Des solutions pour les Roms

Des problèmes, il en existe. Mais des solutions aussi. Encore faut-il pour bien les appliquer en avoir la volonté politique et surtout en connaître précisément les causes et les facteurs aggravants. Actuellement, le gouvernement français ne veut rien voir, rien savoir : il applique une solution unique et globale : le renvoi momentané des Roms à grands frais d’ailleurs. C’est une réponse inhumaine, aveugle et inefficace.

Quels sont les problèmes cruciaux des Roms ?

1 – Les aires d’accueil

Le premier souci est de répondre à leurs conditions vitales tout en prenant en compte leurs habitudes itinérantes. A cette fin a été votée la loi Besson (qui n’est pas l’actuel ministre de l’immigration). Cette loi du 5 juillet 2000 prévoit le développement d’aires d’accueil sur l’ensemble du territoire afin de permettre la continuité de services de première nécessité (eau, électricité, espace vital) en dépit des migrations nombreuses de cette communauté. Malheureusement, trop de collectivités locales refusent d’appliquer cette loi.

– 1ère réponse : généraliser l’application de cette loi, au besoin en l’assouplissant pour des cas exceptionnels.

Par exemple, permettre à une collectivité de s’acquitter de ses obligations par la mise à disposition d’un terrain pas tout-à-fait aux normes, sous réserve qu’elle signe un engagement à respecter toute la loi dans un certain délai (de 1 à 3 ans), délai se justifiant par des particularités locales identifiées et reconnues.

2 – La santé

Il faut déjà savoir que l’espérance de vie des Roms est de 15 ans plus courte que l’espérance de vie moyenne nationale. La mortalité néonatale précoce est 9 fois supérieure à celle de la population française. La mortalité infantile y est 5 fois plus importante. Au nom du simple humanisme, il est de notre devoir de rétablir une certaine égalité dans ce domaine. Or, les solutions existent là aussi.

Quels sont les difficultés rencontrées ? D’abord les Roms ne peuvent séjourner en France plus de 3 mois, la durée de leur séjour touristique. Et c’est justement une condition de résidence d’au-moins 3 mois qui est exigée pour bénéficier de la CMU (couverture maladie universelle) ou de l’AME (aide médicale d’Etat).

– 2ème réponse : créer les conditions d’un suivi et d’un développement de la santé.

Le manque d’eau, d’électricité et les caravanes insalubres (voire les lieux insalubres où l’on cantonne certains groupes : décharges, proximité de lieux classé « Seveso ») sont un facteur de mauvaise santé. Il convient d’éradiquer ces situations. Ensuite, il faut développer la pédagogie et la prévention en matière d’éducation sexuelle, de contraception, d’interruption volontaire de grossesse, de vaccination, d’hygiène quotidienne. Comment ? En adaptant les prestations de la PMI à ces populations particulières, en créant des groupes de paroles en lien avec les bénévoles déjà sur le terrain, etc.

Ne pas agir dans cette voie est non seulement contraire à notre principe républicain d’égalité mais cela génère aussi des dépenses lourdes : les Roms se ruent dans les hôpitaux quand leur santé s’est très dégradée, c’est-à-dire quand ils n’ont vraiment plus le choix de faire autrement. La prévention permettrait d’y remédier. Une aide médicale gratuite de premier niveau devrait pouvoir être dispensée à ces personnes qui n’ouvrent pas droit à la CMU ni à l’AME.

3 – L’éducation

L’illettrisme est très répandu chez les Roms et il est difficile de scolariser les enfants dont les familles migrent souvent. Mais trop d’obstacles administratifs viennent s’ajouter à ces causes premières. Ces obstacles, ce sont les écoles, les mairies ou les inspections d’académies qui les créent !

3ème réponse : Assurer les droits à la scolarité et stabiliser la scolarité

Ici, il conviendrait d’instaurer un défenseur de droits et médiateur, chargé de régler ces point litigieux. Il serait également souhaitable de stabiliser l’enfant et donc sa famille durant l’année scolaire en cours. Un contrat signé avec la famille permettrait à celle-ci de rester en France au-delà des 3 mois légaux à condition de scolariser son enfant de façon régulière et dans la même école. L’aide au paiement de la cantine scolaire peut aussi constituer un moyen d’assurer la scolarisation régulière de l’enfant. Aujourd’hui, le gouvernement donne 300 euros à la famille pour s’en aller et revenir (sans compter la somme infiniment plus importante dépensée pour le retour en avion et l’escorte policière). Cette somme pourrait être plus utilement affectée à la cantine, à l’hygiène et à d’autres nécessités.

4 – La civilité

Il est à peu prés certain que des aides minimes mais appropriées et ciblées, ainsi qu’une bonne prévention et l’éducation, réduiraient les incivilités (occupations illégales, mendicité agressive, abandon de déchets, besoins naturels assouvis n’importe où…)

Pour ce qui est de la délinquance (vols, vandalisme, mendicité organisée de mineurs), la loi pénale doit bien entendu s’appliquer avec plus ou moins de rigueur selon les cas. C’est au juge d’apprécier la gravité des faits.

En conclusion, une réponse uniquement axée sur le sécuritaire est improductive et ne fait que leurrer les citoyens. En effet, il y a moins d’expulsions de Roms en 2010 qu’auparavant mais le pouvoir en fait un tel battage que l’on pense le contraire. Les chiffres sont à la baisse et il s’agit pour la plupart des cas de renvois volontaires avec retours quasi immédiats en France.

Assez de la politique de la terreur « la traque et la matraque » qui non seulement ne sert pas à grand chose mais qui en plus aggrave les conditions de vie des Roms.

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