DSK ne s’en sortira pas sans plaider coupable

Si le procureur s’en était tenu à la seule recherche de la vérité, en gardant ce seul cap et sans rechercher le maximum d’approbation de son électorat dans un premier temps puis à sauver la cause de l’accusé dans un second temps, le dossier ne serait pas aujourd’hui si embrouillé. Ses zigs zags, ses grands coup de balancier dans un sens puis dans  l’autre, favorisent le spectacle mais pas la recherche de la vérité.

Dans cette seconde phase, le procureur a agi à la légère et avec précipitation, accréditant la thèse du complot : la femme de chambre aurait fait une chambre après la suite 2806 et aurait parlé à son compagnon taulard de soutirer le maximum d’argent à DSK. Fort de ces éléments, le procureur écrit une lettre aux avocats de la défense par laquelle il exprime des doutes sur la crédibilité de l’accusatrice et tend la perche à DSK qui en profite, presse à l’appui. A tel point que tout le monde pense à un non lieu rapide.

Mais voilà, quelques heures plus tard, le procureur obtient les résultats de l’examen des cartes magnétiques : la version de la femme de chambre était exacte et elle n’est pas allée faire le ménage dans une autre suite après les faits. Les expertises complètes des cartes magnétiques, notamment de la suite 2820, n’ont été demandées que le mercredi 29 juin et les résultats reçus le surlendemain par le procureur, qui venait de faire part de ses doutes sur la crédibilité de la plaignante, comme l’a révélé Le Figaro.

La partialité du procureur se vérifie aussi à l’occasion de la transcription des propos tenus par la femme de chambre avec son mari en prison. Selon le New York Times, des problèmes de traduction auraient émaillé les différentes auditions de la jeune femme peule, qui s’exprimait dans sa langue maternelle, le foulani. Le plaignante a même interrompu le traducteur pour manifester son désaccord sur la traduction mais l’équipe du procureur se montrait ces jours-là très agressive envers elle, lui interdisant de fait toute défense. Selon une version différente, les propos auraient été : « Fais attention à toi, c’est un homme puissant ! Réponse : ne t’en fais pas, je sais ce que j’ai à faire même si cet homme a beaucoup d’argent ». Aujourd’hui, il est malheureusement impossible de prouver cette version car le procureur garde secret l’enregistrement pour l’accusation parce qu’elle n’est pas partie au procès pénal.

DSK aurait montré sa préméditation à son arrivée à l’hôtel en enjoignant la réceptionniste de monter dans sa chambre. Sans doute éprouve-t-il une certaine excitation à forcer la main des femmes. Il aura bien forcé la main d’une femme mais pas celle de la réceptionniste.

Grâce au rôle de Sainte-Anne-Sinclair, qui dans cette affaire comme dans d’autres m’apparaît plutôt comme une complice (pas au sens pénal strict du terme), DSK pense s’en tirer la tête haute. Mais cette complicité, aussi active soit-elle, marchera-t-elle cette fois -ci ? Toute sortie honorable sans passer par le plaider coupable, au moins sur une partie des faits, est impossible. Sauf magouille. Ou sauf révélation d’une faute grave de la plaignante (mensonge ayant trait directement à l’affaire et compromettant la bonne justice), ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Si le procureur ne cède pas aux pressions et si l’interprétation des faits ne change pas, les avocats de DSK devront convaincre leur client de plaider coupable. Ce n’est que mon avis, nous verrons quelle est la suite…

Par ailleurs, je ne crois pas à la théorie du complot.

 

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