Un député breton joue la carte de la transparence

Les notes de frais des députés britanniques font scandale outre-Manche. En France, ces dépenses sont dissimulées mais des députés souhaitent que l’on applique la transparence. C’est le cas de René Dosière, député socialiste de l’Aisne, qui a déjà produit des rapports qui ont fait grand bruit. Un autre député socialiste, Jean-Jacques Urvoas (Finistère) a décidé de porter à la connaissance du grand public ses revenus et ses dépenses de parlementaire sur son blog. Mal lui en prit, il est l’objet de critiques de la part de certains internautes.

 

Après René Dosière, Jean-Jacques Urvoas a décidé de rendre public le détail de ses dépenses sur son blog.

René Dosière ne pouvait faire autrement que d’appliquer à lui-même l’exigence de transparence qu’il réclame de la part de l’Etat, lui qui détaille depuis des années le budget de l’Élysée pour en stigmatiser les dérives. Mais J.J Urvoas n’était nullement contraint à cet exercice. « Notre idée était de démontrer qu’on n’a jamais rien à perdre à jouer le jeu de la transparence » explique le député du Finistère. Sur son blog, il précise qu’il est opposé au cumul des mandats et l’exemple de son budget ne saurait donc être représentatif de l’ensemble des députés. 
 
Urvoas donne le montant de son « indemnité représentative de frais de mandat » qui est la même que celle de ses collègues, à savoir 6 329 euros brut depuis le 1er octobre 2008.

Il précise le montant de son indemnité salariale qui se chiffre à 5 219,17 euros brut.

L’enveloppe destinée à rémunérer ses collaborateurs est de 9 021 euros brut.

Voilà pour les revenus. Quant à ses dépenses, il en dresse un état très détaillé :

1 – Moyenne mensuelle de ses dépenses :

- 460,43 euros de prélèvement « CSG »

- 30,70 euros de prélèvement « RDS »

- 343 euros de participation au fonctionnement du groupe socialiste

- 950 euros de remboursement à l’Assemblée pour un « prêt d’honneur » ayant servi à acheter sa permanence à Quimper

- 1 950 euros de remboursement d’un autre emprunt contracté sur 10 ans pour l’achat de sa permanence

- 37,25 euros d’assurance sur ces deux prêts.

Soit un sous-total : 3 772,32 euros chaque mois.

2 – Emploi de son enveloppe « IRFM » (« indemnité représentative de frais de mandat »)
 
Ce disponible de 2 556,68 euros est consacré :

- pour 350 euros par mois à divers abonnements

- pour 190 euros à régler la facture EDF

- pour 200 euros à rémunérer le syndic de la copropriété dans laquelle se trouve sa permanence

- pour 200 euros à du petit matériel de bureau et divers travaux d’entretien des locaux

- pour 327 euros à divers fournitures liées aux installations informatiques de ses 3 collaborateurs qui travaillent à Quimper

- pour 275 euros à la location des chambres d’hôtel au sein de l’Assemblée où il dort 3 nuits par semaine

- pour 300 euros à ses repas au sein de l’Assemblée mais aussi pour des déjeuners dans sa circonscription

- pour 100 euros à des dépenses de parking notamment à l’aéroport de Brest 

- pour 230 euros à des factures liées à l’entretien et à l’utilisation de sa voiture, à des frais de pressing ou de dépenses d’habillement, pour la location de l’hébergement de son blog, voire pour l’achat de gerbes pour les commémorations patriotiques.

Ce qui crée polémique ou, en tout cas, discussion, c’est l’achat de sa permanence de Quimper

Des internautes ont réagi sur le blog du député et s’interrogent ouvertement sur la pertinence de l’achat du local de permanence plutôt qu’une simple location, le mandat d’un député étant éphémère. Les questions des commentateurs s’enchaînent : « En êtes-vous propriétaire à titre personnel ? Appartient-elle au parti ? Que comptez-vous en faire à la fin de votre mandat ? »

Le parlementaire socialiste entend répondre point par point aux critiques mais il précise que sa démarche n’est pas morale, « elle est éthique. Je ne dis pas que ce que je fais est bien, mais je dis ce que je fais« , explique-t-il. C’est déjà beaucoup quand on voit des personnalités politiques qui appliquent trop souvent le principe « fais ce que je dis, pas ce que je fais »…

Le journal La Croix a également consacré un papier à ce sujet.

 

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