Madame Bachelot veut améliorer le RSA : vraiment ?

Pour faire taire la polémique lancée par M.Wauquiez sur les minimas sociaux et en particulier sur le RSA, Roselyne Bachelot-Narquin a déclaré que le RSA est un dispositif « horriblement complexe » et qu’elle allait s’attaquer à cette question.

Elle a donc évoqué des pistes susceptibles de faire évoluer cette prestation, se gardant toutefois de livrer des conclusions définitives, ni d’annoncer des mesures, tant que Marc-Philippe Daubresse n’a pas remis le rapport sur la réforme du RSA. Il ne faudrait pas commettre la même faute que Laurent Wauquiez.

Madame Roselyne Bachelot-Narquin a exprimé trois idées

1 – Fusionner la prime pour l’emploi et le RSA activité : alors là, rions ! Martin Hirsch  souhaitait le faire à l’origine, mais l’UMP s’était dressée comme un seul homme pour rejeter cette proposition. La fusion des deux dispositifs permettrait de renforcer l’incitation financière à la reprise d’emploi. Mais la ministre des Solidarités risque de se heurter à la même vive hostilité de la part de son camp.

2 – Créer un « guichet unique » : Encore  le coup  du guichet unique ! C’est le truc qu’on ressort à chaque fois qu’on veut se montrer un réformateur moderne. On attend de voir les modalités précises rendant cela possible.

3 – Faciliter le retour au travail des mères isolées avec enfant, allocataires du RSA (dont un bon nombre sont d’anciennes bénéficiaires de l’allocation de parent isolé). Il fallait bien ne pas mécontenter la « droite sociale » (j’adore ce nom, il me fait rire – jaune – à chaque fois) incarnée par Laurent Wauquiez, l’homme qui veut s’attaquer aux pauvres qui sont le « cancer de notre société« . Alors que c’est la pauvreté qui en est le cancer et non les gens qui en sont affligés, mais bon à la droite sociale (ha ha ha !) on est plus intelligents qu’ailleurs : on « sait » !

Bon, en tout cas, la ministre des Solidarités travaille avec la CNAF pour résoudre le problème lié à ce troisième point. Elle a également de nouveau regretté la lenteur de la mise en place des pactes territoriaux d’insertion par les départements et leurs partenaires, déplorant que 60 d’entre eux n’en sont toujours pas dotés. Certes.

Mais la réforme en cours sur le RSA est-elle une réforme ambitieuse et d’envergure ?

Si l’on en croit Martin Hirsh, nous avons lieu d’en douter sérieusement car ce dernier – père du RSA, rappelons-le , meilleur spécialiste – est à peine invité à en discuter. Il n’a pas reçu d’invitation personnelle au groupe de travail ; c’est l’AFP qui lui apprend qu’il est convié. De plus, il n’aura que 6 minutes pour s’exprimer.

Alors, vraie réforme ? J’en doute.

De toute manière, le bilan du RSA sous sa forme actuelle est plutôt positif selon  le journal Les Echos. A quoi bon se précipiter à le réformer, sauf évidemment si l’on veut faire du  thème populiste des minimas sociaux, « cancer de notre société« , un enjeu électoral.

Les Echos : « Le RSA a permis à 14 000 foyers de sortir de la pauvreté »

 

 

 

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