Injustice et insécurité, les deux mamelles de la Sarkozie

Le sarkozisme qui prétendait lutter contre l’insécurité n’a fait que la renforcer faisant de tout citoyen un suspect désormais hypersurveillé, et de plus en plus fréquemment conduit au poste pour une garde à vue. Sur le plan social, l’insécurité n’est pas moins grandissante : la montée du chômage, la crise du logement, la faillite de la sécurité sociale et la dette titanesque viennent accentuer la crainte de déclassement, de basculement dans la pauvreté. Et il y a cette crise qui est loin d’être terminée.

Ce que dénonce le Médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, chacun le ressentait mais il a l’art de poser les mots corrects sur le mal qui gangrène notre société.

L’agressivité et la violence ont pris le pas sur le respect mutuel et l’individualisme sur le vivre ensemble. On savait déjà que les violences gratuites étaient en hausse constante et que les salariés n’ont plus d’autre recours pour se faire entendre de l’Etat que le rapport de force violent. L’Etat sarkoziste étant lui-même adepte du rapport de force et du déni de l’Autre. Rapport de force mis en scène en banlieue, au port du Guilvinec, au salon de l’agriculture (« casse-toi pauv’con ! »), sur le plateau de France 3 et un peu partout ailleurs…

Ce rapport de force trouve à s’exprimer à chaque fois qu’il s’agit de faire passer des réformes sans vote ou en catimini (par des cavaliers législatifs par exemple), ou d’user de moyens déloyaux pour arriver à ses fins : exploiter l’émotion suscitée par un fait divers pour passer une loi liberticide ou tout simplement inutile mais qui rapporte en termes d’image.

Selon le médiateur, « notre société gère son angoisse par une décharge d’agressivité là où nous attendions un un regain de solidarité. » Ce constat n’est guère étonnant et le sarkozisme n’a rien fait pour y remédier, bien au contraire : dressant des catégories les unes contre les autres, accusant en procureur du peuple telle profession, exerçant des pressions sur des journalistes ou des médias, limogeant des préfets. A ce propos, le chef de l’Etat vient d’annoncer, furieux, que d’autres têtes de préfet allaient tomber : ils n’auraient pas déployé assez de zèle dans la gestion de la pandémie H1N1 – la grippette – et pour le débat nauséabond sur l’identité nationale).

En France , la solidarité a laissé la place au chacun pour soi incarné par le fameux  » travailler plus pour gagner plus » qui d’ailleurs était un leurre, un trompe-couillons. Le chacun pour moi-même paraissant être l’apogée du sarkozisme (promotion des copains du Fouquet’s, auto augmentation, népotisme et favoritisme pour tous les fidèles qui me soutiennent aveuglement et avides de situations rentables ou de plus gros profits).

Le rapport de force va de paire avec la perte d’autorité. Là où l’autorité est contestée ou bafouée, la violence reprend le dessus. Le sarkozisme là aussi a donné l’exemple en désavouant publiquement des autorités et en faisant fi des règles. On retrouve cette tendance dans la société : « L’époque où le vivre ensemble se fondait sur l’existence de règles communes, sur des autorités de proximité les faisant respecter, et sur des citoyens qui les connaissaient et y adhéraient semble révolue« , écrit le Médiateur. Comment s’en étonner quand le sommet de l’Etat donne le mauvais exemple ? La police de proximité a été supprimée avec les effets désastreux que l’on a vus, les règles sont détournées à des fins personnelles et égoïstes, les cartes sont brouillées ainsi que tous les repères.

A la place de l’autorité, nous recevons l’autoritarisme et l’arbitraire. Tout citoyen est considéré comme suspect. Le renforcement du régime de la preuve devient pratique courante : on en voit l’exemple à travers le déni d’identité française opposé à des personnes vivant et travaillant dans notre pays depuis de nombreuses décennies et dont les papiers sont parfaitement en règle.

Le Médiateur dénonce l’inflation législative et l’inutilité de ces textes souvent d’ailleurs inappliqués ou peu appliqués. « La loi doit susciter des espérances, pas des illusions« , écrit-il. Comment ne pas voir dans cette formule bien exprimée la dénonciation d’un des énormes travers du sarkozisme gros producteurs de textes liberticides mais très peu efficaces sur le plan de la lutte contre l’insécurité ? Il faut peu de lois mais de bonnes loi a dit Montesquieu. Mais ce n’est pas l’idée du sarkozisme dont le credo est le « toujours plus » et qui s’emploie avant tout à faire de grands shows médiatiques et à conjurer son impuissance par un ballet incessant de gesticulations.

Bilan de ces années de sarkozisme : une insécurité grandissante à tous points de vue. Ce n’est pas pour rien que les Français qui le peuvent encore se réfugient dans l’épargne, c’est par peur de l’avenir et sachant que l’Etat ne volera en cas de crise qu’au secours des plus riches et des banques et viendra les mettre à contribution avec une nouvelle série de taxes et de coupes drastiques injustes après les élections régionales.

Jadis, on a pu dire « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France ». Aujourd’hui l’agriculture est en crise, les travailleurs de la terre sont méprisés par le chef de l’Etat qui leur préfère ses amis du Fouquet’s et de la riche sphère people. Or, la crise de l’agriculture est une autre grande source d’inquiétude et d’insécurité.

S’il y a une sécurité pour laquelle Sarkozy déploie tous les moyens imaginables, c’est la sienne ! Chacun de ses déplacements officiels est l’équivalent d’un gros village en marche avec fastes et dépenses à tout-va. La sécurité des riches est aussi de ses priorités (on le vit par exemple très chatouilleux sur l’atteinte à la propriété de son ami Clavier).

Cette obsession de la sécurité de lui-même et de la classe sociale dont il protège les intérêts l’a conduit à faire preuve de zèle en légiférant au mépris du respect des principes et des libertés. Le Conseil constitutionnel vient de le censurer sur la question de la vidéo surveillance, appelée d’ailleurs et cyniquement « vidéo protection » alors que le Conseil le dit sans détours : c’est une atteinte grave aux libertés. Il faut savoir que le projet visait tout simplement à brancher les caméras des immeubles collectifs sur les écrans de la police. Mais on voit bien des candidats de l’UMP se brancher déjà directement sur le fichier STIC de la police, alors pourquoi s’étonner ?

L’insécurité et l’injustice sont les deux mamelles de la France sarkoziste.

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Une réponse à Injustice et insécurité, les deux mamelles de la Sarkozie

  1. FRERE dit :

    Accusé à tort par mon ex-épouse, j’ai subi la violence de la justice rendue par mon pays, la France.
    Altération de preuves, menaces, injures et manipulations se sont tenues la main.
    Certains magistrats usurpèrent titre et compétences pour motiver mon incarcération, d’autres formulèrent de fausses affirmations.
    Le vertige psychologique fut la voisine de ma détresse carcérale. Mais je vis…

    http://www.edilivre.com/doc/18707

    Ces faits ce sont déroulés dans l’Ain, allant des brigades de gendarmerie, aux magistrats exerçant au parquet de Bourg en Bresse. Cela s’est passé en France, en 2005.
    On agissait ainsi, dans les années 70, en Argentine.
    Tous les faits sont couverts par des documents officiels.
    Monsieur Jean François Coppé vient de prendre ma doléance en considération et se dit prêt à une réflexion plus profonde sur le système judiciaire français.

    La Démocratie vascille au travers d’histoires réelles, telles que la mienne.

    Delano FRERE

    delanofrere@live.fr

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