La jeunesse : un atout reconnu mais gâché

(re publié : il y avait trop de fautes)

« Neuf Français sur dix » approuvent l’affirmation que « les jeunes sont un atout pour la société ». Mais les clichés négatifs sur la jeunesse ont la vie dure.

La France compte 6,5 millions d’électeurs de moins de 26 ans. Beaucoup sont dégoûtés de la politique et ne votent pas. Les inégalités sociales intragénérationnelles criantes, selon le sondage, dans le domaine de l’insertion professionnelle, ne font que se creuser davantage et cela n’est pas un facteur de retour sur le chemin des urnes.

« Neuf Français sur dix » approuvent l’affirmation que « les jeunes sont un atout pour la société »

C’est une enquête de l’Observatoire de la jeunesse solidaire, publiée par l’association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), qui le dit. Pourtant, on a l’impression que cet atout national est gâché. Les moyens de la Protection Judiciaire de la Jeunesse sont supprimés par l’Etat, délégués sans le dire aux département qui, hélas croulant sous les dettes, ne peuvent y faire face. C’est grave parce que souvent les jeunes qui dépendaient de la PJJ étaient des jeunes en grandes difficultés familiales et sociale (certains anciens du service de l’aide à l’enfance, des primo-délinquants que l’on remettait dans le droit chemin, des paumés que l’on soustrayait au destin de SDF…).

Une lueur d’espoir est apparue avec le RSA jeunes. Malheureusement, le gouvernement y a mis des conditions tellement draconniennes que peu de jeunes sont éligibles à ce minima vital. Il est difficile d’apporter la preuve demandée de deux années de travail sur les trois années écoulées.

De plus en plus de jeunes à la rue

La FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale) tire un « constat alarmant ». Dans son enquête sur les jeunes de 18 à 24 ans sans-abri, enquête portant sur 15 départements, elle montre « l’insuffisance de protection des jeunes sans-abri est loin d’être une exception francilienne. Le problème s’observe aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine« . En 2010, 20% des demandeurs d’hébergement sont des jeunes de cette classe d’âge. Soit 4.550 jeunes qui ont demandé un hébergement au 115 en 2010. Souvent des hommes (71%), célibataires (72%). 17% ont même la charge d’enfants. La rupture est le premier facteur de ces situations de détresse :  rupture familiale, départ du département ou pays d’origine. Si dans 85% des cas, la demande d’hébergement aboutit, des refus d’attribution d’hébergement sont signifiés essentiellement pour cause d’absence de places disponibles au moment de l’appel. Un tiers des demandeurs renonce à aller jusqu’au bout de la démarche. C’est beaucoup, c’est trop !

Des jeunes pénalisés plutôt qu’aidés

Le législateur ne souhaite pas étendre le dispositif du RSA jeunes qui pourtant serait une réponse possible au risque de marginalisation en intervenant sitôt qu’un jeune se retrouve à la rue. Parce que malheureusement la suite on la connaît : une fois à la rue, il est difficile de se resocialiser et cela produit des SDF à vie (courte !).

Pas de RSA, plus de crédits pour la PJJ. Mais ce n’est pas tout, on pénalise en plus les jeunes. Le service civique remporte un certain succès mais globalement les mesures d’insertion et de lutte contre la précarité sont un marqueur négatif pour leurs « clients ». Cela fait moins bien sur un CV qu’un diplôme, une formation ou une expérience professionnelle. Alors, bien sûr, il y a aussi les internats d’excellence mais c’est réservé à une petite élite seulement. La plupart de jeunes commencent leur vie d’adultes sous un fardeau de handicaps : chômage important, vie chère, coût exorbitant des loyers, marqueurs négatifs, aides parcellaires et insuffisantes.

A tout cela s’ajoute l’effet démobilisateur du travail actuellement. Comme le fait remarquer Robert Rochefort, député européen et vice-président du MoDem, « en ayant favorisé l’envol des très hautes rémunérations, Nicolas Sarkozy a contribué à la désespérance des Français vis-à-vis de l’effort« . Face à tous les handicaps précités et, au vu des revenus formidables des plus riches constamment encouragés par le gouvernement de manière sonnante et trébuchante, comment voulez-vous inculquer le sens de l’effort ? Comment ne pas avoir envie parfois de baisser les bras ?

Dans son bilan dont il vante actuellement le succès, le gouvernement parlera sans doute de ses fameux Grenelles. Mais la réforme du financement de l’IAE (insertion par l’activité économique), prévue par la loi de 2008 généralisant le RSA, piétine. C’est même le dernier chantier de ce Grenelle resté en suspens ! Il y a eu 40 pactes conclus, nous serine-t-on comme une victoire. Mais les crédits manquent. C’est dire si le président de riches s’en fiche totalement ! Le 26 mai se tiendra une journée sur l’IAE à l’Assemblée nationale pour mieux faire connaître ce secteur qui souffre d’un déficit d’image. Il ne faut rien en attendre…

Les contrats aidés ont été drastiquement réduits au budget primitif avant d’être remis à leur niveau antérieur lors d’une annonce du président faisant passer ce rétablissement de crédits supprimés pour une mesure nouvelle, supplémentaire, avec beaucoup d’effet lors de son intervention télévisée. Une sorte de « parce que je le veux bien ! » Les missions locales, si nécessaires, sont dans le collimateur de Xavier Bertrand, l’éducation nationale perd ses effectifs sous l’effet de couperet d’une stupide logique de quotas. La politique d’emploi des jeunes est quasi inexistante (le taux de chômage des jeunes de 18 – 24 ans a augmenté de 2,5 points entre 2002 et 2008).

La jeunesse de France est décidément un atout reconnu par tous mais gâché.

 

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