La Blanche hermine et le mouton noir

L’un ne se sépare jamais de son écharpe blanche, l’autre est né mouton noir. Le premier, Jean-Yves Cozan, élu local de longue date vient d’adhérer au MoDem et apporte son soutien de poids au candidat démocrate Bruno Joncour pour les élections européennes dans le Finistère. Le second, Koffi Yamgnane, est noir. Il fut le maire de Saint-Coulitz et aussi ministre sous Mitterrand. Il vient d’annoncer sa candidature à la présidence du Togo.

« La voilà la blanche hermine ! » pourrait être la formule adaptée pour célébrer le ralliement au MoDem de ce nouvel adhérent de poids qu’est Jean-Yves Cozan. L’intéressé ne renierait d’ailleurs en rien cette référence et ne verrait sûrement pas d’inconvénient à ce que le barde du MoDem -non point votre serviteur (j’entends ricaner dans la salle) mais bien entendu Jean Lassalle !- entonne un chant de bienvenue que l’on doit à Gilles Servat et dont la force des mots et des évocations résonne comme un élan de révolte mais aussi de vigueur dans le coeur des Bretons authentiques qui partagent une même aspiration à la réunification de leur pays dans son intégrité historique. « J’ai rencontré ce matin / Devant la haie de mon champ / Une troupe de marins / D’ouvriers, de paysans / Où allez vous, camarades / Avec vos fusils chargés / Nous tendrons des embuscades / Viens rejoindre notre armée.

La voilà, la blanche hermine !
Vivent la mouette et l’ajonc !
La voilà, la blanche hermine !
Vivent Fougères et Clisson
! (…) » (On peut écouter ici cette célèbre chanson)

Jean-Yves Cozan, la Blanche hermine :

Cela fait 30 ans que Jean-Yves Cozan est conseiller Général d’Ouessant. Trente années de mandat, cela laisse augurer que sa légitimité sur l’île n’est plus contestée. Il est aussi membre du Parti breton. L’élu local très reconnu pour sa verve légendaire, porte autour du cou son inséparable écharpe blanche qui n’est pas sans rappeler la blanche hermine, symbole de la Bretagne. Il se trouve que Jean-Yves Cozan est justement régionaliste et c’est l’une des raisons qui ont emporté sa décision de rejoindre le MoDem, décision rendue officielle le 30 mars. Mais ne pensez pas un seul instant que la couleur de l’écharpe de ce breton pur jus va virer à la couleur orange !

Jean Yves Cozan déclare : « Aujourd’hui je rejoins le MoDem car il faut booster celui-ci pour les Elections Européennes. Le parti de François Bayrou est le seul parti qui n’est pas nationaliste mais régionaliste et européen. »

Le maire de Quimper, Bernard Poignant, qui est socialiste s’inquiète de ce tournant qui va renforcer la liste du MoDem qu’il admet comme ayant de bonnes chances de l’emporter : pour le maire socialiste, le Mouvement Démocrate, « c’est le seul parti qui peut aujourd’hui avoir un député breton, Bruno Joncour, et cela si il fait plus de 15-16% lors de ces élections. » Le MoDem est bien aujourd’hui le seul parti de gouvernement qui soit régionaliste. Et, c’est avec des personnalités telles que Jean Yves Cozan, Bruno Joncour, Sylvie Goulard, ou Isabelle Le Bal, entre autres, que le MoDem pourra réaliser le double défi de la régionalisation en Bretagne et de la progression dans le bon sens de l’idée européenne.

A Ouessant, il existe une variété spéciale de moutons : les moutons noirs. Jean-Yves Cozan, conseiller général d’Ouessant les connaît bien comme il connaît bien tout ce qui touche à la Bretagne. On ne pouvait rêver meilleure transition pour associer ces deux caractères et évoquer ci-dessous le cas très atypique d’un élu très typique, Koffi Yamgnane.

Koffi Yamgnane, le Mouton noir :

Koffi Yamgnane, l’ancien ministre à l’Intégration de François Mitterrand (de 1991 à 1993) qui fut également Maire de la petite ville bretonne de St. Coulitz en Finistère (de 1997 à 2002) a annoncé dimanche qu’il serait candidat à l’élection présidentielle au Togo. L’information est donnée par le quotidien « Le Parisien ».

Natif du pays (de Bassar : Bandjéli), il vise la magistrature suprême pour 2010. M. Yamgnane dirige l’association « Sursaut Togo » et il a affirmé lors d’un séjour à Lomé en octobre 2008 – au cours duquel il avait été reçu par le président Faure Gnassingbé – : « J’ai un sérieux projet de société pour le Togo« . Juridiquement sa candidature est rendue possible aujourd’hui puisqu’il possède la double nationalité mais en 2005, il avait dû se retirer de la course en raison de la législation électorale du Togo.

Kofi Yamgnane est un humaniste doté d’un solide sens de l’humour. Il fut d’ailleurs lauréat du Prix de l’humour politique en 1992 pour s’être qualifié de « Breton d’après la marée noire« .

Mais le sobriquet ici donné de mouton noir vient aussi de son témoignage sur son blog : « Si je porte le prénom de Kofi, c’est parce que je suis un garçon né le vendredi et que l’on n’attendait pas… Autant dire que bien que fils de vendredi, je suis né sans Robinson pour me tenir en laisse, dans la brousse au fin fond du Togo. »

En Europe, j’ai appris, souvent à mes dépens, que je ne devais compter que sur moi-même pour trouver mon chemin à travers les trop nombreuses chausse-trappes de la vie « civilisée » de ce « trop civilisé » monde occidental … »

Je souhaite bonne chance à la liste du MoDem de Sylvie Goulard et Bruno Joncour et bonne chance à Kofi Yamgnane !

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Les giga oc têtes chercheuses du MoDem

Sylvie Goulard est chercheuse. Elle est aussi tête de liste pour le grand Ouest dans la campagne des élections européennes. « Sylvie est une combattante, elle dispose d’une solide expérience, elle est actuellement la présidente du mouvement européen pour la France. D’emblée elle sera entendue à Bruxelles », affirmait François Bayrou en visite à Saint-Brieuc le 17 mars. 
Sylvie Goulard est chercheuse au CERI (Centre d’études et de recherches internationales) et elle enseigne au Collège d’Europe à Bruges. Mais elle est surtout une farouche partisane de l’idée européenne, non sans défendre des exigences – notamment démocratique – quant à l’Europe présente et à venir.

Tout d’abord, quelle est cette « solide exprérience » dont parle le président du MoDem à son propos ? Sylvie Goulard possède une expérience forte dans le domaine des affaires allemandes. Elle a des relations avec d’importants responsables d’Outre-Rhin. Elle a aussi beaucoup travaillé et appris de l’autre côté des Alpes. Sa présence pendant quatre ans (2001 – 2004) aux côtés de Romano Prodi garantit à la fois une excellente maîtrise des questions communautaires, une connaissance approfondie des problèmes constitutionnels et un accès facile aux milieux décisionnels italiens.

« Elle est actuellement la présidente du mouvement européen pour la France, dit Bayrou, D’emblée elle sera entendue à Bruxelles« .

Elue en 2006 à la présidence du Mouvement Européen-France, elle a été reconduite très facilement dans son mandat en 2008. Il faut dire qu’elle a oeuvré utilement et avec détemination à ce poste, élargisant l’équipe, plus ouverte à la diversité. Elle a par ailleurs développé des actions de sensibilisations sur les questions européennes dans différents lieux ouverts au public. Il faut dire que Sylvie Goulard, bien qu’énarque, a un talent particulier pour la pédagogie et se montre attentive à ses interlocuteurs.

Pédagogue, elle a publié notamment en 2007 « L’ Europe pour les nuls« ( éditions First). 484 pages où elle raconte la genèse de l’idée européenne, les principes qui ont présidé à la naissance de l’Europe, à quoi servent les institutions et l’avenir de l’Union. Enfin, elle conclut sur une dénonciation des « dix clichés et autres âneries sur l’Europe« , un passage savoureux tout comme l’est aussi ce clin d’oeil à l’histoire des petits cochons : les 27 petits cochons de l’Union cherchent à se protéger du loup qui symbolise les dangers et les défis de la mondialisation et de la guerre des civilisations en se réfugiant dans les trois maisons, inégalement solides, qu’ils ont construits à cet effet :

… la maison de pierre du commerce extérieur, où « l’Europe possède un visage et n’a qu’une parole, ceux du commissaire qui, pendant cinq ans, est en charge de ce portefeuille. C’est une réussite, dont la plus belle consécration réside dans le fait que l’un des documents les plus importants de l’administration Bush, la Stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis, ne mentionne l’Europe qu’une fois : à propos de la politique commerciale. »

… la maison de bois : l’aide au développement : l’Europe est le premier donateur aux pays pauvres.

…la maison de paille : la politique étrangère et de sécurité commune, dont l’auteur stigmatise le caractère purement déclaratoire, voire déclamatoire. 

Certains voient en Sylvie Goulard une personne jeune mais sa formation et sa forte expérience décrite ci-dessus écarte d’emblée toute accusation d’inexpérience. D’autres critiquent sa non implantation en Bretagne. L’intéressée fait observer que, si elle vient de Marseille, elle est l’épouse du frère de François Goulard, le maire de Vannes. Rappelez-vous : celui qui avait déclaré qu’il rejoignait Bayrou lors des présidentielles 2007 avant de changer d’avis au dernier moment, mais qui ne saurait être taxé de sarkozisme vu ses coups de gueule fréquents à propos des méthodes ou des choix de l’autocrate de l’Elysée.

Mais chez les Goulard, on a du caractère. La preuve, la persévérance avec laquelle Sylvie Goulard défend l’idée démocratique, critiquant la cooptation et les décisions prises en club fermé (les chefs d’état ou de gouvernement décident entre eux). Elle conteste aussi l’élargissement imposé et qui ne reçoit jamais l’aval démocratique.

Sur cette vidéo, lors de Paroles d’Européens à Marseille, Sylvie Goulard interpellait Bernard Kouchner à la tribune pour que les chefs d’Etats et de Gouvernements ne décident pas à la place des citoyens qui sera le prochain Président de la Commission européenne. Pour le Taurillon, elle nous explique pourquoi. 


 
Sylvie Goulard est secondée sur la liste européenne par un élu du MoDem solidement implanté localement, le maire de Saint-Brieuc Bruno Joncour.

Vidéo de présentation de Sylvie Goulard à Saint-Brieuc en présence de François Bayrou

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Les giga oc têtes du MoDem : Robert Rochefort

« A ma guise » n’est pas la devise de ce Rochefort-là qui n’est pas non plus moustachu. Robert Rochefort est une grosse tête qui a rejoint le Modem pour y être désigné tête de liste dans la circonscription Sud-Ouest lors des élections européennes de juin 2009.

 
Depuis plus de 20 ans à la tête du centre de recherche pour l’étude et l’observatoire des conditions de vie, (CREDOC) Robert Rochefort est le plus fin connaisseur des phénomènes de consommation en France. Il est aussi candidat du MoDem pour les européennes de 2009, dans la circonscription Sud-Ouest. Cet homme d’expérience, expert très prisé, en connaît un fameux un rayon sur la consommation et le pouvoir d’achat.

Du pain, du vin, du Rochefort :

Robert Rochefort a été maître de conférence à l’ÉNA et il est aussi (entre autres) membre, depuis mars 2006, du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre. C’est un expert dont on s’arrahce le service mais c’est surtout entant que directeur du CREDOC qu’il est le plus connu du grand public.

Le rôle du CREDOC est d’analyser les comportements des consommateurs et leurs modes de vie. Il publie des documents précieux et riches d’information que le public peut consulter sur son site  : une lettre mensuelle, « Consommation & Modes de Vie » dont chaque numéro est consacré à un thème unique, éclairant les grands débats contemporains. Il publie également des rapports et études thématiques.

Si Robert Rochefort met de côté sa casquette de directeur du CREDOC pour mettre ses compétences au service de l’Europe si les électeurs le désignent, sa forte expérience acquise à la direction du CREDOC ne peut être qu’utile à un moment où les électeurs sont en quête d’élus qui comprennent bien les ressorts du pouvoir d’achat et de la consommation et qui sont en situation d’être sensibilisés à leur situation difficile.

« Plus Robert que Rochefort », le consommateur ?

Au moment où il s’apprête à abandonner son poste de directeur du CREDOC pour conduire la liste du Modem dans le Sud Ouest, aux élections européennes, Robert Rochefort présente dans une interview accordée au magasine « Challenges » de mars sa conviction personnelle selon laquelle nous assistons à la fin de l’hyperconsommation. Il faut consommer mieux et, en particulier, « acheter moins mais mieux« . Il ne fait du reste que cautionner une tendance actuelle des consommateurs. « On a le sentiment de ne pas avoir assez d’argent pour consommer mais que la consommation est une impasse, notamment environnementale. »

Robert entrevoir trois hypothèses de sortie possible de cette crise : « La première consisterait à opter pour une société low-cost. C’est une impasse. La seconde conduirait le consommateur à faire une sélection des produits qui continuent de la faire rêver. Je n’y crois pas. La Troisième est un modèle qui privilégie l’amélioration qualitative de l’offre. J’achète peut-être moins de produits mais chacun renferme du sens, des valeurs, une utilité pour laquelle je suis prêt à payer le prix. »

Pour faire éclore ce modèle, il faudrait « un renforcement de la réglementation, qui correspond d’ailleurs assez bien au retour de l’Etat, auquel nous assistons. L’installation de radars, par exemple, et donc la limitation de vitesse correspond à la fin de ce secteur. De la même façon, en instaurant une fiscalité verte pour limiter l’importation de produits lointains, à contre saison, comme les fraises sud africaines. Les consommateurs sont prêts. »

Mais, dit Rochefort, la fin de l’hyperconsommation ne signifie pas pas la décroissance dont les gens, dans leur majorité, ne veulent pas. Ce que veulent les gens, c’est « retrouver les notions d’équilibre, de bon sens« , pas renoncer à dépenser.

Robert Rochefort, vigie des comportements des consommateurs français, peut, à partir des constats rendus par les analyses du CREDOC, dresser les tendances et faire des prévisions d’avenir. Cela tombe bien puisque ne dit-on pas justement que gouverner c’est prévoir ? Pour lui, il apparaît que les Français restent confiants dans l’avenir mais ils manifestent « une défiance contre la société d’abondance« , plus soucieux désormais de la quantité que de la qualité. Sans être des « foules sentimentales », les Français se retrouvent autour de valeurs sûres comme la famille, les choses saines (l’agriculture biologique par exemple). Le marché des cadeaux continue de bien marcher, ce qui est bon signe.

Robert Rochefort a choisi le MoDem pour les idées qu’il partage avec ce parti mais aussi parce que « Bayrou a la pensée la plus profonde« . 

Nul doute que l’esprit de fin analyste et d’expert de Robert Rochefort viendra compléter cette profondeur de vue.
Article de Robert Rochefort sur le site du MoDem.

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Total rigole ! Et le MoDem dénonce.

Alors que la société Total anonçait en février un super bénéfice, le plus gros jamais réalisé par une entreprise française (près de 14 milliards d’euros), on pouvait s’attendre à une réinjection d’une partie de cet argent dans un but d’intérêt général. Non seulement il n’en sera rien mais Total va supprimer 555 emplois pour alléger ses structures et enrichir davantage encore ses actionnaires.


Autre point choquant : Total tire un gros profit en Guadeloupe de la situation de monopole de sa filiale SARA. La société est en bonne partie responsable de la montée de la vie chère des Guadeloupéens. Total doit ses énormes bénéfices à l’effet de rente lié à la montée du prix du baril mais aussi à son cynisme en matière de sécurité : le naufrage de l’Erika fut causé par les économies irresponsables réalisées sur les mesures de sécurité les plus élémentaires.

Le MoDem dénonce :

Sur son blog, Corinne Lepage met dans la balance les super profits de Total et la crise que nous connaissons et imagine le rôle utile que pourrait jouer cette manne inespérée dans le développement durable. L’Etat, lui, préfère récolter les impôts générés par ces sommes, mais ne récupérera que les recettes liées aux profits réalisés en France. La candidate aux élections européennes met l’accent sur l’opacité des comptes de la société Total. Elle en appelle à une responsabilité civique et à une utilisation intelligente et utile des super profits.

Corinne Lepage : « Profits records de Total et crise »

Total est aussi connue pour ses prises de risques irresponsables, ainsi dans l’affaire du naufrage de l’Erika, un sujet que connaît bien Corinne Lepage qui a été l’avocate efficace des collectivités locales, un combat qu’elle mène depuis 1978 où elle avait agi dans le procès contre l’Amoco Cadiz. Cette affaire ressurgit à Quimper.

A Quimper, en effet, la municipalité socialiste décide de négocier avec Total et laisse tomber les poursuites contre Total dans le cadre du naufrage Erika. Le MoDem, par la voix d’Isabelle Le Bal, conseillère municipale et communautaire de Quimper, dénonce cette décision et en appelle à tous ceux qui ont à coeur de défendre la jurisprudence écologiste.

Sur son blog, Isabelle Le Bal « Erika sort par la porte…et rentre par la fenêtre« .

Dans cette affaire, le maire de Quimper invoque le fait que la commune cornouaillaise est la seule commune non littorale impliquée dans le procès et dit douter de sa légitimé à poursuivre l’action que la justice a pourtant reconnue comme parfaitement fondée et légitime. La demande en réparation est tout à fait fondée juridiquement puisque les préjudices sont prouvés même s’ils sont indirects : baisse importante du tourisme suite à la catastrophe. Il faut savoir, en effet, que de très nombreux estivants du littoral du Finistère profitent de la proximité de cette cité pour y faire du tourisme et du shopping. Dans un premier temps, la municipalité avait hésité à se retirer du procès et avait préféré ajourner le débat. Mais cette fois, elle a tranché, pas de manière franche toutefois : elle a décidé au niveau de Quimper communauté ! Ce qui revient au même mais permet d’escamoter le débat et donc de donner en plus un coup de canif à la démocratie. Quant à la cause de l’environnement, ce n’est plus un coup de canif mais une véritable balabre que l’on inflige à sa face !

Bien sûr qu’il ne faut pas hurler sans cesse après le libéralisme mais il y a ici un combat à mener sans pitié contre ceux qui abusent de leur situation et poursuivent avec cupididité des objectifs dangereusement contraires à l’éthique et à l’environnement. Et c’est pour cette raison que Quimper aurait dû renoncer à cette transaction déshonorante et poursuivre le procès, ce qui aurait aussi montré sa détermination et sa solidarité avec les communes directement victimes du naufrage de l’Erika, mais aussi une manière déterminée d’affirmer son intention de condamner l’attitude de Total, responsable de la catastrophe et qui ne se remet pas en question.

Vous avez dit « refondation du capitalisme  » ?

Quelques naïfs ont cru entendre dans l’expression » refonder le capitalisme » une intention de mener à bien une action noble et vertueuse, alors que si l’on prend l’expression au pied de la lettre, cela signifie que l’on va renforcer encore les bases du capitalisme pour le rendre plus puissant. Et sans doute encore plus inhumain, plus cynique.

Faute d’avoir mis la pression sur Total en exigeant l’utilisation des super profits dans un but d’intérêt général, le gouvernement se trouve aujourd’hui réduit à pousser des cris d’orfraie, à crier au scandale par la voix de Wauquiez, secrétaire d’Etat impuissant. On n’entendra pas Nicolas Sarkozy sur cette question. Logique : il est pour la refondation du capitalisme ! Et comme il l’a déclaré il y a quelque temps dans un restaurant en présence d’autres personnaltiés publiques, il sera « intraitable avec les faibles et serviles envers les puissants ».

Total rigole donc et n’a fini de rire à nos dépens.

Il reste les élections européennes où l’électeur aura l’occasion de voter utilement et, souhaitons-le, efficacement, pour marquer sa volonté de réformer réellement en profondeur et avec constance et persévérance le capitalisme, mais aussi mettre un frein sérieux sur les excès de toutes sortes, y compris de nos modes de vie, excès qui ne sont pas sans conséquences graves et durables sur l’environnement et sur la vie humaine.

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Ayrault, héraut de l’anti-Bretagne !

Alors que le président Sarkozy avait évoqué le rattachement de la Loire-Atlantique à sa région historique, la Bretagne, le maire socialiste de Nantes vient d’user dans l’ombre de son influence pour faire retirer la proposition du rapport Balladur. Faisant fi de la majorité de l’opinion bretonne et de Loire-Atlantique ainsi que de la majorité des élus locaux, Ayrault joue les Sarkozy de mauvais jours en faisant censurer une proposition mûrement réfléchie.

C’est le quotidien Le Monde qui nous l’apprend, Jean-Marc Ayrault a fait supprimer une disposition qui ne lui convenait pas dans le rapport Balladur.

Dès qu’il a appris que Edouard Balladur s’était déclaré favorable au rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, Jean-Marc Ayrault, le maire PS de Nantes, a exercé des pressions fortes sur Pierre Mauroy et André Vallini, les deux élus socialistes du comité, pour sortir cette proposition du rapport final.

Jean-Marc Ayrault a été informé des propos de Balladur grâce à ses dons d’espion et, semble-t-il, à la complicité du restaurateur breton Le Divellec, un grand restaurant parisien, ou de ses clients.

Voilà un élu socialiste qui apprend vite ses leçons auprès de Sarkozy, il pourrait demander à faire partie d’un gouvernement d’ouverture et rejoindre ainsi ses copains Besson et Kouchner.

Bien sûr, les élus ont manifesté leur mécontentement en apprenant cette manoeuvre peu délicate et peu démocratique, mais Balladur leur a jeté un de ses « je vous demande de vous arrêter  ! » prétendant qu’il ne se passait rien du tout. M. Balladur a qualifié de « bobards » les faits rapportés.

Jean-Marc Ayrault s’est toujours prononcé contre la réunification de la Bretagne. Ce que veut Ayrault, c’est la création d’un « Grand Ouest » sans attaches historiques ni personnalité forte, une région économique sans plus. Il y aurait dans cette région la Bretagne administrative, les Pays de la Loire, et le Poitou-Charente. Ayrault ayant décidé d’imposer sa ville de Nantes comme capitale de ce curieux ensemble. Je ne sais pas ce qu’en pensent les poitevins et les Charentais d’être ainsi annexés à Nantes et à la Bretagne.

On mesurera toute la modernité du concept ! Le « Grand Ouest » est un concept inventé par la DATAR dans les années 1970. Et la Bretagne administrative date du gouvernement de Vichy !

C’est pourtant Jean-Marc Ayrault qui, le 5 février, qualifiait d’anachronique le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne. Des propos offensants pour toute la Bretagne et tous ceux qui défendent une cause reconnue juste. Mais, l’anachronisme n’est-il pas plutôt le fait que Nantes, la plus grande ville de Bretagne, ne soit plus dans la région Bretagne depuis le régime de Vichy ?

Ayrault semble décidé à se poser en héraut de l’anti-Bretagne et de défendre pied à pied sa position personnelle contre l’avis majoritaire et insistant des Bretons depuis plusieurs générations.

Monsieur Ayrault, vous seriez bien aimable de cesser d’intervenir personnellement et avec autoritarisme dans le processus démocratique de la réunification de la Bretagne pour lequel le comité Balladur et le chef de l’Etat ont exprimé leur position favorable.

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Sarkozy : le goût de l’extrême

Ce goût de l’extrême qui fit la marque de fabrique de Sarkozy et qui lui valut sa popularité passée est en train de montrer ses limites. Et alors que le sarkozisme prétendait en faire un mode de gouvernance nouveau lui permettant de régner dix ans, voici que la stratégie s’essouflle au bout de seulement deux ! Au contraire, François Bayrou, très éloigné des idées et des méthodes extrêmes, se maintient dans l’estime des Français et apparaît comme un recours. 

Le goût de Sarkozy pour l’extrême se manifeste sous des aspects multiples. Sur le plan politique, Sarkozy n’a pas dissimulé sa sympathie pour Besancenot que pourtant même les démocrates de gauches ne peuvent que rejeter. C’est ainsi que Bernard Poignant, maire socialiste de Quimper et député européen déclare que « La nouvelle France de Besancenot ressemblerait à l’ancienne Albanie« . Evidemment l’UMP espère instrumentaliser la montée de l’extrême-gauche pour affaiblir l’opposition traditionnelle et remporter un quatrième mandat présidentiel en 2012. Malgré cette marque de sympathie envers le facteur de Neuilly, le goût pour les idées d’extrême-droite est paradoxalement toujours une composante du sarkozisme. Le récent mépris envers les Français colorés d’Outre-Mer l’atteste. Le traitement des clandestins – par un Besson plus zélé que jamais ! – et la multiplication des initiatives sécuritaires aussi : gardes à vue de plus en plus nombreuses, déploiements de services d’ordre pléthoriques et pressions énormes sur les préfets lors des déplacements présidentiels pour que pas une tête ne dépasse dans le rang du peuple français. Selon le mot même de Sarkozy, il faut que l’on n’apercoive plus les manifestations. Ce n’était pas une tournure ironique, c’était un voeu, et donc un ordre !

Un gouvernement impuissant au service des puissants :

Le goût de l’extrême s’est manifesté dans l’exhibitionnisme bling bling et la volonté obsédante de se montrer au bras des puissants de ce monde. A force de servilité envers les puissants, Sarkozy espérait quelque retour mais ce ne sera pas le cas. La gratitude n’est pas le fort des milliardaires cupides. Le paquet fiscal, la suppression de la taxe professionnelle, la dépénalisation des délits d’affaires, la commission arbitrale Tapie, les nominations de copains aux postes gratifiants, les amnisties sélectives et toutes autres sortes de cadeaux et de signaux en direction du patronat resteront sans effet. Sarkozy ne doit rien espérer en retour de ces gens. Pas de refondation du capitalisme en vue : le patronat se montrera implacable et de plus en plus exigeant sans jamais envisager la moindre contrepartie, sauf sous forme de déclarations d’intentions qui ne mangent pas de pain. Et pour cause : il sait qu’il a gagné ! Que le gouvernement n’a plus qu’à lui obéir au doigt et à l’oeil. C’est ainsi que le paquet fiscal n’a pas produit l’effet escompté, que les parachutes dorés vont continuer bon train ainsi que les spéculations financières, et les bénéfices des gros pdg et riches actionnaires, les licenciements opportunistes…

Le gouvernement, qui s’est mis au service des puissants se trouve aujourd’hui impuissant à mener une politique efficace, faute de moyens financiers, faute d’épargne et de prévoyance (et ce n’est pas Pérol à la tête qui changera le cours des choses), faute de crédibilité auprès du patronat qui le voit à sa botte. Cette impuissance se révèle aussi face à la montée inexorable et rapide du chômage.

L’échec de l’omnipotence présidentielle :

L’autre tendance extrême est en train de faire long feu. Il s’agit de cette nouvelle façon de faire fonctionner les institutions : un président en première ligne sur tous les sujets et dans tous les dossiers, réagissant au quart de tour et supprimant tous les intermédiaires – ministres compris- dans sa relation avec le peuple (ou plutôt ce qu’il croit être le peuple). Ce fut une grave erreur de penser que cette méthode pourrait marcher. En effet, l’histoire nous enseigne que les bonnes institutions sont celles qui ont été éprouvées par une longue et solide expérience, un consensus fort, ou des événements exceptionnels. La méthode présidentielle ne relève d’aucun de ces cas ; elle ne ressemble à rien de connu et, partant, ne pouvait qu’échouer puisqu’elle n’a jamais été confrontée durablement à la réalité. Elle n’a jamais été non plus inscrite comme une règle dans la constitution. A présent, on en voit les résultats désastreux, à savoir un gouvernement qui souffre de reconnaissance et qui n’ose plus agir sans remonter toute initiative au président. De plus, aucune issue ne semble possible. Le premier ministre est certes révocable mais son renvoi ne changera pas le cap qui est le fait du président lui-même. Engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée ? L’idée n’a tellement plus de sens qu’elle en est risible ! Le Parlement n’est plus rien.

Les extrêmes ne se concilient jamais : ils divisent ! L’extrêmisme n’a rien de rassembleur ; il est destructeur, y compris pour ceux qui croient l’employer comme une arme. La suite est malheureusement prévisible. Sarkozy n’est pas homme à transiger et à se remettre en question. Il s’obstinera à poursuivre son cap, à chasser son Moby Dick. Mais en jouant à la roulette russe, ce n’est pas que sa tête qu’il joue…

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« UMP, nous ne sommes pas impopulaires sans raisons »

Les cotes du chef de l’Etat et du premier ministre sont en chute libre et ce n’est pas seulement la faute de la crise, comme voudrait nous le faire croire le président qui a déclaré, sûr de lui : « Qui ne serait pas impopulaire, alors que le pays traverse une crise exceptionnelle ? » Oui mais voilà, ce n’est pas la crise en elle-même qui a fait descendre les manifestants si nombreux dans la rue et qui les fera redescendre, c’est bien la façon de la traiter. De même que les sondés, à 78%, soutiennent le mouvement de mécontement en Guadeloupe quand Sarkozy a décidé de le mépriser depuis son commencement.

Ces deux exemples montrent un président de plus en plus éloigné de son peuple. Loin d’essayer de reconquérir l’estime de ses compatriotes, le président a décidé d’en tirer la leçon suivante : puisque je n’ai plus que le soutien des électeurs de l’UMP, je vais m’employer désormais à ne choyer que cette partie de la France ! Certes, le président ne s’est jamais positionné réellement comme le président de tous les français mais c’est là franchir un pas – très risqué – de plus vers l’impopularité et, disons-le, l’illégitimité.

Alors, faisant fi de sa popularité et n’essayant même plus d’être hypocrite, Sarkozy se montre en chef de clan, servile envers les puissants et implacable envers les faibles. Il hésite encore moins qu’avant à placer ses amis. Ainsi est tombée la nouvelle de la nomination du secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol, à la tête de la banque issue de la fusion entre la Caisse d’Epargne et les Banques Populaires. Cette nomination a été décidée par le chef de l’Etat qui a obtenu l’accord de la commission de déontologie avant même que celle-ci ne statue. Comme il avait obtenu que le président de France Télévision supprime la pub à la télé avant le vote de la loi. Comme, diraient certains, il a obtenu la condamnation de Coupat et de Colonna avant que les juges ne se prononcent. On pourrait multipler les exemples, plus ou moins prouvés.

Toujours est-il que François Bayrou a dénoncé dimanche cette nomination prévue. « Tous les textes, à la fois de déontologie et du code pénal, dit-il, indiquent qu’il est interdit à une personne ayant exercé l’autorité publique sur une entreprise privée, qu’elle soit fonctionnaire ou agent temporaire, d’exercer quelque fonction que ce soit dans cette entreprise avant un délai de trois ans révolus« . « M. Pérol a joué un rôle actif dans le dossier (…) jusqu’à convoquer jeudi dernier les dirigeants des deux entités dans son bureau » à l’Elysée. Il est donc impossible, interdit et illégal« , selon lui, « que cette nomination soit confirmée« . « Au demeurant, cela signifie que Nicolas Sarkozy et ses proches reprennent au plus haut degré les pires habitudes de mélange entre l’Etat, le pouvoir et ses clans et le monde économique. Cela ne peut être accepté« .

Le président se défend de tout calcul personnel : « La politique de nominations du gouvernement est toujours fondée sur le même critère : la compétence, la compétence et encore la compétence« , a-t-il martelé, « J’observe que lorsqu’il s’agit de nommer quelqu’un de compétent qui vient de la gauche, ça ne vous intéresse pas. Je ne peux pas nommer que des gens de gauche« , a-t-il dit aux journalistes. Comme toujours, il fait une pirouette sarcastique. Il fait aussi un clin d’oeil à la gauche qui le lui rend bien : plusieurs ténors socialistes approuvent ouvertement cette pratique ou se gardent de la contester.

La présidence de la République a redit, le mercredi 25 février, que le président de la commission de déontologie du service public, qui doit se prononcer sur les transferts de hauts fonctionnaires vers le privé, l’a assuré dans un courrier que la nomination de François Pérol ne posait aucun « inconvénient pénal« . Mais Sarkozy transforme ces mots en « aucun problème« . Pourtant l’absence de risque pénal ne signifie pas qu’il n’y a pas de problème déontologique. On dirait que pour Sarkozy, tout est possible tant que ce n’est pas rendu répréhensible par une loi pénale. Et peu importe la morale !

Mais, quelles que soient les compétences du promu, il y a bien une question déontologique qui se pose. Sinon, pourquoi tant de remous et pourquoi avoir saisi la commission de déontologie dans l’antichambre pour lui arracher une pré-décision ?
Au-delà des compétences, il y a la question de la compatibilité des fonctions. N’importe qui pourra-t-il être autorisé désormais à être juge et partie au vu de ce seul critère des compétences ? On voit les conséquences qu’aurait une telle théorie si on l’appliquait à la Justice par exemple…

En réalité, les Français ne sont pas dupes et voient bien que ce n’est pas seulement ce critère qui a emporté la décision. Ils ont en mémoire la formation d’une commission arbitrale pour favoriser Bernard Tapie. Ils ont en mémoire aussi la réforme de l’audiovisuel qui permettra au chef de l’Etat de désigner qui il veut à la tête des télés et radios du service public et de de le révoquer quand bon lui semble. Le peuple voit très bien la confusion d’intérêts qui règne au sommet de l’Etat et de l’économie.

Alors, si on ajoute le profond sentiment d’injustice des Français qui souffrent de plus en plus de cette crise tandis que les riches prospèrent avec la complicité du pouvoir, on peut dire sans se tromper que l’UMP n’est pas impopulaire sans raison. Contrairement à la fusion de la Banque populaire et de la Caisse d’Epargne et de prévoyance qui va cumuler popularité et prévoyance, l’UMP ajoute à l’imprévoyance (caisses vidées par la loi TEPA et autres gabegies) la plus dangereuse des impopularités…

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Sarkozy : la preuve par le tiers

Avez-vous remarqué le goût prononcé du chef de l’Etat pour la notion de tiers ? Suppression des deux derniers tiers provisionnels de l’impôt sur le revenu des plus modestes, règle de la répartition des profits en trois tiers. Déjà en 2007 : projet de réduction d’ »un tiers en cinq ans de la pauvreté dans notre pays » et récemment l’idée de créer un statut spécifique pour le tiers dont le beau-parent. Ironie du sort : seul un tiers des Français soutient aujourd’hui Nicolas Sarkozy.


Lors de son allocution télévisuelle du 18 février, le président Sarkozy a réaffirmé sa détermination à poursuivre ce qu’il nomme un cap et à mener sa politique à laquelle il n’admet aucune alternative.

Sa détermination reste en tiers :

Il a annoncé préalablement un certain nombre de mesures ponctuelles qui vont dans le bon sens mais dictées par la peur de l’ampleur des mouvements sociaux. Ainsi la suppression des deux derniers tiers provisionnels de l’impôt sur le revenu des plus modestes va plus loin que ce qui était prévu le 5 février. Les mesures sont intelligentes dans la mesure où elles sont ciblées et provisoires et non pas définitives et posées comme des droits acquis intangibles comme c’est trop souvent le cas des mesures de gauche. Mais là aussi, la sobriété est imposée : elle est due aux marges de manoeuvres budgétaires très réduites (en particulier du fait du paquet fiscal et des dépenses somptuaires du Pouvoir).

Mais ce qui est curieux, c’est cette récurrence de l’idée du tiers. Il semble que Nicolas Sarkozy fonde l’idée même de justice sur cette notion. Ainsi avait-il programmé en 2007 la réduction d’un tiers de la pauvreté  : « J’ai en effet fixé au gouvernement l’objectif de réduire d’au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans notre pays (…) » L’atteinte de l’objectif du tiers serait donc l’idéal de justice et d’équité pour Sarkozy. Autre exemple : la répartition annoncée des profits en trois tiers, entre l’entreprise, ses actionnaires et ses salariés. On sait déjà que cette répartition a peu de chances d’être appliquée. Cette facheuse tendance à fixer des objectifs tellement élevés que les promesses ne seront pas suivies d’effets, a entraîné une chute de sa popularité : seul un tiers des Français soutient Nicolas Sarkozy.

Ce qui n’empêche pas Sarkozy de continuer de montrer que sa détermination à faire des réformes reste entière. Et en tiers… !

Sarkozy se moque du tiers comme du quart :

L’expression signifie se désintéresser de tout. Elle s’applique pour la perception par Sarkozy de la situation en Guadeloupe et dans les DOM-TOM de façon générale. Alors que la situation outre-mer réclame une attention et une mobilisation nationales, le chef de l’Etat a choisi une fois encore de ne pas en parler lors de son allocution au motif, erroné, que ce n’est qu’un problème local. Pure hypocrisie ! Il lui est arrivé de parler souvent de situations très locales dans ses discours. Le 5 février, il parla par exemple de Gandrange.

La question se pose donc désormais : Sarkozy méprise-t-il les gens de couleur ? Certains l’on pensé en écoutant son discours de Dakar. Son mépris des Guadeloupéens semble le confirmer. Le chef de l’Etat n’a pas même dit un mot pour l’homme tué par balle ni pour sa famille.

Indifférence pour le « Tiers-Etat », indifférence pour le tiers-monde et pour le quart-monde, décidément la référence au tiers revient souvent. Elle révèle une approche comptable de la politique, approche comptable qui se vérifie aussi dans ses citations chiffrées à foison hier à la télévision, dans les réductions budgétaires réglées au cordeau, et dans l’obsession des quotas.

Pour finir par une note d’humour, certains ont comparé Sarkozy à Thiers. Et Nicolas a épousé une riche héritière…

N.B : L’illustration de cet article se veut seulement humoristique.

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Sarkozy : le produit et l’emballage

Sarko, c’est un bon produit qui se vend bien surtout grâce à son emballage. Or, voilà que le jeudi 5 février à la télévision, il a fait un flop. C’est que l’emballage a fait défaut ! Des interviews de « vraies gens » clamant leur mécontentement et leurs doutes, des journalistes qui – cela s’est trop vu ! – se montraient trop complaisants, tout cela a nui à cette opération publicitaire. Le produit lui-même ne fut pas à la hauteur : quantité d’erreurs et d’approximations ont fait le régal des commentateurs. Sarkozy revient donc jeudi avec un nouvel emballage !

Deux jours après Astérix sur TF1, farce à gros budget dans laquelle son ami Clavier fait le pitre pour faire oublier Pointe-à-Pitre, et 14 jours après ce « farce à la crise », verra-t-on « Sarkozix le hongrois » récidiver dans l’avalanche de nouvelles gaffes ? Ou bien le président fera-t-il preuve de prudence cette fois-ci dans ses affirmations et dans ses annonces ? Suspendons notre souffle, car même dans ses petites phrases, il a « foiré ». Certes, il a rectifié ses propos sur les grèves qu’on « n’aperçoit plus » et la vox populi dont il ne « tient pas compte », mais il a remis le couvert en tirant le premier sur messieurs les Anglais et sur leur TVA, avec tant d’ironie et de raillerie qu’il a fallu déployer encore des trésors de diplomatie discrète pour atténuer le courroux d’un peuple blessé par notre président vindicatif qui nous fâche décidément avec la terre entière, sauf bien entendu avec les Américains ! Sarko l’incorrigible !

Avec Sarkozy, tout n’est que produit !

Nicolas Sarkozy s’est voulu lui-même un objet marketing en organisant sa campagne électorale comme il a choisi de la mener. Ses slogans comme ses actions sont des occasions de tester le marché et de prendre des parts. Chaque parole, chaque mouvement, est pensé comme un investissement qui doit être suivi de retours. Tout est question de feed back, de rapport, de rentabilité. Bref, rien n’est gratuit et tout doit rapporter. C’est pour cela d’ailleurs qu’est déclaré officiellement révolu le temps de la pensée (qui n’est pas jugée rentable à court terme) au profit de la seule action, bonne ou mauvaise d’ailleurs, utile ou inutile, pourvu qu’elle produise des dividendes pour les actionnaires, à savoir le chef de l’Etat lui-même, qui est tout sauf désintéressé, et ses amis de l’UMP et des affaires.

On rend service mais à charge de retour d’ascenceur. Les ministres de l’ouverture en sont l’exemple. Eric Besson en est réduit à commencer son ministère de l’Identité nationale en faisant du zèle. Jean-Pierre Jouyet, lui, n’est pas ministre mais il s’est vu offrir la fonction de président de l’Autorité des marchés financiers. Si le ministre du Budget vient de lui faire cadeau d’une augmentation fabuleuse et rétroactive (en pleine crise, son indemnité de fonction va passer de 149 000 euros à 220 000 euros), ce n’est pas pour ses beaux yeux, c’est bien avec obligation de contreparties. Dominique Strauss-Kahn doit son poste de président du FMI à Sarkozy ainsi que – peut-être – l’oubli d’une pièce confondante lors de l’examen de son affaire de moeurs hongroise. Bernard Kouchner a reçu le plein soutien du président dans son affaire révélée par Pierre Péan que d’aucuns disent ébruitée par l’UMP elle-même. Scénario qui ne serait pas absurde : ce serait là encore un moyen de s’acheter une servilité plus productive de la part du french doctor.

Les ministres de la diversité, idem. Leur nomination est le résultat d’un calcul de rentabilité immédiate en termes de popularité. Le chef de l’Etat, en investisseur, tient à rentabiliser ses produits de la diversité au meilleur rendement en les exhortant à se présenter aux élections européennes, comme il a contraint ses ministres à se faire élire à un mandat.

Sarkozy lui-même est un produit.

Ce n’est pas un hasard si ce sont développés des produits dérivés : chansons, T-Shirts et poupée vaudou. Sarko est un produit qui marche fort. En tout cas, quand l’emballage est à la hauteur. Or, ce fut loin d’être le cas le jeudi 5 février à la télévision. Et nous assistons, surtout depuis l’élection d’Obama, à une « guerre des étoiles ». D’où ce nécessaire « retour du Jedi », ce retour de jeudi qui pourrait être : « Le pire contre-attaque »…

Mais Sarkozy n’est bon que par l’emballage.

Le produit lui-même est très commun et même souvent vulgaire (médiocre, inculte, plein de tics et de tocs et scandant des injures). Ce qui fait la différence, c’est l’emballage : les images dignes de la presse people pour faire rêver la populace, la fêtes au Fouquet’s, le yacht de rêve, les stars et paillettes de la chanson, la belle Carla, la montre de luxe, le sauvetage des otages ou le Zorro de la crise…Sans cette panoplie, et surtout sans son fric qui coule à flots, le produit Sarkozy ne vaudrait pas tripette. Personne ne se retournerait sur son passage.

Mais sa marge de manœuvre se fait étroite. Quel nouvel emballage pourra-t-il donc trouver cette fois pour faire oublier aux Français, qui ne sont plus dupes, que ses grandes annonces sont foulées au pied chaque jour par la réalité ? Bref, qu’elles sont bidon ! La refondation du capitalisme ? Le cadeau à Jouyet et les dividendes historiques de Total égoïstement réservées aux actionnaires, n’en sont pas l’exemple ! La division des richesses par tiers comme il l’a dit le 5 février ? Madame Parisot a dit non, et donc ce sera « non » une fois encore : tout comme ne seront pas touchés les salaires et les privilèges exorbitants des gros PDG.

Nous aurons droit à un énième coup de bluff. Mais, n’empêche, Sarkozy est un bon produit marketing. Il a même fait beaucoup d’émules chez les socialistes, selon Christian Blachas, fondateur de Culture pub, qui voit dans la politique actuelle une concurrence de produits, le produit PS, le produit Besancenot, le produit Sarkozy. Concurrence de produits dont le MoDem se tient à l’écart.

 

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