Nicolas Sarkozy s’est-il mis en tête de pratiquer la ratonnade ? C’est ce que semblent penser nombre de commentateurs qui oublient de voir que de plus en plus de Français se tournent vers le Front National et que le sondage IFOP – Le Figaro, bien que présenté de façon parfois assez orientée, est bien issu d’une opinion dominante qui s’est exprimée.
Faut-il s’en émouvoir ? Certes, mais sans hurler au nazisme comme le fait Michel Rocard. Ni se voiler la face car ce serait encore plus dangereux. Faut-il en imputer toute la responsabilité à Sarkozy ? Ce serait excessif mais il est incontestable qu’il contribue à dresser les Français les uns contre les autres, qu’il n’incarne pas l’unité nationale et qu’il représente un camp, un seul.
A propos d’unité nationale, l’évènement fabuleux des Championnats d’Europe était un levier inespéré de ressouder notre peuple. Rien n’a été fait en ce sens : il y avait sans doute trop d’athlètes colorés et le gouvernement actuel ne souhaite pas reprendre le slogan d’une France black-blanc-beur qui gagne !
La déchéance de la nationalité ?
Une telle mesure ne devrait être que transitoire dans l’attente de la réforme de l’acquisition de la nationalité prévue pour septembre. Ce projet, rappelons-le, exige davantage de l’immigrant et l’oblige à signer une charte de devoirs. Quid des immigrés récemment naturalisés qui tentent d’assassiner des policiers ou des gendarmes ? Ceux-là n’entrent pas dans le cadre des futures dispositions et les sondés ont jugé qu’ils pouvaient perdre le bénéfice d’un statut nouvellement acquis. Mais le temps de faire contrôler la légalité et la constitutionnalité de cette mesure annoncée, la réforme sera passée. Autrement dit, le nouveau citoyen français ayant tiré sur un flic aura gravement transgressé la charte qu’il aura pourtant bien comprise et signée ! En ce cas, dehors ! (s’il n’est pas apatride)
La ratonnade des Roms ?
La vision cauchemardesque d’une ville comme Grenoble où la gendarmerie s’est vue assiégée par une bande de voyous devenus maîtres de lieux a eu de quoi terroriser les Français. D’où ce résultat de sondage.
Il va de soi que Sarkozy a une fois encore joué les pompiers pyromanes en brandissant des idées courtes à l’image du FN. Ce n’est que maintenant que le ministre Besson s’aperçoit qu’il faudrait peut-être regarder où en sont les accords avec la Roumanie d’où proviennent une forte majorité de Roms (qui, jetés par la porte avec une prime, reviennent par la fenêtre chercher une autre prime). Ce n’est que maintenant que l’on s’aperçoit que l’autre réforme Besson (un homonyme) est mal appliquée et que les aires d’accueil sont insuffisantes, obligeant les gens du voyage à squatter où ils peuvent, ce qui nuit aux honnêtes gens propriétaires, et au voisinage.
Traiter les gens du voyage sous le seul angle de la répression (ou plutôt par la terreur) est une erreur grave pour un chef de l’Etat, une solution inhumaine dont l’exigence de sécurité pouvait se passer. C’est une question de sang-froid. Mais nous venons d’apprendre par la revue à sensation VSD que Sarkozy n’en a pas et que sa posture de calme affiché lors de son interview télévisée du 13 juillet n’était qu’un jeu d’apparences, une duperie ayant pour seul but de se protéger dans l’affaire Woerth.
Mais que savons-nous des attentes réelles des citoyens aujourd’hui en matière de valeurs et de souhaits de réforme ? Rien ! Les urnes et les sondages ne permettent pas de nous éclairer. C’est là-dessus qu’il faudrait travailler, ne serait-ce que pour savoir si nous partons sur un malentendu ou pas…
En tous les cas, la réduction drastique des fonctionnaires de police et leur répartition injuste sur le territoire (protection prioritaire des riches et des officiels) montrent bien que les attentes confirmées par le récent sondage ne sont pas écoutés par le président.

