Le FN n’est pas une force d’opposition

Le vote FN est guidé par la colère ou la haine. Or, la colère s’avère bien souvent contreproductive. Quant à la haine, elle est surtout destructrice, et stérile pour celui ou celle qui espère récolter des fruits. Ces deux passions sont aveuglantes. Et cela n’aide pas non plus à raisonner, à proposer, à construire, bref à avancer.

Que reste-t-il quand on a fait le tri des propositions irréalistes du FN (fermeture des frontières…), des reculs dans les droits et acquis (interdiction de fait de l’avortement par la fin du remboursement des frais…), et des mesures populistes qui n’iront pas jusqu’au bout de leur intention ? Peu de chose. Or, la première chose qu’on exige d’une force de proposition, c’est d’être en capacité de montrer une alternative crédible reposant sur des mesures réfléchies, chiffrées, voire déjà testées.

Force d’opposition est la contraction de « force démocratique d’opposition ». Le FN est-il la meilleure force d’opposition démocratique ? Le fonctionnement clanique et familial de ce parti est-il démocratique ? Son financement l’est-il ? La révélation récente que le parrain de Marine Le Pen est aussi un parrain au sens mafieux du terme et proxénète richissime ne jette-telle un certain discrédit sur le financement de ce parti ?

Quant au pouvoir d’achat comme argument électoraliste, ce n’est que pur populisme. Certains semblent avoir déjà oublié que la candidat Sarkozy s’en était lui aussi servi comme levier. Si la Sarkonnextion peut être représentée comme une sorte d’Arsène Rupin qui vole aux pauvres pour donner aux riches, Marine Le Pen, d’origine morbihannaise par son père, n’est pas pour autant la Marion du Faouët, cette « Robin des bois » au féminin, figure très populaire de l’Histoire de France et qui inspira tant de récits.

A l’Arsène de Neuilly-sur-Seine succéderait la Robine des bois de Saint-Cloud ?

Soyons responsables, opposons-nous en réfléchissant, en débattant, en proposant. Pas en criant ni en stigmatisant ni en se leurrant.

Pour cela, n’hésitons pas à opposer au populisme une démocratie rénovée. Et quel meilleur moyen pour mobiliser les citoyens que leur offrir la possibilité de s’engager sur des questions qui les préoccupent mais aussi les  passionnent comme les questions environnementales (gaz de schiste, nucléaire…). Il ne s’agit pas d’oublier l’économique, le social et le pouvoir d’achat, mais de motiver autour d’une dynamique motivante. Ce thème ne peut, en tout cas, qu’être plus porteur que celui de l’Islam. S’il faut une croisade, faisons-la contre l’ignorance, la bêtise, le populisme, le secret nucléaire et bien d’autres ennemis communs qui nous menacent tous !

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