Le non déserteur, par Bernard Koucher

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La « presque-lettre » de Bernard Kouchner au président de la République

Monsieur le président
Je vous fais une lettre
Enfin je la ferai peut-être
Car je suis hésitant.
Je viens de m’apercevoir
Que vous donnez du Kärcher
Que vous partez en guerre
Contre les Roms le soir.

Monsieur le président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour chasser les indigents.
C’est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Quelle fut ma surprise,
J’ai failli déserter.

Depuis que c’est commencé,
J’ai vu pleurer des pères,
J’ai vu partir des mères
Et pleurer des enfants.
Certains ont tant souffert
Qu’ils iront dans la tombe
Et se moquent des bombes
Et se moquent des vers.

J’ai beaucoup hésité
A dénoncer l’infâme,
Et à sauver mon âme,
Mais cela m’est passé.
Demain de bon matin
J’en mettrai à la porte,
Je vous prêterai main forte,
J’irai sur les chemins.

Je chasserai ces bandits
Sur les routes de France,
De Bretagne en Provence
Et je crierai aux gens :
«Acceptez d’obéir,
Acceptez de vous taire,
Jetez-vous dans la guerre,
Refusez d’réfléchir.»

S’il faut donner son sang,
Ne donnez pas le vôtre,
Vous êtes mon apôtre
Monsieur le président.
Et si vous poursuivez,
J’aiderai vos gendarmes
J’ai versé une larme
Mais j’vais pas me tirer.

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