’objectif est d’accélérer l’introduction des OGM en Europe, malgré les réticences des opinions publiques » (source Contre Info 31 octobre 2008).

François Bayrou prend pour cible M.Barroso, l’anti-citoyen

Un article du monde du 12 mai titre « M. Barroso, l’autre cible de M. Bayrou » et Jean-François Kahn, candidat du MoDem pour le Grand-Est le dit plus vertement : « Je veux virer Barroso ! » On sait que l’UMP se fait discrète sur l’élection européenne afin que l’absentéisme et les sondages lui restent favorables et ainsi maintenir dans ses fonction le valet du néo-libéralisme. Il faut se rappeler que Barroso fut élu par défaut lors d’un second tour mou qui permit à la Grande-Bretagne de l’imposer.

Très attaché au libéralisme économique, et ce malgré l’échec de ce système que nous montre la crise actuelle, Barroso fut aussi le souteneur, aux côtés de Sarkozy, du traité simplifié. L’homme par ailleurs est sans consistance. La règle pour Barroso ? « Le dernier qui a parlé a raison » ou le plus puissant. Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen, le décrit ainsi : « Quand il parle aux socialistes, il est socialiste. Quand il parle aux libéraux, il est libéral. Il dit aux gens ce qu’ils veulent entendre« .

Bien vu, et pourtant ce sont bien les socialistes européens qui, par faiblesse ou double discours, ont renouvelé le mandat de Barroso. François Bayrou appuie donc sur ce point parce que dans cette affaire les socialistes européens furent pris en flagrant délit de lèse-citoyens. Bien que dénonçant la responsabilité de la Commission dans la déréglementation en Europe, la gauche s’est montrée incapable d’empêcher la reconduction automatique de Barroso par les membres du Parti socialiste européen (PSE) que sont Gordon Brown, Zapatero et le Portugais José Socrates. On le voit les atermoiements socialistes ne répondent plus à l’exigence pressante qui est de redonner sa place au citoyen et de faire face à la crise par des solutions qui ne soient pas que libérales.

Portrait d’un futur vrai président de commission :

Il faut de la fermeté pour remercier Barroso comme il se doit, c’est-à-dire par les urnes, par un vote non UMPS. Le MoDem, crédité d’un score intéressant (autour de 13,5 %), milite depuis sa création pour un rôle actif du citoyen et une transparence dans les décisions prises tant en France qu’en Europe. Il peut jouer un tour à tous ceux qui pensent avoir fait main basse sur l’Europe et qui comptent sur l’absentésime pour renforcer leur position. Dans une interview accordée au site Internet de France 2, Marielle de Sarnez, tête de liste européenne en Ile-de-France, dessine le portrait de ce qui serait à ses yeux députée européenne un président idéal de commission  : « un président de Commission authentiquement européen qui défendra pendant les cinq prochaines années la vision d’une Europe sociale, durable et solidaire, et qui sera indépendant des chefs d’État et de gouvernement. »

Elle fait aussi cette proposition cash : « Pour que ça marche, il faut aussi davantage de démocratie et de transparence. Nous faisons une proposition : qu’il n’y ait plus un seul texte européen qui soit débattu et adopté sans qu’il n’ait été porté à la connaissance des citoyens au moins trois mois à l’avance. Et nous demandons aussi que les réunions du Conseil européen soient publiques et retransmises sur Internet pour qu’il n’y ait plus de double langage de nos gouvernants, favorables aux décisions européennes quand ils sont à Bruxelles, et opposés quand ils rentrent à Paris ! »

François Bayrou, interrogé par le journal « La Tribune » le 18 mai, a réaffirmé sa conviction très forte que « l’Europe doit davantage affirmer sa résistance au modèle néo-libéral. » « Mes amis n’ont pas voté Barroso la dernière fois« , rappelle-t-il, « et ils ne voteront pas Barroso cette fois ci. Pour deux raisons « dont chacune est suffisante seule » comme dit Cyrano. D’abord, la Commission devrait montrer son indépendance vis-à-vis des gouvernements, alors que Barroso a sans cesse fait preuve de suivisme. Ensuite, son orientation est trop ultralibérale à mes yeux. Il est d’ailleurs soutenu pour cela et par le PPE (groupe du parti populaire européen auquel adhère notamment l’UMP et la CDU, ndlr) mais aussi par le PSE (groupe du Parti socialiste européen). Les socialistes et la droite européenne se sont entendus sur Barroso, Zapatero l’a dit, ce qui oblige les socialistes français à pratiquer un curieux double langage. J’ai, pour ma part, proposé Guy Verhofstadt, l’ancien Premier ministre belge, ou l’ancien commissaire européen, Mario Monti. Mais il peut y en avoir d’autres dans d’autres familles européennes… »

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L’alphabet européen de Marielle de Sarnez

Je pensais connaître assez l’Europe pour m’en faire une idée assez précise et me rendre aux urnes dimanche 7 juin prochain. Mais en lisant le « Petit dictionnaire pour aimer l’Europe » de Marielle de Sarnez, je dus admettre que j’avais des lacunes. La députée européenne nous fait partager son expérience à travers ce petit ouvrage qui va droit à l’essentiel. Le ton est neutre ; il n’est pas polémique contrairement à celui de Bayrou dans « Abus de pouvoir » paru depuis. Le contenu est sobre et utile.

Facile à lire l’alphabet de Sarnez sur l’Europe ! Pratique aussi : On peut aller directement à la question qui nous intéresse. on pourrait prendre cela pour un inventaire à la Prévert où les bananes côtoient les tulipes, l’Airbus et la BCE. Mais la démarche est expliquée : Marielle de Sarnez a souhaité initier le lecteur au phrasé court du député européen encadré dans un temps de parole de deux minutes. Pas de chapitres à longueurs donc même sur des sujets qui tiennent à nos coeurs de Français, comme les fromages ! Un exercice d’équilibre imposé et réussi.

Pourquoi cette méthode alors que les rubriques pouvaient être regroupées de façon cohérente par grands thèmes ? L’auteur pouvait par exemple rassembler plusieurs thèmes sous une rubrique générale appelée « L’Europe et le reste du monde ». Elle évoque le Kosovo, le Darfour, l’Irak, le Dalaï-Lama, la Chine… A propos de la Chine et du Dalaï-Lama, elle déplore la position divisée de l’Europe sur la question des JO de Pékin et la diplomatie à part de Sarkozy qui s’y rendit mais ne daigna rencontrer le Dalaï-Lama qu’hors de France : en Pologne ! Si encore ce geste avait permis de contenter la Chine mais celle-ci ne ne lui saura aucun gré. Sarkozy a perdu sur les deux tableaux, dit Marielle de Sarnez.

On apprend des choses intéressantes à la lecture de ce livre. Par exemple que la première bulle spéculative fut européenne : la bulle de la tulipe, que ce sont les Français qui ont imposé à l’Europe l’heure d’hiver et l’heure d’été, pour râler après et demander à revenir en arrière, ce qui supposait que les autres pays européens se réorganisent en sens inverse, ce qu’ils ont refusé.

Cet ouvrage ne se lit par forcément d’un trait puisqu’il est fait de courtes rubriques. En tournant les pages au hasard, on peut en savoir plus sur Erasmus ou Daphné, de curieux noms pour des programmes politiques. La fervente députée européenne perpétue Erasmus, l’enfant de Jacques Delors. Elle s’investit activement dans son développement. Car la construction européenne, c’est aussi cela : prolonger l’oeuvre des prédécesseurs et bien sûr des pionniers.

La députée européenne fait bien entendu le tour des institutions de l’Europe : le Conseil, le Parlement, la Cour de justice, les traités, la banque centrale. Le tout d’une façon très pédagogique et limpide. L’opinion partisane que l’on s’attend à voir émerger à chaque tournant se fait discrète, en tout cas fort peu dogmatique. Instruire le citoyen est la mission première de ce petit lexique.

Car Marielle de Sarnez est persuadée que le 7 juin prochain est un rendez-vous citoyen ; elle milite pour que ce dernier prenne une place plus importante dans les débats et les institutions européennes. La députée européenne et vice-présidente du MoDem considère les citoyens européens comme responsables de leur destin. Marielle de Sarnez renvoie très souvent la balle au citoyen mais en lui donnant les éléments pour juger par lui-même. Ainsi sur la question des OGM ou de l’entrée de la Turquie en Europe. « Petit dictionnaire pour aimer l’Europe » est un modèle de livre pour “citoyens engagés”, intéressés par le débat.

Pour les élections européennes, Marielle de Sarnez espère de toutes ses forces qu’un réveil citoyen fera dresser un barrage contre Barroso, le président de Commission que les démocrates, toute tendances confondues, considèrent comme un béni-oui-oui du néolibéralisme. Les peuples européens ont besoin de s’affranchir de cette détestable gouvernance marionnette dictée par les gouvernements libéraux et qui foule au pied la démocratie comme l’idéal européen. Pour porter cet idéal et lui redonner souffle à un moment où la crise économique appelle un sursaut, un projet commun solide et une vision plus communautaire, il faut un européen authentique au poste de président de commission. Mais ça, c’est une autre histoire, et pour cela il faut commencer par aller voter le 7 juin !

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Le MoDem ne fait pas de cinoche.

Le palais de Cannes qui accueille le festival de cinéma, sert aussi au MIDEM. Mais attention, nous avons bien écrit « MIDEM » et pas « MoDem. » Et, comme ont dit au cinéma, toute ressemblance avec un nouveau parti politique serait purement fortuite. Le MoDem, certes « valeur montante », ne jouera pas les vedettes à Cannes.

Le Mouvement Démocrate est aujourd’hui sur les plus hautes marches. On le donne à 14 % environ dans les sondages pour les élections européennes du 7 juin. Mais sa popularité, il ne la doit pas à l’hypermédiatisation de ses leaders. Il ne fait pas son cinéma, n’use pas des effets spéciaux et ne recherche pas la palme. Paillettes et or ne sont pas dans sa devise. On ne le verra pas à Cannes pour le festival.

Avertissement : Ceci est une parodie. Il est permis et même vivement recommandé de s’en amuser.

« Le MoDem ne fait pas de cinoche. »

Pourtant acteur de premier plan,
Bon dans un rôle de président,
On verra pas François Bayrou
Y faire le paon, y faire la roue.

Si l’on y parle de Marielle
Ce sera de Jean-Pierre Marielle
Marielle de Sarnez n’y va pas ;
Elle se prend pas pour la Diva !

L’écologiste Yann Wehrling,
Ne se prend pas pour Charles Berling
Pas plus pour l’Homme de Rio !
Auteur, il fera pas de scénario.

Vous verrez pas Robert Rochefort
Se faire passer pour Jean Rochefort.
Lui son credo c’est le CREDOC,
La vie, la vraie, et pas le toc !

Et Bennahmias issu des Verts,
N’aime pas ces faux univers.
Il n’ira pas en journaliste :
Au Sud-Est, il est tête de liste.

Corinne Lepage voudrait bien,
Se mettre sur son 31,
Mais pour quitter Cap 21,
Il lui faudrait un Jean Gabin !

Beaupuy trouverait ridicule
Sa bobine sur la pellicule.

Il veut jouer un rôle central,
Seulement dans le Massif central.

Sylvie Goulard, par goût de l’art
investirait le Septième art ?
« Non ! mais t’es complètement à l’ouest ! »
Elle reste candidate à l’Ouest.

S’il fait son festival de Kahn,
Le MoDem n’ira pas à Cannes.
Avec « Jean-François l’Insolent »,
On dit qu’il aurait pu pourtant…

Tous les candidats du Mouvement Démocrate aux élections européennes.

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François Bayrou de Montesquieu

Il faut prendre garde à ne point changer l’esprit général d’une nation”, avertit Bayrou dans son livre dont le titre « Abus de pouvoir » rappelle une autre pensée de Montesquieu : « C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir a tendance à en abuser. Tout homme va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le nierait ! La vertu même a besoin de limites. » Le président du MoDem puise souvent dans les idées de Montesquieu : théorie des équilibres – des poids et contrepoids -, de la séparation des pouvoirs…

Dans « Abus de pouvoir », François Bayrou rappelle quels sont les grands fondateurs de sa pensée et de ses profondes convictions : Pascal, Montesquieu, Hugo, Péguy. Mais dans ses discours, c’est surtout de Montesquieu qu’il se réclame. Tout dernièrement, il a repris l’une de ses citations : « Prenez garde à ne pas changer l’esprit général d’une ­nation. » car, ajoute Bayrou, « C’est très important de comprendre que nous sommes à la fois des héritiers et des constructeurs. Pour un peuple comme le nôtre, l’Histoire nous ­invite à dire où nous voulons aller. »

Bayrou fit aussi de la théorie de la séparation des pouvoirs l’un des crédos de sa campagne présidentielle. En son temps, Montesquieu avait, dans l’Esprit des lois, théorisé la nécessité pour les trois pouvoirs – exécutif, législatif et judiciaire – d’être constitutionnellement protégés. François Bayrou y a ajouté un étage supplémentaire : la presse qui doit, elle aussi, bénéficier de cette protection constitutionnelle. La démocratie française a autant besoin de journalistes libres et indépendants que de juges libres et indépendants. C’est une raison forte de l’engagement de Jean-François Kahn pour le MoDem aux élections européennes. Le journaliste à l’origine de la révélation de l’affaire Ben Barka se montre aussi intransigeant sur cette question. Les photographies truquées, la censure ou l’auto censure dans les médias, toutes ces choses ne sont pas acceptables dans une bonne démocratie. Pas plus que la possession pus ou moins directe de ces médias. Montesquieu n’aurait pas dit le contraire ! On a vu ces derniers jours TF1 licencier un de ses employés sur dénonciation du ministère de la culture (qui s’en défend), montrant encore une fois dans cette déplorable affaire une preuve de collusion entre certaines puissances médiatiques et le pouvoir en place. De même, la direction de TF1 a refusé à Bayrou le droit de venir présenter son dernier livre alors que Sarkozy était venu parler du sien auparavant.

Les principes de Montesquieu ne se limitent pas à la séparation institutionnelle des pouvoirs et à la garantie de leur indépendance. Ils consistent aussi en des principes de raison. Bayrou n’a eu de cesse de les rappeler partout comme ce jour de novembre 2007 au zénith d’Orléans devant quelques centaines de personnes : « Si je suis élu président, je vous promets une révolution. Je vous promets une République honnête, dans laquelle il n’y aura pas de réseaux, pas de mafias, pas d’influences souterraines« , une « République honnête« , fondée sur « la vertu« , celle qui existe dans les livres. L’homme, pétri des valeurs héritées de Tocqueville et Montesquieu, croit en ce qu’il dit et ces mots prennent aujourd’hui une résonance toute particulière quand on entend parler à longueur de temps de scandales d’argent : affaire Tapie, népotisme et copinage, parachutes dorés, niches fiscales, paradis fiscaux, délocalisations sauvages…

A propos de vertu, Montesquieu démontrait dans L’Esprit des lois que l’appât inconsidéré du gain conduit les états à la déchéance et que le but de lois est de rétablir de la justice là où les écarts de richesses indécents s’affichent. Bayrou ne dit pas autre chose. Il s’était engagé à restreindre fortement le train de vie de l’Elysée ; ils s’oppose avec vigueur au « plan » de Sarkozy dont le succès s’appuie sur le développement toujours croissant des inégalités. Pour le philosophe, la loi a des vertus et sa force est d’autant plus grande qu’elle reste sobre, économe : « Les lois inutiles affaiblissent les nécessaires. » Là aussi Bayrou rejoint Montesquieu : on lui a souvent reproché de s’abstenir de voter des textes mais la multiplication de lois n’a pas montrer beaucoup d’heureux effet ces dernières années. En matière fiscale comme en matière de sécurité, elles se sont avérées vaines ou peu pertinentes. Trop de lois ne font que réduire la portée des réformes. Dans cette idée, le programme de la campagne présidentielle de Bayrou ne montrait pas une frénésie réformatrice. Seules les lois vraiment vraiment nécessaires étaient envisagées comme la réforme institutionnelle qui aurait rendu la république plus équilibrée, plus parlementaire et plus citoyenne. La réforme de la justice et de l’éducation aussi.

L’Esprit des lois dénonce le légalisme qui ne fait que cautionner le pouvoir et ses excès : en gros, puisqu’une loi a été votée, elle est juste. Mais, dit Montesquieu, « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi. Mais elle doit être loi parce qu’elle est juste. » C’est l’idéal de justice qui doit guider le bras du législateur. Le sarkozisme fait voter des lois non pas au nom de ce qui est juste mais au nom du sacro saint principe de l’efficacité. Efficacité et modernisme sont les maîtres-mots. Mais sur quelles vertus ces jusitifications reposent-elles ? demanderait Montesquieu.

On pourait multiplier les exemples : « L’Europe est un État composé de plusieurs provinces » écrit aussi Montesquieu dans les « Lettres persanes » et on sait que Bayrou croit fort en la place des régions au sein de l’Europe. Montesquieu manifestait une préférence pour les gouvernements modérés (« La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés… Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.  » – L’Esprit des lois ) : « L’Europe doit être gouvernée au centre » déclare dans le même esprit Marielle de Sarnez. Et pour « arrêter le pouvoir » comme dit Montesquieu, quel meilleur moyen que le contrôle effectif du citoyen ? « Nous faisons une proposition : qu’il n’y ait plus un seul texte européen qui soit débattu et adopté sans qu’il n’ait été porté à la connaissance des citoyens au moins trois mois à l’avance. Et nous demandons aussi que les réunions du Conseil européen soient publiques et retransmises sur Internet pour qu’il n’y ait plus de double langage de nos gouvernants, favorables aux décisions européennes quand ils sont à Bruxelles, et opposés quand ils rentrent à Paris ! »

On pourra aussi voir des similitudes entre deux citations séparées de plusieurs siècles :

– « C’est une société de gens avares qui prennent toujours et ne rendent jamais ; ils accumulent sans cesse des revenus pour acquérir des capitaux » (Lettres persanes, 1721)

– « Plus les grands patrons néolibéraux augmentent leurs revenus, plus ils estiment excessif le coût de la main-d’oeuvre« . (Jean-François Kahn, Dictionnaire incorrect – 2005)

Bayrou ne dévie pas de son chemin tout tracé dont Montesquieu est l’un des guides majeurs et il répète : “Il faut prendre garde à ne point changer l’esprit général d’une nation« . Il précise : « De Gaulle a eu le génie, par exemple, de ne jamais cesser de voir la Russie sous l’URSS, en un temps où tout le monde pensait que le communisme avait gagné. » Pour la France, c’est pareil. Ce n’est pas parce qu’elle se soumet aujourd’hui aux puissances d’argent qu’elle a perdu son intégrité, son âme.

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Un nouveau droit opposable mais dans quel but ?

 

Alors que le droit opposable au logement peine à entrer dans les faits faute de places d’urgence et de logements suffisants, alors que le droit de garde des jeunes enfants ne sera pas rendu opposable cette année -dixit Nadine Morano – voici que madame le Maire de Beauvais propose au premier ministre de rendre opposable le droit à l’action sociale locale, un moyen biaisé en fait pour écarter les départements « chefs de file de l’action sociale » au profit de l’intercommunalité. Dès lors, on peut s’interroger sur la nature du rapport présenté le 5 mai.

Par lettre de mission du 13 janvier 2009, et anticipant la mise en oeuvre généralisée du RSA (en juin), le premier ministre chargeait madame Caroline Cayeux, maire de Beauvais, de rédiger un rapport sur les politiques locales d’action sociale à destination des travailleurs pauvres. Ce rapport a été rendu le 5 mai et il est en ligne sur Internet : Rapport sur les travailleurs pauvres.

Le choix de Caroline

Ce qui a déterminé le choix de Caroline Cayeux, c’est bien sûr le fait que François Fillon la connaît de longue date mais aussi l’action sociale qu’elle conduit à Beauvais depuis 2001. « Beauvais est l’une des premières villes à avoir pris en considération les travailleurs pauvres dans sa politique sociale. Le Premier ministre m’a demandé de réfléchir à des recommandations et voir si notre dispositif était transposable dans d’autres villes« , déclarait l’intéressée en janvier. 

Un droit opposable pour les travailleurs pauvres

S’appuyant sur le Plan d’Harmonie Sociale qu’elle avait mis en place dès son arrivée à Beauvais en 2001, Caroline Cayeux propose de « reconnaître un droit social au travailleur pauvre en créant un droit opposable à l’action sociale locale« . Ce droit garantirait « la préservation de la capacité alimentaire, d’un mode de vie décent, de l’accès aux soins et la prévention du surendettement« .

Guichets uniques non départementaux :

Mais Caroline Cayeux prône aussi de placer l’intercommunalité au coeur de l’action de l’action sociale. Cela remet en question la compétence aux départements en matière d’aide sociale donnée par les lois de décentralisation et toujours renforcée depuis avec l’APA (aide aux personnes dépendantes), décentralisation du RMI et du FSL, RSA. Les départements sont ainsi considérés par le législateur comme les chefs de file de l’action sociale. Mais, dit la maire de Beauvais, l’action locale est plus efficace si elle est exercée par les intercommunalités (groupements de communes ou communautés d’agglomération).

Caroline Cayeux préconise la création de centres sociaux intercommunaux qui auraient en charge de veiller à l’effectivité du droit opposable à l’action sociale locale et qui fonctionneraient en guichet unique dans chaque intercommunalité pour recevoir et diriger les travailleurs pauvres. Dès lors on peut s’interroger sur la commande du premier rministre : s’agit-il d’une étude sur l’action sociale ou d’un projet de réforme territoriale ? 
 
Sans perdre de temps, la maire de Beauvais a déjà saisi ses amis parlementaires de l’Oise pour qu’ils soutiennent et proposent une loi en ce sens. Connaissant ses liens très proches avec le premier ministre, on peut poser cette question : l’affaire serait-elle déjà pliée ? Si tel est le cas, ce serait ennuyeux car les départements n’ont pas été consultés et, par ailleurs, l’Observatoire national des inégalités dénonce ces préconisations qui ne traitent pas les causes de la pauvreté de certains travailleurs et propose, lui, une approche bien différente.

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Les chemises orange (suite et fin)

Marielle de Sarnez, tête de liste européenne en Ile-de-France, vice-présidente du Mouvement Démocrate, était l’invitée mardi 21 avril des Quatre Vérité de Télématin. Marielle de Sarnez est députée européenne et siège à la commission culture et éducation ainsi qu’à la commission des Affaires étrangères. Elle est aussi auteure d’un livre qui vient de paraître : « Petit dictionnaire pour aimer l’Europe » (Grasset). Mais comment faire aimer l’Europe ?

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Beaupuy Bennhamias Sarnez

Des Nonistes et des écologistes jouent la carte du MoDem

Comment faire aimer l’Europe ? Une partie de la réponse est contenue dans le fait que nombreux furent les “nonistes” à rejoindre le Modem, « car sensibles a son discours finalement assez social-démocrate et humaniste« , comme le fait observer un intervenant lors d’un chat sur le site du Monde avec Jean-Luc Bennahmias.

L’observation vaut aussi pour les écologistes : après Corinne Lepage, des Verts comme Jean-Luc Bennahmias et Yann Wehrling ont rejoint le Mouvement Démocrate en novembre 2008. Bennahmias est tête de liste pour le Sud-Est et Yann Wehrling est candidat en 3ème position sur la liste de la circonscription Est menée par Jean-François Kahn (secondé par Nathalie Griesbeck déjà députée européenne).

Les composantes écologiques et sociales sont bien présentes et intégrées dans le programme du MoDem pour les prochaines élections européennes.

Le temps assez court dédié aux Quatre Vérités n’a pas permis de présenter le livre de Marielle de Sarnez, « Petit dictionnaire pour aimer l’Europe ». Pour ce qui est de la recette permettant de mieux apprécier l’Europe, nous resterons donc momentanément sur notre faim…

Quelques questions dans le champs de compétence de Marielle de Sarnez : Affaires étrangères, éducation

Mme de Sarnez fut interrogée sur les Affaires étrangères, domaine qu’elle connaît bien (rappelons qu’elle siège à la commission européenne des Affaires étrangères). A ce titre, elle désavoua la présence de la France à la conférence de l’ONU sur le racisme où le discours haineux du président iranien était, hélas, prévisible et attendu. La France, contrairement aux Etats-Unis, est allée se compromettre à ce sommet. Puis, répondant à la question du journaliste sur les excuses de Ségolène Royal, elle renvoya dos à dos Sarkozy dont les propos sont inacceptables et Royal pour sa « repentance » trop systématique.

Marielle de Sarnez est aussi membre de la commission européenne de l’éducation et dans ce cadre, elle fut à l’initiative du programme Erasmus Mundus qui a permis dès la rentrée 2004, aux étudiants et aux enseignants-chercheurs européens d’effectuer une partie de leur cursus à l’intérieur de l’Europe.

L’esprit d’Erasmus est d’ouvrir aux pays tiers la possibilité de faire venir leurs étudiants les plus talentueux en Europe, avec une bourse conséquente, pour y suivre un master ou un doctorat Erasmus Mundus en allant dans trois universités d’au moins trois pays différents. Au lieu d’aller vers les Etats-Unis, le Canada ou vers l’Australie, cette matière grise peut désormais bénéficier d’un programme d’aide européen. Ce programme est un véritable succès. Le premier programme a concerné plus de 6000 étudiants, plus de 1000 enseignants qui sont venus des pays tiers pour faire des recherches dans les universités européennes. 103 masters, plus de 400 établissements d’enseignement supérieur. La deuxième génération d’Erasmus Mundus s’avère encore plus prometteuse avec un budget bien plus important. « Tout ceci évidemment est de nature à faciliter le dialogue inter culturel et c’est extrêmement important. Bref, dans un moment de difficultés pour l’Europe, Erasmus Mundus est franchement une bonne nouvelle”, s’enthousiasme Marielle de Sarnez.

L’écologie, l’éducation, la culture, voilà effectivement trois bonnes raisons pour donner envie de voter démocrate aux Européennes.

Logiciels libres, Hadopi, le règlement de la crise

La promotion de la culture passe aussi par les logiciels libres et, là, Marielle de Sarnez a signé le pacte de l’APRIL relative au logiciel libre. Ce n’est guère nouveau, le MoDem s’est toujours prononcé en faveur du logiciel libre au Parlement européen ; il milite depuis de nombreuses années en faveur de ce mode de développement collaboratif. D’ailleurs, les sites du Mouvement Démocrate sont conçus uniquement avec des logiciels libres. Les leaders de ce parti ont également apporté leur soutien aux nouveaux medias tels que Mediapart.

Les députés du MoDem sont opposés à la loi Hadopi.

Une autre raison de se forcer à aimer l’Europe est le règlement de la crise. Le MoDem propose de lancer un grand emprunt européen pour relancer l’investissement, financer des grands projets, soutenir les PME et les ménages les plus en difficultés, car la France ne peut pas grand chose seule et risque même de perdre de l’argent pour peu ou pas de résultats. .Marielle de Sarnez, dans les Quatre Vérités rappelle que le plan français n’est qu’un assemblage de mesures qui étaient déjà programmées et que le gouvernement s’est contenté d’appliquer par anticipation. L’autre voeu du MoDem est que l’Europe se sépare de Barrosso jugé trop à droite et trop servile à l’égard des gouvernements. Sarkozy s’accommoderait au contraire très bien de cet homme qui sert les intérêts de ses amis, d’où le peu d’empressement de l’UMP à faire campagne pour les élections européennes. Bennahmias rappelle la volonté que le Mouvement démocrate et le Parti démocrate européen proposeront dans les semaines qui viennent d’autres personnes pour diriger la Commission européenne que M. Barroso. L’UMP défend au contraire la reconduction de M. Barroso.

Aimer l’Europe démocrate, c’est donc chasser la droite qui dirige à la place des eurocitoyens et contre leurs intérêts.

Service public et diversité

C’est aussi défendre le service public. A ce propos, la Commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen a adopté, le 31 mars 2009, un amendement déposé par Bernard Lehideux, député européen MoDem, au rapport Silva Peneda (PPE) “sur l’agenda social renouvelé” qui “demande à la Commission de présenter une proposition législative tendant à garantir la sécurité juridique des services sociaux d’intérêt général” (amendement 79).

C’est aussi promouvoir la diversité autrement que par des ministres people plus ou moins indispensables et qui font vitrine. Fadila Mehal est présidente-fondatrice de l’association les “Marianne de la diversité” et milite activement depuis de nombreuses années pour la parité et la représentation de la diversité de la France. Elle est candidate sur la liste Ile-de-France menée par Marielle de Sarnez et Bernard Lehideux. Son combat est aussi pour qu’un jour la commission européenne soit enfin responsable devant les 500 millions d’Européens.

Enfin, Jean-Marie Beaupuy est tête de liste dans le Centre. Lien.

Le mot de conclusion est laissé au président du MoDem : Les douze engagements européens présentés par François Bayrou.

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Les Chemises orange (1)

 

La comparaison avec les Chemises rouges de Thaïlande est osée. Pourtant, les Chemises orange sont bien décidées à faire à leur manière une révolution, déterminées aussi, à l’occasion des élections européennes, à faire élire des députés motivés et compétents et à adresser un message clair et fort à Nicolas Sarkozy .

Corinne Lepage pour tourner la page

Corinne Lepage exprime le souhait que notre génération ose saisir la chance historique qui s’offre à elle au tournant de cette crise difficile qui nous contraint à revoir nos comportements. Oserons-nous relever ce défi ? Elle veut y croire dans son livre « Vivre autrement » qui paraît en avril. Corinne Lepage nous invite à réfléchir à « ce qui nous parait souhaitable et désirable« .
 
« Les technologies, l’évolution des mentalités, l’évolution dans la représentation de ce qui nous parait souhaitable et désirable, le permettent. A nous d’accepter de penser et de décider autrement. »

« La crise économique et financière est une chance historique unique de changer notre système et de répondre simultanément à toutes les crises : énergétique, écologique, alimentaire, démocratique. »

« Yes, we Kahn  » 

Jean-François Kahn nous propose de bâtir ensemble un modèle nouveau, une alternative humaniste aux deux modèles que l’on veut nous imposer en permanence, à savoir : à gauche, le « tout Etat » et à droite le « tout argent ». Mais, comme dit le poète Jean Ferrat – et « le poète a toujours raison » – nous ne devons pas nous résoudre à vivre soit dans la jungle soit dans le zoo !

 

JFK : “Je crois que de même qu’hier il y a vingt ans un type de Société qui avait mis l’État au centre de tout, l’Etat qui résumait à lui tout seul la Société a fait faillite, s’est effondré. Aujourd’hui on a un autre type de Société qui a mis l’argent, le profit, au centre de tout. Dans les deux cas l’argent ou l’État est la seule morale, la seule rationalité. Tout cela s’effondre. Il ya un vide. Il faut une alternative (et je m’engage pour ça) en mettant l’Homme au centre dans sa dimension collective et individuelle. Si on est pas capable de proposer aux gens un alternative, les gens entendront les extrêmistes, comme après la crise de 1929. Il nous faut une Société plus juste et plus humaine.”

Si on n’offre pas de perspective réellement humaniste, les gens vont finir par casser.”

“L’Europe que nous voulons est celle qui respecte l’autre

Page dédiée à Jean-François Kahn sur le site du MoDem
Robert Rochefort en thème de la consommation

« Consommer autrement » est le credo de ce super spécialiste des problèmes de consommation (Il est depuis plus de 20 ans à la tête du CREDOC – centre de recherche pour l’étude et l’observatoire des conditions de vie-). Sa conviction personnelle est que nous assistons à la fin du modèle de l’hyperconsommation et qu’il faut consommer mieux et, en particulier, « acheter moins mais mieux« . Il ne fait du reste que cautionner une tendance actuelle des consommateurs. « On a le sentiment de ne pas avoir assez d’argent pour consommer mais que la consommation est une impasse, notamment environnementale. »

Mais, dit Rochefort, la fin de l’hyperconsommation ne signifie pas pas la décroissance dont les gens, dans leur majorité, ne veulent pas. Ce que veulent les gens, c’est « retrouver les notions d’équilibre, de bon sens« , pas renoncer à dépenser.

Page dédiée à Robert Rochefort sur le site du MoDem

Sylvie Goulard et la manière :

C’est de fort belle manière que Sylvie Goulard, experte en questions européennes et bien connue outre-Rhin ainsi qu’au-delà des Alpes, nous apporte son éclairage pédagogique. Elle est notamment l’auteure de l »Europe pour les nuls ».

Elle tire aujourd’hui la sonnette d’alarme : « L’Union européenne s’est éloignée des Européens. Le plus beau projet politique de tous les temps est menacé. »
 
Le Modem s’inscrit d’ailleurs dans la tradition politique qui, en France, a toujours été la plus attachée à l’Europe. Certes, comme tous les projets humains, l’Union européenne n’est pas parfaite. Sylvie Goulard considère que l’Europe a été en partie dévoyée, notamment à cause d’élargissements nécessaires mais mal gérés, et que la solidarité fait trop défaut aujourd’hui.

Elle milite pour que les chefs d’Etats et de Gouvernements ne décident pas à la place des citoyens du choix du Président de la Commission européenne.

Page dédiée à Sylvie Goulard sur le site du MoDem

Le mot de la fin revient à François Bayrou, « l’Europe n’est pas un marché mais un projet de société. Pour nous, ça veut dire solidarité. » et les européennes seront l’occasion d’envoyer un message au pouvoir.

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Trop de politique nuit à la démocratie

Il y a tout d’abord en France une opposition gauche-droite ancienne et tenace qui cristallise cette politisation extrême de la société. Il y aussi, depuis Sarkozy, une récupération opportuniste des faits divers, des références historiques et même des thèses scientifiques d’un soir, le tout servant d’eau au moulin du président, qui est aussi chef de l’UMP. La conjugaison de ces conduites politiques nuit à la démocratie et à la place que devrait prendre le Citoyen dans la vie de la Cité.

Trop de politique nuit à la démocratie. La société ressent un besoin avant de respirer, librement ! Trop la gaver de politique, trop la prendre à partie et la déchirer pour un oui ou pour un non, ne lui permet pas de vivre à sa guise ni de cheminer à son rythme, spontanément vers une démarche citoyenne. Partant de ce constat, le Mouvement Démocrate trace une troisième voie, une voie qui entend résister à la dictature de la modernité et à la dictature de la majorité, une voie aussi qui entend replacer le citoyen au centre du système et de la vie politique. Mais rien n’est gagné d’avance…

En premier lieu, on ne peut nier qu’un grand pas a été franchi avec la création de ce nouveau parti, indépendant des autres courants politiques et qui a opéré une purge sévère par un virage à gauche lui permettant de trouver son point d’équilibre au véritable centre et non plus comme parti à la remorque du RPR ou de l’UMP. Cette grande lessive a permis le renouvellement des élites pour les élections locales mais aussi pour les européennes à venir. Mais quand on dit « grande lessive », ce n’est pas exact : ce sont des élus qui ont quitté le navire citoyen fraîchement baptisé pour se rallier au parti dominant. Tout comme des socialistes l’ont fait. C’est là une démarche déplorable et dépassée que les citoyens désireux d’un renouveau dans la manière de faire de la politique, rejettent sans compromissions. On peut dire que le MoDem est fortement et largement animé par ce désir de renouveau. Mais on ne doit pas se cacher non plus que le MoDem est aussi un parti et que tout parti a pour premier objectif – vital – de remporter des élections et de gagner des sièges. Il en résulte forcément des manoeuvres politiques et des mises en avant de personnalités plus conformes au jeu politique traditionnel, aux pronostics tirés des probabilités de remporter des sièges ou de faire les meilleurs scores ici ou là. Les échéances succédant aux échéances, le parti, bien qu’épris de démocratie, de débats et d’échanges, est obligé de se plier comme les autres à certaines règles sous peine de mourir toute simplement. Le rythme dément imposé par Sarkozy l’oblige aussi à faire sans cesse des déclarations publiques en opposition à la politique du gouvernement, ce qui induit une tactique de critique permanente plus que de construction de solutions alternatives, et une grande réactivité peu propice au débat exigeant en termes de temps et d’organisation.

En second lieu, le Mouvement Démocrate est dans une période d’assise de son « idéologie » qu’est l’humanisme. Si la première étape, sa création et le vote de ses statuts, a été propice à l’émergence du Citoyen (bien plus que dans les autres partis, il suffit de comparer), la seconde phase, celle qui consiste dans la construction d’une base doctrinale, d’un socle de valeurs premières – l’humanisme donc – semble moins donner place au Citoyen.

La première phase que nous appellerons « phase de genèse du mouvement » été citoyenne : elle a fait se mobiliser un très grand nombre de personnes qui s’engageaient là pour la première fois en politique, bien que n’étant pas forcément toutes jeunes. Un taux record d’adhésions a été relevé, un bon signe de vigueur de la démocratie. On peut parler de montée en puissance de la société civile. Il est ausi indéniable que de nombreux élus étaient de parfaits inconnus auparavant. Il y a bien eu renouvellement des élites.

La seconde phase, celle que vit actuellement le Mouvement Démocrate, est tournée vers l’élaboration d’un socle bien cimenté de valeurs qui serviront de bases de lancement aux idées des futurs programmes. On le voit déjà avec la préparation de la campagne des Européennes. Dans cette phase, qui n’est plus consacrée au recrutement et aux statuts internes mais aux choix des lignes de pensée, l’humanisme est très souvent mis en avant et le Citoyen un peu oublié.

L’humanisme, c’est quoi ? Certains sceptiques s’écrient : « L’humanisme, cela ne veut rien dire ! Tout le monde peut se dire humaniste ». Ils n’ont pas tort sur le fond. Néanmoins, il faut bien comprendre que le terme prend ici un sens politique. Ce qu’il faut entendre par « humanisme » du MoDem, c’est un marquage sur le plan des idées différent des deux grandes doctrines : celle qui repose d’abord sur l’Etat et celle qui croit avant tout à l’argent. Le MoDem positionne son humanisme politique en-dehors de ces deux voies et veut placer l’Humain au centre des valeurs et des réformes. Ensuite, c’est aussi une forme d’opposition claire à la politique de Sarkozy. Le sarkozisme, c’est « les copains d’abord », le MoDem, c’est « l’humain d’abord ».

Voilà très grossièrement dépeint l’humanisme démocrate qui est, répétons-le, une variante politique de l’humanisme, un positionnement sur l’échiquer. Ce qui signifie que le Mouvement Démocrate ne se prétend pas détenteur universel et exclusif de tout l’humanisme hérité des siècles de civilisations ! Le centrisme ainsi rénové se veut au contraire humble et admet qu’il y a aussi du bon à gauche comme à droite comme dans les différentes civilisations. Ainsi, il ne souscrit pas au discours de Dakar ni au discours de Latran qui s’appuient sur le postulat de l’infériorité d’êtres humains par rapport à d’autres : les dominants ! L’homme africain n’est pas inférieur à l’homme occidental ; le laïc n’est pas inférieur au croyant catholique.

Sur le plan politique, le MoDem aspire à travailler avec ce qu’il y a de meilleur, d’honnête et de volontaire des deux côtés. Car cette guerre droite-gauche n’a que trop duré et sape la démocratie qui doit accéder aujourd’hui à un stade plus élevé de maturité. Cet affrontement de tous les instants et à propos de tout est une excellente stratégie de racolage des électeurs mais c’est une piètre et même dangereuse méthode de gouvernement. Elle rend le pouvoir autiste et fermé au dialogue : le camp élu se croit détenteur de toute vérité et s’emploie quasi exclusivement à faire sa propagande et à étouffer la voix de l’opposition. Toute cette énergie dépensée n’est pas investie dans le travail de gouvernement ni dans la voie du progrès.

Mais alors, le Citoyen ? Il semble momentanément mis en parenthèse. au MoDem. Je citerai à titre d’exemple les propos de Sylvie Goulard, tête de liste du MoDem pour les européennes, interrogée par les Jeunes démocrates du Finistère sur les moyens d’impliquer davantage le citoyen dans l’Europe) « Je ne connais pas ’le citoyen’. Je connais des êtres humains, hommes ou femmes, tous différents. Et c’est cette diversité humaine qui est le charme de l’Europe. C’est en rencontrant d’autres personnes, en faisant des échanges, du commerce, des voyages que chacun peut « faire l’Europe ». Cessons de croire que l’Europe doit nous dire comment nous impliquer. Impliquons-nous, chacun là où nous sommes. »

Et voilà comment on escamote – du moins provisoirement – le Citoyen au profit de l’humain. Rien n’est gagné donc mais rien n’est perdu, loin de là ! Souvenons-nous du projet de réforme de VIème République. Ce projet révolutionnaire comportait plusieurs propositions qui visaient à renforcer la place du Citoyen dans la gestion des affaires du pays : non cumul des mandats (réduire le carriérisme en politique et ouvrir aux citoyens), développement du référendum, mode de scrutin parlementaire comportant une bonne part de proportionnelle (pour rompre la logique des deux blocs et favoriser la diversité d’opinions aux chambres), etc. Ce projet n’est pas passé puisque que c’est Sarkozy qui a été élu et qu’il a préféré imposer sa réformette qui ne fait rien avancer du tout, ou presque dans l’idée d’une place plus grande pour le Citoyen (on notera cependant l’élargissement de la base de saisine du Conseil constitutionnel).

« Trop de politique nuit à la démocratie », il faudra répéter ce message de temps en temps au MoDem pour qu’il ne s’installe pas, par commodité, par conformisme, dans un mode de fonctionnement traditionnel, de type « UMPS ». Pour qu’il n’oublie pas le Citoyen. S’il l’oublie, le Citoyen saura bien se rappeler à lui…

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Voulons-nous de la « France d’après » dans l’Europe de demain ?

Le 16 mai 2007, la France d’après montrait son vrai visage : le visage d’un clan de prédateurs séduit par tout ce qui brille et prêt à fondre sur les richesses du pays. Le club très fermé des puissants exhibait avec indécente (dites « transparence », c’est le mot officiel…) son avidité et sa servilité envers le marché, l’argent-roi et l’Amérique des Bush. Aujourd’hui, ça y est ! La France d’après est bien implantée avec son arsenal destructeur de solidarité, de lien social, de service public, d’emploi, d’indépendance de notre pays.


Le 16 mai 2007, la France d’après s’affichait avec « transparence » : l’opulence devenait désormais un moyen officiel de fasciner les foules, le président de la République montrant l’exemple en s’exhibant devant les médias sur le yacht de son ami, le milliardaire Bolloré. Puis, tout s’enchaînait, un énorme cadeau fiscal était consenti avec l’argent de nos impôts aux familles les plus riches, sans aucune contrepartie. Le message était clair : la France des riches se partage le gâteau avant qu’il ne disparaisse. Le sarkozisme ne s’arrêtait pas là et décidait de récompenser les amis affairistes : la commission Tapie attribuait à ce dernier un généreux pactole, offert aussi par nos impôts. Dans le même temps, de nombreux sacrifices étaient exigés du peuple : création sournoise de nombreuses taxes et de franchises médicales, refus de réévaluer les salaires, maintien des minima sociaux au rabais…Mais la France d’après continuait son oeuvre et les banquiers, les traders, les PDG du CAC40, taillaient largement leur part dans le gâteau sous le regard bienveillant et même incitateur de Sarkozy, mais dites « l’Exécutif », c’est le terme officiel et, de fait, il exécute !

Mais la pieuvre de la « France d’après » est loin d’être rassasiée : elle veut se payer l’Europe. Elle ne s’intéresse pas à l’Europe, puisque l’Amérique est son unique modèle et qu’elle a décidé qu’il n’y avait pas d’alternative, donc pas d’Europe possible. Mais elle veut l’instrumentaliser à son seul profit, étendre à grande échelle sa politique qui fait de l’inégalité un principe intangible et rémunérateur, une politique qui n’obéit qu’au marché et rêve d’en imposer les règles partout y compris dans les hôpitaux, dans les écoles et dans les maisons de retraite.

Voulons-nous de cela ? Allons-nous nous laisser abuser une fois encore par la communication populiste qui « nous » fit croire que tout cela était pour notre bien : la sécurité dans nos villes, le « travailler plus pour gagner plus », « la croissance avec les dents »… ?

L’Europe, ce n’est pas seulement une économie, c’est un projet de société, des valeurs humanistes, disent ceux qui ont refusé allégeance à ce système perfide et trompeur : « Ceux qui ont voulu limiter l’union de l’Europe à un marché ont trahi l’idéal européen. L’Europe ne peut pas se résumer à la défense de la concurrence en tous domaines et sur tous sujets. Pour nous, démocrates français et européens, l’exigence sociale, civique et écologique doit servir de point de repère. Ce sont les valeurs de l’humanisme européen qui doivent maintenant être défendues, notamment dans nos relations avec les autres puissances mondiales. » (extrait d’un texte de « 12 propositions pour l’avenir de l’Europe » proposé par François Bayrou lors d’une convention européenne consacrée à la crise le 29 mars à Paris).

« Le modèle des inégalités croissantes que l’on veut nous imposer aujourd’hui nie les valeurs fondamentales de la République » disait alors aussi le président du Mouvement Démocrate. Il appuyait ensuite ses propos lors d’une interview : « Tout ce qui fait l’originalité et l’universalité du projet républicain français, démocratique, laïque et social, tout cela, peu ou prou, Nicolas Sarkozy y a porté atteinte depuis qu’il est au pouvoir. Depuis le bouclier fiscal jusqu’aux atteintes à la séparation des pouvoirs et à l’OTAN, on conduit la France vers un modèle qui n’est pas le sien et qui minera notre pays. »

Avec la « France d’après », tout vole en éclat : laïcité, séparation des pouvoirs, l’idée du service public à la française, l’indépendance militaire de la France.

Alors, faut-il calquer sur la « France d’après » le modèle de l’Europe de demain ou bien voulons tendre vers l’humanisme européen comme le propose le MoDem ? A chacun d’en juger.

Listes du Mouvement Démocrate aux élections européennes du 7 juin 2009.

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