Ni robot ni bobo !

« Ni robot , ni bobo ! » Tel pourrait être le slogan du militant démocrate.

Pas un robot suiveur sarkoziste qui marche au sensationnel, au people, à l’argent, à l’émotion factice bon marché.

Pas un robot qui préfère rester avachi dans son canapé pour se gaver de télé et de musique mp3 le jour où le devoir de citoyen l’appelle : le jour J que les sacrifices humains du D Day lui ont redonné. Piètre reconnaissance envers ces morts pour la France libre, piètre reconnaissance pour l’Europe construite en 1945 pour sauver la paix !

Le démocrate n’est pas non plus un bobo qui se jette sur un le bulletin écologiste et, tel un gros naïf, s’imagine qu’il va faire ainsi un pied-de-nez aux libéraux alors que, le sot ne fait rien d’autre que leur lécher le cul !

Ce comportement stéréotypé d’un jour et généralisé, – ce happening géant ! – fut téléguidé par l’Elysée et Cohn-Bendit. Il a eu pour conséquence – délibérée – d’affaiblir tous les partis sauf l’UMP ! Comme si notre démocratie avait besoin de ça, comme si les pouvoirs n’étaient pas assez concentrés dans les mêmes mains.

Alors le militant démocrate dit « Non, je ne suis ni un bobo ni un robot ! Je suis un homme, une femme, libre, et je ne me laisserai pas téléguider par le pouvoir et ses alliés, je ne me laisserai pas dicter des émotions d’un jour ni abuser par des opérations à grand spectacle du moment. Je ne me laisserai pas endormir par les marchands de soupe : ni bobo, ni robot, ni dodo ! »

– Et toi Dany ?
– Oh moi, c’est bobo, robot, dodo !

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Le Vert est dans l’Orange

Le Vert est dans l’Orange. La formule doit s’entendre dans le double sens : le vert a chipé des voix au MoDem mais au MoDem il existe des écologistes qui ne gagnent qu’à être mieux connus.

La victoire d’Europe Ecologie, c’est la victoire des bobos !

Le vote des bobos, apolitiques, guidés par leur seule naïveté, a porté un coup sérieux aux partis. Mais cette victoire sans lendemains sur le plan national (Cohn Bendit ne représente pas un parti et il a dit sur France 2 hier soir « je ne suis pas français« ). Bayrou, lui, est français et il est à la tête d’un parti qui, en dépit de mauvais coups, se maintient bien. Le MoDem doit s’ouvrir davantage au citoyen et à l’écologie.

Le vote massif des bobos a servi de tremplin formidable pour le sarkozisme et le libéralisme triomphants. Bien joué, les bobos !

Et puis, il y a eu cette querelle ou plutôt ce piège dans lequel François Bayrou s’est laissé enfermer. Bayrou n’a pas gravement dérapé, encore moins « pété les plombs« . Quand un homme de la stature de Bayrou dérape ainsi, c’est qu’il y a une bonne peau de banane. En l’occurence, une peau de banane de république bananière posée sous ses pieds par le perfide Xavier Bertrand et son acolyte Cohn Bendit.

Malheureusement, des gens ont pu interpréter cette querelle personnelle fâcheuse comme un parti pris de Bayrou contre l’ensemble des écolos de la liste Cohn-Bendit. Ce qu’elle n’était pas ! Ce qui était seulement en cause, c’étaient les écrits inquiétants d’un individu en particulier. Les écologistes ont mal interprété ou l’ont mal pris mais c’est ainsi, hélas !

Cela dit, si c’est cela la cause, la raison d’espérer est encore forte car l’écologie a sa part au MoDem avec Corinne Lepage, Bennhamias et Yann Werling. Il faudra simplement mieux le faire savoir.

Un revers à cause des Verts est un moindre mal qu’une raclée par l’UMP. Celle-ci s’en tire surtout grâce à l’abstentionnisme à gauche et à la forte mobilisation de ses militants cramponnés à leurs privilèges et à leurs nombreux avantages fiscaux, ainsi qu’avec l’aide opportune involontaire des écologistes dont la victoire est sympathique mais sans grands lendemains sur le plan national. Demain, les bobos se reprendront, les écolos auront besoin de l’aide du MoDem…

Ne plus mettre tous les oeufs dans le même panier

Car mettre tous les oeufs dans le même panier, c’est se transformer en cible facile. Voyez l’attaque de Cohn-Bendit qui a fait mouche.

A l’avenir, il faudra changer la formule et jouer plus collectif comme le dit Corinne Lepage. Je pense que Bayrou reste l’opposant number One à Sarkozy et qu’il doit tirer profit de ce rôle que les Français lui reconnaissent. Il doit donc poursuivre dans cette voie – sans dérive obsessionnelle – mais il devra laisser plus de place à l’expression écologiste et à l’expression citoyenne.

Sur ce dernier point, il est manifeste que les internautes ont en partie lâché le MoDem, se sentant un peu oubliés. L’auteur de cet article – et quelques camarades – a peiné les derniers jours a maintenir le taux des intentions de votes sur Agoravox à 12 %. Mais, le MoDem doit tirer les leçons de son peu d’implication dans les débats sur HADOPI et dans la faible place accordée aux citoyens du Web. Il est temps que le MoDem fasse davantage confiance aux militants du Web (qui sont motivés et efficaces) sans quoi ces derniers vont repartir un à un. Mais je pense que lorsque Bayrou parle de tirer les leçons, il pense aussi à nous…

Je ne vois pas dans le MoDem un parti traditionnel, un appareil fermé sur lui-même et uniquement attaché à ses élites mais un parti de citoyens au service d’une république à rénover. Si le MoDem devait ne plus correspondre à cette image, je m’en irais. Mais, je le redis, je pense que les dirigeants du MoDem vont améliorer la formule…

Face à la razzia des libéraux, des conservateurs et des extrêmes sur l’Europe – et d’une anecdotique et sympathique victoire de écolos – le rassemblement des démocrates au centre reste la seule clé pour l’avenir. C’est la bonne clé mais c’est la formule qui pêche. Il faut absolument que le MoDem s’ouvre à de nouveaux alliés (gaullistes sociaux, socialistes »ouverts ») et aux citoyens.

Vous savez, il y a des portes qui ne s’ouvrent pas au premier tour de clé…Surtout quand la serrure de la démocratie est quelque peu grippée avec Sarkozy, Berlusconi, Barroso et consorts.

La bonne clé, nous l’avons au Mouvement Démocrate. Il ne nous reste qu’à trouver une meilleure formule ! Et d’abord, soyons fidèle à notre nom : restons un mouvement ! Pas un parti comme les autres, pétrifié devant l’avenir et apeuré par la jeunesse. Un mouvement vers l’avant, un mouvement uni ! Et montrons mieux nos visages démocrates. Sortons de l’anonymat ! La balle est dans le camp des élites du MoDem : qu’ils veuillent bien tendre la main aux citoyens du Web que nous sommes !

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Slogans et citations à l’usage des démocrates

Quelques-unes de mes citations pour cette campagne :

– Bayrou ne sera jamais seul parce que si le joker de Sarko c’est Cohn Bendit, le joker de Bayrou c’est le Citoyen ! L’effet Cohn Bendit ne durera qu’un temps, le temps du Citoyen c’est résistant et c’est l’avenir !

– Le pouvoir traite les enfants comme des adultes (1) et les adultes comme des enfants. (1) (réf : arrestation de gamins de Maternelle)

– Quand Cohn-Bendit écrivait « je faisais tout pour qu’ils (ndlr : les petits garçons) dépendent de moi », c’est révélateur d’un sarkozisme récurrent : c’est une façon de subordonner l’électeur à sa toute-puissance

– Votez blanc, votez nul ou votez Cohn-Bendit, c’est pareil ! (2) (Cohn Bendit roule pour Sarkozy pour prendre des voix au MoDem)

– Eva Joly posant pour la photo entre un casseur (Bové) et un ex-casseur (Cohn-Bendit), n’est-ce pas curieux pour une magistrate ?

– Daniel chante sur son clip, Daniel aime les petits garçons : le voilà le Mickael Jackson français !

– Un Airbus frappé par l’orage et c’est le crash,
Un Vert gus frappé par l’orange et c’est le clash.

– « Le bonheur c’est simple comme un pédophile », n’est-ce pas Dany ?

– Au train où va l’autocensure dans les médias, demain, on ne pourra plus dire non plus que Sarkozy est petit.

– En avril ne te découvre pas d’un fil
En mai fais ce qu’il te plaît
En juin, vote citoyen !

– Les soixante-huitards exploraient les limites de la société bourgeoise mais ce n’était pas une raison suffisante pour utiliser les enfants comme cobayes de l’expression de leurs plus vils instincts. En rire aux éclats aujourd’hui, comme le fait Cohn-Bendit (l’autre « décomplexé ») quand on évoque ces fautes n’est pas non plus respectueux des victimes.

– Ce qui m’a choqué, c’est l’exploitation de ce clash par Xavier Bertrand qui hors antenne a jeté la réprobation sur le seul Bayrou. Choquant mais prévisible : pour l’UMP sarkoziste, la morale n’a pas de place en politique puisque l’économie de marché est elle-même amorale et que donc la politique doit s’y plier.

– Un vote alternatif au vote Nagy-Bosca de Cohn Bendit est possible.

– L’avantage de voter MoDem, c’est l’indépendance intransigeante avec le pouvoir en place, et la pluridisciplinarité : le MoDem a plusieurs compétences et pas seulement une compétence environnementale.

– Cette cabale, c’est le signe que Bayrou intéresse. Bayrou et les coups : plus il en prend, plus il apprend, et plus il devient fort. Toutes les fois qu’il doit frapper, il vise juste. Ce n’est pas un amateur !

– Plus Bayrou sera bassement attaqué, moqué et caricaturé et plus cela sera bon signe pour 2012. Regardez Sarkozy ! cela lui a bien réussi.

– Les membres du gouvernement ne sont pas seulement des voleurs : Rachida Dati a dit à un journaliste d’aller « se faire foutre » pour avoir posé une simple question et comme il répéta sa question, elle lui parla de sa mère en des termes qui cachent l’insulte de type banlieue 93. Heureusement, le journaliste n’était pas Zidane et donc pas un adepte du coup de boule !

– Pour l’instant, c’est le MoDem qui fait figure de PS rénové pour beaucoup d’électeurs socialistes déçus qui ne partagent pas les idées des extrêmes.

– (commémoration du débarquement) Ainsi Obama posera-t-il sur la photo officielle entre Charles et Charlatan.

– Le PS chante « la mort en rose » et ça nous fait quelque chose.

– L’UMP montre chaque jour qu’elle est anti-jeunes : RSA, HADOPI, réforme des universités, politique répressive des enfants…La liste est tellement longue que je ne la finis pas.

– L’UMP bande mou et c’est pour ça que ce parti, comme son frérot le FN, abuse des thèmes forts comme l’insécurité. Pour sauver les apparences. L’insécurité, c’est le Viagra de l’UMP.

– A l’UMP, ils ont tellement peur qu’ils ont même un bouclier…fiscal !
C’est le dUMPing fiscal.

– Les conseils de Grison futé encarté chez Sarko : « Jeunes, adhérez à l’UMP ! Et gagnez du temps : devenez vieux tout de suite ! »

– La police de France est vraiment désoeuvrée pour s’y mettre à 6 contre 2 gosses dont un encore à l’école maternelle !

– « Sarkozy je te vois ! » mais, désolé, je te vois toujours pas en président !

– Il m’aurait dit « alors, casse-toi pov’ con ! » Je lui aurais répondu « après toi ! »

– La capacité de révolte et la capacité de rêver sont désormais au centre : elles sont chez les Démocrates !

– Barroso valet rien. Le Citoyen sera tout !

– « A l’Europe ultralibérale et bureaucratique, préférons l’Europe modérément libérale, solidaire et bayroucratique ! »

– « Tu seras citoyen mon fils ! »
– mais non papa, je veux juste consommer, moi !
De toute façon bientôt on consommera et on travaillera le dimanche et on n’aura plus le temps d’aller voter.

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Cohn-Bendit dans le prochain gouvernement d’ouverture ?

Daniel Cohn-Bendit sera-t-il membre d’un prochain gouvernement dit d’« ouverture » ? La chose ne serait pas absurde. Daniel Cohn Bendit est en effet considéré par les Verts européens comme un leader de droite libérale et par Francis Lalanne (l’autre liste écologie) comme un proche de Sarkozy. Ces derniers jours, le paquet a été mis sur l’écologie avec la programmation sur tous les médias et le téléchargement gratuit du film « Home » d’Artus Bertrand, comme pour faire monter le leader vert. Comme par hasard aussi Cohn Bendit a décidé de ne jamais parler en mal de Sarkozy et de prendre pour unique cible François Bayrou, l’ennemi juré du président.

Depuis 1994, Daniel Cohn-Bendit est député au Parlement européen. Selon Wikipedia « Ses options économiques libérales l’éloignent un peu de la majorité des écologistes européens qui considèrent que le dogme libéral est incompatible avec les moyens que nécessitent la préservation de la planète et le combat pour la justice sociale, et donc avec le paradigme écologiste ». Daniel Cohn-Bendit a aussi été un parisan farouche du « oui » au traité européen.

Cela fait bien des points communs avec l’hôte de l’Elysée que Cohn Bendit rencontre de façon rapprochée et il ne le nie pas. Dès lors on peut s’interroger : et si Sarkozy avait décidé d’utiliser Dany pour piquer des voix au MoDem ? Quelques interprétations légères des sondages permettraient de donner le dernier coup de pouce nécessaire à la veille du scrutin ( c’est fait !). Une polémique vient opportunément de naître hier soir sur le plateau de l’émission « à vous de juger » présentée par Arlette Chabot qui n’y est pour rien. Les médias se sont emparés de l’affaire avant même la diffusion du débat enregistré en différé, comme pour influencer les téléspectateurs et toucher par la même occasion les gens qui ne regarderont pas l’émission. Ils ont aussitôt déformé les propos pour enfler la querelle et taper sur Bayrou.

En effet, que s’est-il passé ? Cohn Bendit a essuyé un refus de la part de Bayrou d’user du tutoiement, au nom de la tenue du débat et du risque pour les électeurs d’y voir une connivence, un mélange des genres dans une situation politique déjà peu claire. Le Vert a passé outre et abusé du tutoiement pour manifester son mépris envers le leader du MoDem. On sait combien l’insistance à tutoyer est souvent proche de l’insulte quand cela ne va pas même jusqu’au « casse-toi pov’con ! » Puis Cohn Bendit a tout simplement injurié le président du MoDem en le traitant de « minable » et en invoquant l’ignominie. Bayrou a aussitôt repris cette accusation d’ignominie pour le retourner contre celui qui la proférait en rappelant un fait bien connu : dans sa jeunesse, Cohn Bendit s’est fait tripoter par des garçonnets dont il avait la responsabilité et les a lui-même caressés. Extrait de son livre « Le Grand Bazar » (Belfond, 1975) : « Je leur demandais : »Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m’avez-vous choisi, moi, et pas d’autres gosses ?« Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». La défense du leader vert est de dire qu’à l’époque aucune plainte d’enfant ou de parent n’avait été déposée. Or, les professionnels du social et de la justice savent combien les plaintes alors avaient peu de chance d’émerger car les gens n’étaient pas sensibilisés à ce fléau. Il ajoute pour se justifier que son livre est mal écrit, mais ce n’est pas une question de forme quand on écrit ceci : « Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même ». C’est un aveu. Bayrou n’a fait que désapprouver ces gestes. Rien de plus.

Donc Cohn Bebdit a terriblement dérapé en procédant à des attouchements sexuels sur des enfants dont il avait la charge et en faisant l’apologie de ce type d’actes aujourd’hui durement réprimés par la loi pénale. Il a encore dérapé en abusant du tutoiement pour abaisser son interlocuteur et en le traitant de « minable ». Mais que retient toute la presse au service de Sarkozy ? C’est Bayrou qui a dérapé !

Nagy-Bosca de Cohn Bendit :

Dans Le Parisien, Francis Lalanne, candidat de l’Alliance écologique indépendante, s’exprime sur Daniel Cohn-Bendit . Pour lui, Cohn-Bendit est clairement sarkoziste et il a été « piloté par l’Elysée » : « Maintenant que les enquêtes d’opinion lui promettent son fauteuil de député européen, il annonce qu’il va rentrer à la maison, en Allemagne, payé par le contribuable français. Il a été piloté par l’Elysée pour affaiblir la vraie opposition, la vraie liste écologie que nous représentons. Sarkozy fait exactement avec Besancenot et Cohn-Bendit, ce que Mitterrand faisait avec Le Pen et Tapie. En « bakchichant » certains dirigeants, il espère s’assurer une réserve de voix, à gauche, dans la perspective du second tour de 2012. Ce n’est pas un hasard si toute la gauche caviar se presse dans les salons de l’Elysée. Il faut que la société civile revienne aux affaires. C’est aussi le sens de notre campagne. »

Outre les rendez-vous fréquents entre Sarkozy et Cohn Bendit, des points communs rapprochent les deux hommes. Tous deux sont issus de l’immigration européenne, tous deux veulent la peau du MoDem. Suffisamment pour faire naître une solidarité de circonstance.

Mais voici la conclusion, Sarkozy s’était juré de « liquider Mai 68 ». La nomination de Cohn Bendit dans son gouvernement ne serait-elle pas le moyen définitif de réaliser son dessein ? L’entreprise est facile à mener, Cohn Bendit a déjà rejeté tout héritage révolutionnaire de Mai 68 dans son livre de 1986 « Nous l’avons tant aimée, la Révolution ».

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Conférence sur les médias libres

J’ai été interviewé par l’ancien présentateur du journal de la 2ème chaîne, Hervé Claude, dans le cadre du premier festival de cinéma « Les passeurs de lumière » qui se tenait à Quimperlé et à Moëlan-sur-mer les 16 et 17 mai. D’autres journalistes citoyens étaient attendus : de Bakchich  et de Mediapart notamment mais seul Agoravox répondit présent. Les autres se décommandèrent au dernier moment.

L’évènement avait été annoncé sur Agoravox par cet article. Le festival de cinéma s’adressait au grand public autant qu’aux professionnels et avait pour thème le polar. Yves Boisset était l’invité d’honneur. Ses films furent projetés et il répondit aux questions des spectateurs. C’est le comédien et réalisateur Robin Renucci qui parrainait cette manifestation de qualité dont l’organisation revenait au cinéaste Michel Dupuy.
Mais moi, que faisais-je là ? C’est Agoravox qui me demanda de m’y rendre pour le débat sur les médias citoyens animé par Hervé Claude.
Ci-dessous le plateau qui servit de décor à l’interview.
L’interview fut filmée mais nous n’avons pu encore obtenir la vidéo auprès des organisateurs. Très professionnel évidemment, celui qui présenta le JT pendant 20 ans, mena aisément le débat. Nous n’étions que trois sous les projecteurs : deux journalistes professionnels responsables de chaînes de télés numériques et moi-même. Je dois dire que le débat avec ces deux-là faisait très convenu et sans grande surprise. J’ai essayé de les animer un peu par quelques piques pas méchantes mais rien ! Les deux compères ne sourcillèrent même pas. Quant à moi, c’était ma première télévision et, passé le trac des premières minutes, je dois dire que l’exercice me grisa et que j’aurais bien aimé pouvoir aborder la question du journalisme citoyen de manière plus approfondie. Hervé Claude me tendit plusieurs fois la perche, bien qu’il eut un préjugé de départ sur la presse citoyenne.
Bref, tout se passa bien, et je pense n’avoir rien omis d’essentiel sur la présentation d’Agoravox : son financement, ses fondateurs, son fonctionnement, sa liberté de ton… A la fin de l’interview, on vint me dire que j’avais fait une bonne prestation, que j’étais apparu convaincu. Ouf ! Hervé Claude lui-même tint à me le dire. Je pense donc avoir été à la hauteur des attentes de ce média citoyen.
Puis ce fut à Hervé Claude d’être interviewé par ma camarade Catherine de l’association Paroles d’Artistes dont je fais partie et qui s’était associée à l’évènement et recevait aussi des invités : Esther Offenberg, Christophe Loizillon, Melaine Favennec, Ricardo Montserrat et enfin Hervé Claude qui se livra à cet exercice avec simplicité, franchise et en accordant toute son attention à son interlocutrice (il n’a pas du tout la « grosse tête »). Cela se passa dans un bistrot de Quimperlé, au café du cinéma, au milieu de la clientèle. Ci-dessous la photo.
La séquence a été filmée par le caméscope de Michel qui tomba en rade. Quelle malchance ! C’est en tant que journaliste mais aussi en sa qualité d’écrivain qu’Hervé Claude était invité. Il écrit depuis de nombreuses années des polars. Pour en savoir plus, suivez ces liens :
Pour finir, sympa, Hervé Claude a signé le livre d’or de notre association.
Nous espérons, l’équipe d’Agoravox et moi-même, pouvoir un jour vous présenter la vidéo de ce débat sur la place des médias citoyens…
Hélas, cet article a été publié sur Agoravox où il a déclenché une tempête d’injures et de moqueries (de nombreux posts censurés). Dommage pour les médias citoyens que le MoDem défend.
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Offensive généralisée anti-Bayrou

 La campagne est lancée et tous ceux qui, à droite comme à gauche, ont à craindre de la montée en puissance du Mouvement Démocrate s’en prennent à son chef oubliant toute retenue. A gauche, le PS et Cohn-Bendit, à droite Jean-François Copé, Rachida Dati et Dieudonné. La presse n’est pas en reste avec Marianne qui se fait un honneur de rappeler son indépendance, Jean-François Kahn étant parti.

 
Tout le monde tape sur Bayrou s’exclame Libération et c’est en fanfare que Jean-François Copé annonce « La méthode Bayrou décortiquée » sur le site Slate.fr. Mais qu’est-ce qu’on y apprend ? Rien ! Il ne tient pas ses promesses (défaut répandu chez les sarkozistes) en se contentant de brasser quelques banalités et de donner des faits que Bayrou lui-même révèle dans son livre. Un papier pour rien sauf pour le buzz criblé de pseudo réflexions d’un pamphlétaire de pacotille. Le style comme le fond sont loin d’avoir la tenue de l’ouvrage du président du MoDem, « Abus de pouvoir ». Mais le buzz est fait, à défaut de mal puisque l’escarmouche est dérisoire. La chronique a beaucoup fait réagir les internautes de Slate. Grand bien cela fasse à ce cite encore peu connu des internautes, mais la cible, elle, est ratée ! L’énarque champion de la langue de bois, homme politique à temps partiel qui préfère gagner de l’argent comme avocat que de servir à plein temps son pays, tire à blanc avec son pistolet de fête foraine et cela fait flop !
 
Premier pétard mouillé : Bayrou veut « se donner l’image d’un homme neuf pour mieux masquer son passé. Le « faux rebelle » est d’abord un homme d’appareil. Il a manœuvré dans toute une série de formations de droite depuis bientôt 30 ans : Centre des démocrates sociaux, tentative avortée des Rénovateurs, création de Force démocrate, nouvelle Union pour la Démocratie française et enfin Mouvement Démocrate. » Tous les lecteurs d’Abus de pouvoir » -et ils sont nombreux paraît-il (à peu près 50 fois plus nombreux que les lecteurs du dernier livre du clone de Sarkozy), ont déjà eu confirmation par Bayrou lui-même de ces épisodes dans une sorte de « Bayrou raconté par François » inclus dans le best-seller.
 
Quoi d’autre ? Bayrou crie « au loup pour faire un hold-up sur l’électorat de gauche. » Pas un seul instant Copé ne pense qu’un citoyen de gauche a un cerveau et un libre arbitre et qu’il peut choisir comme il l’entend de voter pour celui ou celle qu’il croit apte à la fonction convoitée. Il est vrai que les électeurs de l’UMP sont tellement méprisés et pris pour des imbéciles que Copé peut penser que les autres partis politiques traitent avec le même dédain le cerveau disponible de leurs électeurs.
 
Point 3 de la démonstration de Copé : « Ne rien proposer par peur de diviser. » Mais tout observateur de bonne foi voit davantage un rassemblement autour de Bayrou et du MoDem chaque jour plus important. Les derniers sondages donnent le MoDem en hausse et l’UMP et le PS en baisse. Alors, qui divise et qui rassemble ? En tout cas pas l’UMP où l’unité de façade cache bien des aigreurs et des frustrations et dont le chef, qui fait aussi office de président du pouvoir d’achat (des riches), est affligé d’une cote de popularité calamiteuse.
 
Enfin, son point 4 n’est pas un argument (problème de logique démonstrative navrante pour un énarque) mais une conclusion en forme d’injure : « François Bayrou est un joueur de poker qui espère que son tour arrivera un jour. » Voilà justement qui fait petit joueur !
 
Donc voilà l’ennui avec ces énarques de la politique langue de bois, et en particulier avec le sarkoziste Jean-François Copé, c’est que l’on n’apprend jamais rien d’eux. La politique est chasse gardée, un art secret que l’on tient loin du regard indiscret et vulgaire du Citoyen par des discours creux, des boniments et des leurres médiatiques. On n’enseigne rien, on ne dispense rien, le citoyen n’est pas digne de leurs leçons.
 
On trouvera des points de vue sur la toile qui n’émanent pas de fans de Bayrou et qui trouvent beaucoup à redire sur le papier de Copé. Celui-ci par exemple : « Atteindre un tel stade de niaiserie ne mériterait pas une once de curiosité, si cette pseudo-analyse n’était somme toute révélatrice de la réception du livre de Bayrou dans la presse« , écrit l’auteur de ce billet très bien troussé.
 
C’est devenu un sport national de s’en prendre à Bayrou et un bon moyen de faire parler de soi. La preuve, Dieudonné, dont le principal ressort de popularité est le scandale, a attaqué à son tour en contestant les listes du MoDem. Le Conseil d’Etat lui a donné tort (lire ici).
 
Car attaquer Bayrou, c’est faire parler de soi dans les médias. Mais gare aux conséquences. Daniel Cohn-Bendit (Verts) s’y est essayé en accusant Bayrou de « détourner la campagne pour sa course à l’Élysée« . Le président du MoDem lui a répondu ainsi qu’au PS qui préfère la petite phrase à l’argumentation : « Nous considérons, non pas qu’il y a un droit d’opposition, mais qu’il y a un devoir d’opposition, quand l’essentiel est en jeu. Et s’ils n’en veulent plus, nous, en tout cas, nous allons l’assumer ». Et oui, s’opposer, c’est un droit en démocratie et même un devoir, monsieur Cohn Bendit ! Mais Dany a mis la révolution au placard et prend des poses dignes d’un porte-parole de l’UMP. Jean-Luc Bennahmias, tête de liste du MoDem dans le Sud-Est, ancien secrétaire national de Verts et qui fut le directeur de campagne de Cohn Bendit en 1999, le lui fait remarquer en ces termes : « Dany, si la campagne d’Europe Écologie ne te suffit pas, tu n’es pas obligé de mener la campagne de l’UMP » Tu recycles les idées de l’UMP, renchérit Jean-François Kahn, tête de liste du MoDem dans l’Est et jamais la langue dans sa poche.
 
Enfin la multitude des candidats du PS à la présidentielle reproche à Bayrou de ne penser qu’à la Présidentielle. Quelle belle bande d’hypocrites : parce qu’eux, ils n’y pensent pas ! Il est grand temps de faire de la politique au grand jour devant les citoyens et d’arrêter de les prendre pour des enfants. La politique n’est pas un jeu que l’on pratique entre gens de bonne compagnie, n’en déplaise à Jean-François Copé pour qui la première référence qui vient est le poker. Il y a deux catégories de leaders politiques : ceux qui jouent, font semblant, se montrent hypocrites, dissimulent ou bonimentent (voire mentent tout court) et ceux qui parlent sans détours, qui voient la politique comme une chose sérieuse, comme une res publica une chose publique à laquelle les citoyens peuvent et même doivent contribuer.
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MoDem en tête !

Il fonce, MoDem en tête, dans la bataille des élections européennes ! Il n’a pourtant pas pris sa carte du MoDem. Jean-François Kahn mobilise autour de lui : les salles communales de meeting ne contiennent plus assez de chaises pour accueillir les spectateurs de ses meetings. Une bonne surprise quand on voit le peu d’intérêt des électeurs pour l’échéance du 7 juin. Un autre candidat est une…candidate ! dans le Nord-Ouest, Corinne Lepage, vice-présidente du MoDem est en tête selon un sondage du Figaro du 19 mai.

De plus en plus de citoyens semblent suivre l’exemple de J.F Kahn : bien que n’étant pas encartés au Mouvement Démocrate, ils voient un recours dans le vote MoDem, un vote que Bayrou brandit comme une arme de protestation du citoyen face à l’insolent pouvoir absolu du libéralisme en France comme en Europe, une arme pour sanctionner les abus de pouvoir de Sarkozy et la servilité de Barroso. Alors pourquoi pas ? se dit le citoyen qui ne sait plus qui a tort ou raison des deux camps, celui qui a fait échouer le référendum bien que sachant qu’il n’y aurait pas de plan B ou celui qui leur a imposé un traité modifié sans solliciter leur vote ni leur avis. Des citoyens pensent ainsi à en croire le dernier sondage CSA qui crédite d’un point supplémentaire le MoDem tandis que l’UMP et le PS sont un peu en chute : l’UMP passant de 28 (en avril) à 26 % et le PS de 22 à 21 % des intentions de vote. La formation de François Bayrou progresse au contraire et se trouve désormais à 14 %. Les autres listes sont loin derrière. On dirait qu’un bonus vient se porter sur les candidats de valeur, ceux qui sont convaincus de ce qu’ils font et qui partent motivés. C’est le cas de Corinne Lepage, tête de liste dans l’Est qui est déclarée « connue » par 44 % des personnes interrogées et qui est créditée, parmi celles-ci, de 57 % de bonnes opinions. Elle arrive ainsi en tête des bonnes opinions dans sa région avec 25 %.

Compte tenu du fort taux d’abstentionnisme pressenti pour les élections européennes, une mobilisation forte des Démocrates renforcée par des votes de citoyens mécontents mais soucieux d’arracher l’Europe des mains des libéraux, pourraient transformer l’essai. Jean-François Kahn s’y emploie avec l’enthousiasme qu’on lui connaît.

Jean-François Kahn est spécial. Représentant du courant du « centrisme révolutionnaire », il n’a pas pris sa carte au MoDem. Il veut croire qu’il peut rester simple militant de base, chez lui, dans l’Yonne. Les appareils politiques ne le séduisent pas. Il n’adhérera donc que s’il est élu.

Curieusement aussi, il s’engage à laisser la place à l’eurodéputée sortante Nathalie Griesbeck, deuxième sur sa liste, s’il était le seul élu sur la liste. Le fait est rare pour être souligné : un candidat reconnaît la compétence plus grande de son second de liste et déclare à l’avance qu’il se désistera à son profit. Il espère bien sûr, et le MoDem aussi, qu’il y aura deux gagnants au moins sur cette liste. Voire trois : Yann Wehrling, est en troisième position. JFK n’est pas du genre à transiger non plus et il annonce clairement qu’en cas de changement de ligne du MoDem incompatible avec ses vues, il démissionnera du Parlement européen. « J’ai signé un papier le stipulant », dit-il. En cela il est le même homme qui, il y a 30 ans, dit à François Bayrou : « Je ne serai jamais avec vous, tant que le centre ne sera pas indépendant ». On peut se fier au jugement de ce journaliste intransigeant le MoDem est bien aujourd’hui indépendant.

On peut déplorer un peu que le recours à une personnalité si médiatique pour ne pas dire tonitruante soit devenu le moyen de réveiller l’électorat, peut-être une conséquence de la surenchère médiatique de la campagne des présidentielles 2007 entre les deux candidats principaux. En tout cas, cela ne doit pas faire oublier l’expérience et les mérites de Nathalie Griesbeck, députée européenne candidate à un nouveau mandat.

Petite par la taille mais grande par la compétence, Corinne Lepage a des chances de l’emporter et c’est une bonne chose pour l’Europe. La vice-présidente du MoDem et tête de liste dans le Nord-Ouest est donnée en tête des intentions de vote dans cette région par un sondage du Figaro du 19 mai. Elle est, de plus, créditée d’un bon taux de reconnaissance et d’une cote de confiance sur le plan national. La candidate qui s’était présentée aux Présidentielles de 2007, dégage une image se compétence et de sérieux. Son rôle en tant qu’avocate dans l’affaire de l’Erika reste dans les mémoires. Son action de lutte de tous les instants pour le respect de l’environnement, ses prises de position et ses propositions concrètes dans les domaines tels que les OGM, le nucléaire et bien d’autres problèmes proches du quotidien des gens, confortent cette image de candidate très crédible au poste de députée européenne. (Pour plus de détails, voir son site : CAP21)

En définitive, un point commun entre Jean-François Kahn et Corinne Lepage n’échappe pas à l’observation : tous deux sont viscéralement attachés à l’honnêteté et à la vérité. Le premier révéla l’affaire Ben Barka puis il fut à la tête d’un journal très attaché à son esprit d’indépendance, la deuxième mène une lutte sans merci contre les pollueurs, en tant qu’avocate puis en tant que personnalité politique. Le respect et la recherche de la vérité à ce niveau d’exigence sont un bien trop rare et précieux en politique pour qu’on ne les encourage pas.

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UMP, force immobile.

S’il y a quelque chose de mobile à l’UMP en-dehors de son patron agité, c’est le recours fréquent aux forces mobiles. Pour le reste, on n’y voit aucune mouvement. L’UMP est un parti de vieux qui n’aime pas les jeunes, un parti sans vie démocratique et sans projet d’avenir.

Les vieux se cramponnent à leur parti fétiche, l’UMP, tandis que les jeunes le fuient comme la peste. Il est vrai que, sauf à s’appeler Jean Sarkozy, adhérer à ce parti est synonyme de mort par étouffement.

Le journal Marianne donne un exemple du problème dans un article du 21 Mai 2009 intitulé « En rase campagne, l’UMP en panne de jeunes » Le journal peint un tableau pitoyable du parti au meeting de Gagny où la liste UMP Île-de-France tentait de convaincre un parterre de têtes grisonnantes de faire venir des jeunes mais chacun convient que l’opération sera difficile, voire impossible, à mener. Heureusement, il y a toujours les combines pour la communication et les médias : on paie des jeunes pour faire le show sur les clips vidéos ; on paie aussi des jeunes en tongues pour faire la caravane de l’UMP l’été. Mais pour le reste, c’est la Berezina. Ainsi, le journal narre de façon délicieuse ce moment où Raoult, maire du Raincy, réveille les morts dans la salle avec ses blagues sur les jeunes de banlieue. Pour garantir l’effet, il a pris soin de faire venir un cas spécial affrété de supporters. « Un rythme lent, immuable et soporifique de vieille berceuse à laquelle ne résiste pas une poignée de militants qui piquent du nez… mais se réveillent pour applaudir Eric Raoult ». N’empêche, il y bien des vieux à l’UMP qui doivent regretter les dimanches de Jacques Martin qui marquaient plus de dynamisme !

Les gentils organisateurs de ce Club Méd du 3ème âge ont tout prévu pour dissimuler le malaise et ils ont entassé les jeunes dans le coin des journalistes pour que ceux-ci ne voient pas trop le parterre grisonnant. Ces jeunes ont sans eu pour consigne de faire du bruit pour attirer l’attention sur leurs traits juvéniles.

A Gagny, le parti sclérosé crie presque victoire : « Il y a plus de jeunes que la dernière fois, se félicite organisateur. Généralement, il n’y en a même pas ! » Et oui, l’UMP est devenue un parti pour personnes âgées en mal de politique sécuritaire. Il faut dire que les vieux n’aiment pas les jeunes selon un sondage publié le 13 mai et réalisé sur Internet par Audirep pour l’Association de la fondation étudiante pour la ville (Afev) : 51 % des Français auraient une « image négative » des jeunes. Mieux : sept Français sur dix estimeraient que les jeunes de 15 à 25 ans sont « individualistes », qu’ils ne sont « ni solidaires » (51 %), « ni tolérants » (59 %), ni « prêts à s’engager pour des causes utiles à la société » (52%).

Et donc la politique de l’UMP, axée sur la sécurité des vieux et des riches n’est pas près de changer d’un iota. L’arrestation de deux bambins par six policiers à la sortie d’une école fait partie des évènements qui devraient rassurer un peu les retraités peureux encartés à l’UMP. Mais il faudra en arrêter bien davantage pour les rassurer tout-à-fait et les mener à voter en masse pour Sarkozy comme en 2007.

Sur les autres aspects, l’UMP demeure une force immobile. Tout débat y est étouffé dans l’oeuf (ceci expliquant peut-être cela : la désaffection des jeunes) Les soi-disant réformes sont des abrogations et des régressions. On pétrifie les choses pour qu’elles n’aient plus nul mouvement ! François Fillon, dont l’image dynamique ne saute pas aux yeux, se fait l’exécuteur des basses oeuvres de son chef vénéré. Pour tout dire, il fait vieux, lui aussi.

L’UMP aurait pu faire ressortir ce qu’il y a de jeune et de porteur d’espoir chez les séniors mais non décidément, il n’en fait ressortir que les mauvais côtés : l’image de vieux proches de leurs sous, défendant leurs biens comme à Fort-Chabrol et haïssant les jeunes.

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C’est quand le bien-être ?

Un candidat de gauche aux élections présidentielles de 2007 avait cru pouvoir transposer à la politique une image poétique, tirée d’une chanson : « c’est quand le bonheur ? » Comment peut-on à ce point tromper les gens et prétendre les mener au bonheur. Comme si cela était du ressort du pouvoir et dans ses moyens : Comme si l’Etat était en devoir de dispenser le bonheur à tous, autrement dit un bonheur identique pour tous alors que chacun est unique et a ses aspirations propres, sa propre conception du bonheur. Le bien-être c’est autre chose…

Le premier mot que l’on entend dans bien-être, c’est « être ». L’être se différencie de l’avoir et s’y oppose parfois. Par le mot « bonheur », les individus entendent quelque chose de personnel comme la vie amoureuse ou familiale, la liberté d’agir et de s’exprimer, ainsi que la possession de bien matériels. Le bien-être au contraire est une chose plus générale qui peut entrer dans le cadre d’une politique d’ensemble. La santé, l’éducation, la justice, la culture, en font partie. On parle de plus en plus de donner au bien-être un critère de mesure comme le produit intérieur brut, le fameux PIB, qui est devenu l’étalon universel de comparaison des nations entre elles.

Le bien-être ne progresse plus dans notre pays. Au contraire, le mal-être est croissant en France dans toutes les catégories, dans toutes les régions. Comment pourrait-il en être autrement puisque les leviers d’une bonne politique de développement du bien-être sont bloqués, confisqués au profit de l’enrichissement toujours plus grands de quelques-uns ? Ces leviers sont, par exemple, l’éducation, la culture, la justice, la réduction des inégalités de revenus. Tous ces pans de la politique de l’Etat sont attaqués par le gouvernement en place. Il suffit de suivre l’actualité pour le vérifier.

Quand on parle d’humanisme en politique, c’est du développement de ces moyens de bien-être qu’il est aussi question. Il ne s’agit pas d’une conception de bien-être à la socialiste qui voit dans le saupoudrage des aides aux associations et dans la dispense d’allocations au plus grand nombre les remèdes à tous les problèmes. Ce qui inquiète aussi dans le modèle défendu par les socialistes, c’est sa vision étatique qui tend à l’uniformisation des réponses aux aspirations individuelles. Pour autant, il ne s’agirait pas de prétendre non plus, comme le fait la droite libérale, qu’il n’existe aucune alternative au modèle de société qu’elle nous impose de plus en plus chaque jour.

Les électeurs de Sarkozy ont cru voir le bonheur dans l’offre de sécurité promise, dans la rupture et les réformes annoncées. Mais pour ce qui est de la rupture, le désenchantement ne fut pas long à venir. François Bayrou consacre un chapitre entier de son dernier livre, « Abus de pouvoir », au thème sarkozien de la rupture et dit en substance que la rupture de Sarkozy, c’est la rupture avec notre modèle français tant social que républicain. Une phrase prononcée par le président à Saint-Quentin en mars 2009 le conforte dans cette impression : « Une société égalitaire, c’est le contraire d’une société de liberté et de responsabilité. » On voit que ce n’est pas exactement ce que les électeurs entendaient par « rupture ». C’est plus un message qui vient conforter le groupe des amis milliardaires réunis au Fouquet’s le jour de l’intronisation du prince par son peuple. Ce peuple qui peut attendre…La société inégalitaire est désormais ouvertement revendiquée en modèle. La droite décomplexée n’a décidément plus aucun complexe.

Les électeurs de Sarkozy ont été trompés. Ils pensaient gagner en sécurité mais ils n’ont rien de plus qu’avant. La police n’est pas là où ils auraient souhaité qu’elle soit. Le laxisme du pouvoir permet aux voyous de la Courneuve de prospérer des trafics en tous genres et maintenant les Kalachnikov sont accessibles plus facilement qu’avant. On envoie six policiers pour arrêter un enfant de maternelle et son camarade, d’ailleurs innocents du vol mineur qu’on leur reproche. Six policiers ! N’ont-ils rien d’autre à faire ? Sans doute les policiers chargés de retrouver le scooter du fils de Sarkozy s’ennuyaient-il aussi. Pareil pour ceux qui ont persécuté un professeur de philosophie espiègle qui a lancé un simple « Sarkozy je te vois ! » lors d’une manifestation. Mais où étaient donc ces policiers à Strasbourg pour le sommet mondial ? On a protégé les quartiers chics et laissé sans protection les autres parties de la ville. Quand aux Etats-Unis on déjoue une tentative d’attentats, en France six policiers se jettent sur deux gamins pour un vol de vélo !

A quoi sert la police aujourd’hui ? Apparemment plus à réprimer la liberté d’expression et à surveiller le citoyen qu’à le protéger. La protection de tous n’est plus d’actualité dans les faits. Elle reste énergique seulement dans les discours. Le niveau de protection assuré dépend de votre fortune. A L’Elysée, à Neuilly ou à Saint-Tropez, le citoyen est surprotégé. Ailleurs, le citoyen est un suspect. Le nombre de gardes à vue explose ainsi que les bavures et les violations des droits humains.
Les forces de l’ordre sont en effectifs pléthoriques pour suivre le moindre déplacement du président. Mais quand elles sont là, elles ne sont pas ailleurs.

La sécurité ? Elle régresse ! Et le coeur même du programme politique de Sarkozy révèle ainsi le vide de son contenu. Les discours n’engagent que ceux qui les écoutent, c’est ce qu’on a coutume de dire dans ce camp-là…

Alors, le bien-être c’est pour quand ? Déjà, ce sera quand la liberté et la sécurité auront retrouvé leur place dans les priorités gouvernementales, ce qui n’est pas pour demain ! Ce qui n’est pas pour demain non plus, c’est la lutte contre les inégalités : ce n’est pas le souci de ce pouvoir qui ne dispense ses largesses qu’aux amis et aux puissants.

Le bien-être passe par la sauvegarde des acquis qui font la singularité du modèle français, que d’ailleurs des pays étrangers, plongés dans le marasme, comme nous, commencent à nous envier. Cela passe aussi par une remise en cause de nos mode de vie et de pensée car il faut tendre vers un bien-être durable et respectueux de l’environnement et des générations à venir.

Alors l’humanisme ? Cela ne signifie rien concrètement en politique, entend-on dire, on n’en fait pas un programme. Mais le souci du bien-être est indissociable de l’humanisme en politique. Le développement du bien-être est un besoin à ce point vital et à ce point méprisé par l’Etat qu’il fait le bonheur des intégrismes vendeurs de paradis, des trafiquants vendeurs de paradis artificiels, et des gourous qui font leur beurre avec la théorie du développement personnel. La montée en puissance des sectes en témoigne. Parce que, quand l’Etat se désengage du champ du bien-être des concitoyens, ce sont les charlatans qui en profitent. Mais après tout, n’est-ce pas ce qui fonde et perpétue le libéralisme qui veut tout « marchandiser » et tout donner à l’initiative privée guidée par la seule recherche de son profit sans limites ?

Nous ne saurons pas dire quand ce sera le bien-être mais le bonheur ça y est ! Puisque, comme dit le proverbe, le malheur des uns fait le bonheur des autres…

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Mirabeau, nous voici !

Jamais je n’ai cru à la thèse de la trahison de Mirabeau que la gauche jacobine véhicule depuis la Révolution. Cet homme qui lutta avant tout le monde et jusqu’à son dernier souffle contre l’infâme absolutisme des Bourbons, qui mit sa vie en péril dans ce combat, figure au panthéon de mes révolutionnaires préférés. Même si l’Histoire se souvient qu’il défendait le projet de monarchie constitutionnelle. Aujourd’hui, on vient de retrouver le testament politique de Louis XVI qui révélerait que le roi était favorable à la mise en oeuvre des thèses de Mirabeau. Le Peuple aurait-il commis une faute historique grave en coupant la tête du roi ?

L’homme qui défia le roi au mépris de sa propre vie, qui sera condamné à mort par contumace, extradé et emprisonné au donjon de Vincennes durant trois années, celui qui tint fièrement la place de l’assemblée nationale aux mots de « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. », cet homme-là, si déterminé dans ses idées, aurait-il pu opérer un revirement brutal et capricieux au seul service de la monarchie ? C’est la thèse portée depuis longtemps par les historiens de gauche dont certains préfèrent se référer à Marat, Desmoulins, Robespierre ou Danton. Ils oublient facilement que le mot « terrorisme » vient de la période de la Terreur qu’ont imposée à la France ces gens-là et quelques autres ! Pas de quoi en être si fier. Ils négligent le fait que si Mirabeau avait réussi à faire passer son projet de monarchie constitutionnelle, des millions de vies auraient été épargnées durant la Terreur, l’Empire et les révoltes (dont la chouannerie, cette boucherie fratricide).

Donc, oui, j’aurais pris parti pour Mirabeau durant la Révolution. Mais pourquoi, me direz-vous, parlez soudainement de Mirabeau. Et bien parce que Le Figaro titre un de ses articles « Le testament politique de Louis XVI retrouvé« . Avant de fuir en juin 1791, le roi de France avait rédigé un texte pour se justifier. Le manuscrit, qui avait disparu, a été découvert aux États-Unis. Sur la dernière page du manuscrit, on peut lire ces mots de Louis XVI : « Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d’une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n’aura-t-il pas d’oublier toutes ses injures personnelles, et de se revoir au milieu de vous lorsqu’une Constitution qu’il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée, que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l’état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu’enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables. A Paris, le 20 juin 1791, Louis. » (DR)

D’où il ressort, selon le grand quotidien, que Louis XVI aurait été victime d’une bavure populaire puisque, s’enfuyant par Varennes, il ne cherchait que le bien du peuple. Le roi aurait fait son autocritique et gagné la cause de la révolution juridique de l’été 1789, acceptant l’abolition des ordres et le principe d’égalité civile des citoyens.

La couleuvre me paraît toutefois dure à avaler, au moins autant que la thèse de la trahison éhontée de Mirabeau des historiens radicaux. En effet, Louis XVI aurait écrit ce texte dans le secret le plus absolu (pardon pour ce jeu de mot !), en cachette de tous ses ministres, pendant plusieurs mois ! Puis le document aurait disparu jusqu’à aujourd’hui où précisément le régime sarkoziste aimerait bien réconcilier la France avec le pouvoir personnel. Avec l’aide du Figaro qui voudrait effacer le crime de la fuite à Varennes, fuite qui opéra un basculement de la Révolution dans la violence la plus noire, le Peuple ayant été trompé par son roi. Après quoi, « le prestige de la monarchie sera pour jamais terni par cette équipée malheureuse« , semble déplorer Le Figaro qui reprend les propos de Jean-Christian Petitfils : « Jamais Louis XVI n’avait été aussi proche de la Révolution qu’en fuyant la capitale. Sur la route de Varennes, il était devenu un souverain constitutionnel, à la recherche, hélas, d’une impossible Constitution. »

Louis XVI devenu subitement « souverain constitutionnel » alors que tous les efforts de Mirabeau, très bien perçu par la famille royale, n’auront jamais abouti ! Je n’y crois pas. Et je préfère me référer à la pensée et à l’action de Mirabeau, ce révolutionnaire authentique et, quoi qu’en disent ses détracteurs, intransigeant ! Mirabeau n’a-t-il pas eu à subir l’absolutisme de son propre père qui lui infligea des violences ? N’a-t-il pas écrit un « Essai sur les lettres de cachet et sur les prisons d’État » alors qu’il était en détention ? (1780). N’a-t-il pas bravé l’interdiction de publier des comptes rendus des séances des États généraux le 7 mai 1789 ? N’a-t-il pas défendu bec et ongles la liberté de la presse avec la publication de son Courrier de Provence ?

Mirabeau est l’architecte de la Révolution avec Sièyès et surtout de ce qui durera : la théorie de la souveraineté nationale (face à la théorie de droit divin de l’absolutisme), la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et l’Assemblée Nationale !

Il n’a jamais failli dans ses idées (non sans quelques erreurs parfois : ainsi la défense du droit de veto absolu du roi). Il s’est battu sans trembler pour sa conception d’une monarchie constitutionnelle. Il n’y a pas de quoi en rougir et cette solution eut permis d’éviter bien des bains de sang. Et c’est cela que ne lui ont pas pardonné les ultras, les bouchers de la Révolution qui, peut-être, sont allés jusqu’à empoisonner cet encombrant rival, ce génie des institutions, qui aurait pu permettre à notre pays de s’en sortir « par le haut » comme on dit de nos jours en établissant pacifiquement un régime modéré et démocratique.

Saisissant le prétexte de la découverte signalée par son quotidien servile – Le Figaro – le Pouvoir ne cherche-t-il pas à effacer la félonie du traître Louis XVI et à le réhabiliter aux yeux du Peuple ? On n’est dans la manipulation de l’Histoire…

Aujourd’hui les citoyens ont abdiqué leur représentation à l’Assemblée nationale. Ils ont laissé l’Assemblée aux mains du pouvoir personnel qui la tient sous son joug. L’Exécutif, c’est son nom, exécute la démocratie !

N’est -il pas temps de reprendre l’Assemblée nationale, notre assemblée nationale, où le comte de Mirabeau dit ces jolis mots : « C’est aujourd’hui que je bénis la liberté de ce qu’elle mûrit de si beaux fruits dans l’Assemblée nationale. »

N’est-il pas temps de nous écrier à nouveau : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. »

Mirabeau, nous voici !

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