Le cancer de notre société c’est l’exclusion

Le cancer de notre société n’est pas la solidarité, ou comme dit M.Wauquiez, l' »assistanat ». Le cancer de notre société, c’est l’exclusion.

Personne ne peut vivre mieux avec le RSA qu’en travaillant. La seule possibilité de vivre mieux avec le RSA qu’en travaillant, c’est de frauder. Or, soyons sérieux, Monsieur Wauquiez, personne en France n’encourage la fraude comme moyen de s’enrichir.

Pour une forme d’activité utile et valorisante

Le RSA doit continuer d’être un levier incitatif et non un moyen répressif. Dire le contraire, c’est violer l’esprit de la loi qui a été votée.

Une contrepartie sous forme d’activité ? Pourquoi pas, en effet. Beaucoup de gens sont favorables à une activité d’intérêt général mais pas à cette forme d’esclavage forcé à valeur répressive et à connotation stigmatisante qui de plus présente un risque important de destruction des emplois existants. Il faut que ce soit utile, valorisant et un minimum indemnisé.

Envisager comme le fait Wauquiez le travail comme un moyen répressif est contraire à l’esprit de la loi sur le RSA qui a créé cet outil pour inciter et non pour punir. Par ailleurs, contraindre à travailler des gens déjà en insertion ou des femmes seules avec enfant est contre productif. Offrir une activité aux autres est une bonne chose mais sans que cela soit une punition ni n’entraîne une réduction des aides. Au contraire, une petite compensation financière serait la bienvenue.

Une activité peut aussi redonner de la dignité aux bénéficaires du RSA qui sont jugés « inemployables ». Ceux-là ne pourront jamais accéder à un travail même partiel. Un peu d’activité adaptée peut leur servir et ils peuvent de leur côté servir l’intérêt général à leur modeste niveau. N’a-t-on pas souvent besoin d’un plus petit que soi ?

Faut-il sanctionner l’inactivité ?

Martin Hirsh, le père du RSA, y est favorable mais dans le cadre adapté au RSA qu’est le contrat unique. Je le cite : « On pourrait tout à fait concevoir de sanctionner les allocataires du RSA qui refuseraient un contrat unique d’insertion, à condition d’avoir respecté le principe du contradictoire, pour ne pas punir  à l’aveugle celles et ceux qui auraient de véritables motifs les empêchant de prendre l’un de ces emplois. »

Martin Hirsh rappelle par ailleurs que le contrôle et la sanction existent pour les bénéficiaires du RSA. Et ceci constitue un changement important par rapport au RMI dont le « I » était supposé signifier « insertion » et restait souvent lettre morte si j’ose dire. Le RSA est plus contraignant. Les allocataires du RSA sont obligés, sauf problème de santé grave, de rechercher un emploi et d’être inscrit à pôle emploi. Or, selon les statistiques de la Caisse nationale des allocations familiales, 97% des bénéficiaires du RSA sont orientés vers pôle emploi.

Les allocataires du RSA, sont aussi, comme les autres demandeurs d’emplois, soumis à l’obligation d’accepter deux offres raisonnables d’emploi. Si cette disposition, en vigueur depuis plus de deux ans, a été peu actionnée, ce n’est pas par laxisme ou complaisance mais, selon Martin Hirsh, « parce que il est rare que deux offres valables d’emplois soient faites à des allocataires du RSA et encore plus rare que ceux-ci les refusent« .

En conclusion, le cancer de notre société, si cancer il y a , ce n’est pas l’assistanat mais l’exclusion. L’activité utile, adaptée, valorisante, non concurrente au secteur de l’économie, peut être un levier d’insertion non négligeable. Encore faut-il mener une politique intelligente pour cela…

 

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