C’était un juge de comté qui aimait les alexandrins…

I

C’était un juge de comté
Qui aimait les alexandrins.
Ses jugements en étaient pleins.
Les pieds, il savait les compter.

Quand il disait « coupez les pieds
De ce voleur ! », c’était en rimes.
Cela rehaussait la valeur
Du travail des chasseurs de prime.

Refrain :

Il pendait tous les malandrins,
Qui détroussaient les voyageurs.
Il troussait des alexandrins
D’un bras populaire et vengeur.

II

Il était connu alentour
Pour être l’ami du pouvoir.
Rien ne savait mieux l’émouvoir
Que d’être reçu à la cour.

Toujours il savait devancer
Ses maîtres dans leur moindre pensée.
Le plus petit sous-entendu
Etait traduit en « attendus ».

Refrain :

Il pendait tous les malandrins,
Qui détroussaient les voyageurs.
Il troussait des alexandrins
D’un bras populaire et vengeur.

III

Il était connu comme l’enfer
Mais pourchassait le pauvre diable.
Quand il te collait dix ans fermes,
C’était fichu, irrémédiable.

Rien à faire, la messe était dite.
Et avec ta condamnation
Toute la famille était maudite
Pour au moins trois générations.

Refrain :

Il pendait tous les malandrins,
Qui détroussaient les voyageurs.
Il troussait des alexandrins
D’un bras populaire et vengeur.

IV

Son talent devint maladif.
Il rendit justice sur la place
Et versifia pour le shériff
Le désir de la populace.

Quand on disait « pendu à l’aube »,
Il savait bien surenchérir :
« pourquoi faut-il attendre l’aube ? »
Le prince en vint à le chérir.

Refrain :

Il pendait tous les malandrins,
Qui détroussaient les voyageurs.
Il troussait des alexandrins
D’un bras populaire et vengeur.

V

Il reçut la légion d’honneur
Ainsi qu’une prime au mérite.
Faut-il que je conte la suite ?
Ce s’ra avec un grand bonheur.

Une nuit qu’il prit une cuite
En compagnie de malandrins,
Il dragua en alexandrins
Un gorille et dut  prendr’la fuite…

Voris Bian

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